Mes huiles essentielles

Les huiles essentielles sont de précieuses alliées pour la santé (par leurs multiples vertus), pour la planète (par leur concentration permettant l’utilisation en faibles quantités) et pour un style de vie minimaliste (la plupart sont multiusages). Aussi, depuis quelques années, elles font partie de ma pharmacopée, et j’aimerais partager les bienfaits qu’elles me procurent avec vous. Mais avant tout, démystifions-les; car elles ne sont pas toujours synonymes de bien-être…

Les huiles essentielles ne sont pas des produits naturels 

Je profite de cet article pour attirer votre attention sur le terme « naturel », galvaudé à souhait dès qu’il s’agit de parler de remèdes alternatifs. Ainsi, j’ai entendu récemment « c’est à base d’huiles essentielles, c’est naturel, ça ne doit pas être dangereux ». C’est faux.

D’une part, les huiles essentielles ne sont pas des produits naturels. En effet, elles sont extraites de végétaux par le procédé de la distillation. La « nature » (ou plus précisément, le monde végétal) ne produit pas l’huile essentielle telle quelle. 

Mais quand bien même un produit serait complètement « naturel », celui-ci pourrait être dangereux ou impropre à l’usage quotidien. Le terme « origine naturelle » apposé sur un produit en vente n’est donc signe, ni de bonne qualité, ni d’innocuité. Le pétrole, l’amanite phalloïde, la digitale…sont tous 100% « naturels » !  En mettriez-vous une cuillerée dans votre thé ? Laveriez-vous votre sol avec ?

Les huiles essentielles peuvent être dangereuses

Les huiles essentielles sont un concentré de molécules actives. Ainsi, leur usage sur le corps humain peut avoir des conséquences néfastes. Elles peuvent être appliquées sur la peau, ingérées par voie orale ou inhalées. Dans tous les cas, il convient de respecter les usages et doses conseillés (beaucoup de guides existent et sont accessibles).

Prenons l’exemple de l’huile essentielle de camphre : appliquée sur la peau avec une huile végétale, c’est un bon soin pour les articulations. Or si elle est ingurgitée, elle peut provoquer détresse respiratoire, convulsions et vomissements.

Quelques règles simples pour ne pas se prendre la tête

– Réserver l’usage des huiles essentielles à l’automédication des petits maux du quotidien, au bien-être et à l’entretien de la maison (ne jamais retarder la visite chez un médecin sous prétexte qu’on a des huiles essentielles qui pourraient faire l’affaire)

– Limiter le nombre d’huiles essentielles utilisées pour éviter les interactions dangereuses et bien mémoriser les règles d’utilisation de chacune

– Abandonner complètement l’usage des huiles essentielles pour les femmes enceintes ou allaitantes ainsi que pour les enfants de moins de 5 ans

– Toujours tester sa réaction allergique : une goutte mélangée à une huile végétale au creux du coude (garder une nuit sous un pansement)

– Préférer l’usage externe et, sauf exceptions, ne pas appliquer pures sur la peau 

 

Après les précautions d’usage, voyons ce qui se cache dans ma cuisine et ma salle de bain

Je pratique cette utilisation depuis une dizaine d’années, sans aucun effet secondaire. Or, elles sont adaptées aux maux dont je suis coutumière et aux pratiques ménagères qui correspondent à mon style de vie. Il convient donc d’adapter l’usage des huiles essentielles à chacun-e.

TEA TREE

* Lavage du sol et désinfection des sanitaires : quelques gouttes dans l’eau chaude d’un seau, ou bien dans une préparation désinfectante (vinaigre blanc, bicarbonate de soude)

* Assèchement d’un bouton d’acné : pure sur le bouton (faire un test avant !)

SAUGE SCLAREE

* Syndrome prémenstruel :  2 gouttes 3 fois par jour (diluées dans une cuillère de miel puis ajoutée à une tisane tiède : la tisane ajoutera un effet apaisant)

* Spasmes intestinaux : 1 goutte 3 fois par jour (diluées dans une cuillère de miel puis ajoutée à une tisane tiède : la tisane ajoutera un effet apaisant)

CITRON ZESTE 

* Blanchiment de l’émail des sanitaires : quelques gouttes dans du bicarbonate de soude à saupoudrer à utiliser en poudre à récurer

*  Blanchiment de l’émail des dents et haleine fraîche : 1 goutte sur la bosse à dent. Pas plus de trois gouttes par jour !

* Pour parfumer un dessert quand je n’ai plus de citron frais

LAVANDE VRAIE

* Douleurs intestinales et menstruelles : 1 goutte en massage avec une huile végétale sur la zone douloureuse (moi je prends simplement de l’huile d’olive, pour plus de simplicité)

* Odeur de propre dans la lessive : quelques gouttes sur un mouchoir en tissu, à mettre dans le tambour de la machine à laver

* Parfum : 1 goutte derrière chaque oreille

* Détente / sommeil : quelques gouttes à diluer dans du gel d’aloe vera qu’on diluera elle-même dans un bain. Ou quelques gouttes sur un mouchoir, à placer sous l’oreiller

* Piqûre d’insecte : pure sur la piqûre (si on a fait un test avant!)

YLANG YLANG

* Détente : quelques gouttes à diluer dans du gel d’aloe vera qu’on diluera elle-même dans un bain, ou quelques gouttes en massage avec une huile végétale

* Pousse des cheveux, brillance et bonne odeur : quelques gouttes dans le shampoing (quel qu’il soit : industriel ou non, liquide ou en pain) Particulièrement intéressante quand on se lave les cheveux avec des œufs et qu’on n’est pas habitué à cette odeur particulière

MENTHE POIVREE

* Maux de tête : quelques gouttes en massage des tempes et du front avec une huile végétale

* Bonne haleine : 1 goutte sur la brosse à dent (de façon exceptionnelle)

Où peut-on se procurer toutes ces merveilles ?

* En boutique bio

* En pharmacie

Quid des déchets et de l’éthique de ces produits ?

Le site ecoemballages.fr nous informe que les emballages d’huiles essentielles sont recyclables, du moins à Valence. (Carton s’il y a, bouchon plastique, flacon en verre)

Cependant il omet de mentionner le compte-goutte (que je jette donc dans la poubelle des déchets ultimes). Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que le recyclage coûte cher et pollue, c’est donc un procédé louable mais ce n’est pas la panacée, on doit donc chercher à limiter les déchets à leur source.

Par ailleurs, la fabrication des huiles essentielles disponibles en magasin bio ou en pharmacie, est réalisée à grande échelle selon des procédés industriels parfois lourds pour l’environnement.

Il faut ajouter à cela la provenance des végétaux distillés. En effet, c’est assez facile de trouver des huiles essentielles  distillées en France (plusieurs entreprises en Drôme provençale par exemple), mais c’est plus délicat de trouver des huiles essentielles dont les plantes sont cultivées en France. Ainsi par exemple, l’arbre à thé de provient d’Australie, l’ylang-ylang de Madagascar. Pour soutenir l’économie française et encourager les productions vivrières à Madagascar (plutôt qu’une production d’export qui ne profite pas directement à la population), on pourrait faire mieux…

Tous ces éléments, conjugués à leur possible dangerosité, plaident en faveur d’un usage

modéré

des huiles essentielles.

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