Lancôme se décarcasse pour vous !

rubinstein
Regrettant les inégalités de l’offre culturelle entre grandes et petites villes, j’aime assez encourager les expositions proposées autour de chez moi, dans la Drôme. C’est dans cet esprit que je suis allée récemment au château-musée de Tournon-sur-Rhône.

On pouvait y admirer une œuvre de Nicolas Rubinstein, plasticien contemporain mû par « l’envie de révéler la structure cachée, l’ossature intérieure, l’anatomie des êtres et du monde »; qui pour cela, retouche une affiche au crayon blanc, mettant pour ainsi dire à nu, le squelette d’Anne Hathaway, égérie du moment chez Lancôme.

Lancôme

 

Rubinstein n’a donc pas forcément donné de sens militant à cette œuvre. En ce qui me concerne cependant, elle fait écho à plusieurs préoccupations relatives à la publicité que je nourris depuis quelques mois et que j’aimerais partager avec vous.

Agression publicitaire : pas de répit pour l’occupant de la rue

Il y a quelques mois je vous décrivais ma petite action « anti-pub » dans un article consacré entre autres à mediapost, le distributeur de courrier publicitaire non souhaité. Depuis, j’ai découvert l’existence de collectifs qui agissent contre la pub, notamment celle qui nous est imposée dans la rue. Je vous recommande donc d’aller jeter un œil sur les sites des Déboulonneurs celui des Casseurs de pub et enfin celui de l’association Résistance à l’Agression Publicitaire.

Je ne vous fait pas de topo sur les effets néfastes de la publicité (à la télé, dans la rue, dans notre boîte aux lettres), ces sites le font très bien.

Image de la femme : la publicité, héraut du sexisme

Alors ok, ça bouge un peu dans le monde de la retouche publicitaire. Si j’ai bien compris, le décret n° 2017-738 du 4 mai 2017 oblige les publicitaires à apporter la mention « photographie retouchée » sur les photos de mannequins. N’empêche que ça ne résout pas vraiment le problème puisque ces images sont quand même diffusées.

Je voudrais donc profiter de l’exposition Rubinstein à Tournon-sur-Rhône pour rappeler que la publicité véhicule des stéréotypes féminins qui rendent difficile le quotidien des humaines en chair…et en os. Et que combattre la pub, c’est aussi combattre le sexisme. Pour nous aider dans ce combat contre le sexisme, des associations existent. Dans la Drôme, je peux mentionner L’Ebullition, qui travaille sur les discriminations, notamment liées au genre. Elle propose des outils issus de l’éducation populaire, propose des formations et organise un festival à Romans-sur-Isère pour lutter contre le sexisme.

La publicité : fournisseur officiel de nos centres de tri

Petit rappel pour ceux qui ont la flemme d’aller relire l’article sur mediapost : en France, selon le planetoscope de consoGlobe, 830 000 tonnes de papier par an finissent dans les filières de recyclages, à nos frais, juste pour la publicité déposée dans les boîtes aux lettres. Pour info, un centre de tri consacré au papier et au carton, c’est immense, glauque, bruyant et puant. Dans la Drôme, vous pouvez visiter celui de Portes-les-Valence, vous pourrez ainsi voir où vont les déchets que l’on dépose dans les poubelles proprettes à couvercle bleu.

chaîne de tri
ledauphine.com

La publicité promeut des produits néfastes à nos Trois Maisons

Depuis 2015 je n’utilise plus de parfum, les publicités pour Lancôme et compagnie me laissent donc de marbre. Bon, allez, je vous l’avoue, je triche un peu… une goutte d’huile essentielle de lavande derrière chaque oreille quand je veux être coquette. Et c’est tout. Fini les parfums entêtants qui coûtent un bras, agressent la peau, attisent le désir de consommation, polluent notre environnement…

Si vous voulez creuser le sujet, je vous recommande l’article de consoglobe sur le sujet. Et le guide cosmétox établi par Greenpeace.

Comment agir à notre niveau ? Rubinstein, un artiste militant ?

Il faudrait que je lui pose la question… Pour d’autres artistes, c’est avéré : je vous invite à voir le travail de Seth, un graffeur parisien. Découvert par hasard sur la toile (parce qu’un jour il est passé à la télé et que de ce fait, plein de médias en ligne ont commencé à parler de lui. (La tristitude de notre monde c’est ça aussi : attendre le sacro-saint passage à la télé pour que des talents soient reconnus. Pardon pour la digression). En tous cas, ses graffs m’ont émue; ils s’attachent souvent à dénoncer des oppressions. Oppressions souvent véhiculées…par la pub ! Seth va poser ses couleurs aux quatre coins du monde, et parfois là où les tensions sont fortes (sur le mur israëlo-palestinien par exemple).

Je voudrais vous indiquer aussi la récente action de Lucy Watt qui a apposé des affiches anti-pub dans les rues de Mâcon.

De mon côté, j’ai tenté -bien timidement- de m’opposer à la pub de différentes manières. En posant un stop pub sur ma boîte aux lettres (et un peu sur celles de mes voisins aussi j’avoue). J’ai aussi écrit à Yvan Gradis pour recevoir le Publiphobe par mail (une revue qui recense les actions anti-pub en France, et parle des suites judiciaires données à ces actes en cas d’interpellation). Si vous voulez son adresse mail pour le recevoir aussi, écrivez-moi un mot doux via le media qui vous plaira.

Et puis un jour, j’ai été vraiment agacée par une pub qui vantait les mérites d’un shampoing qui fait faire des vagues aux cheveux, ou quelque chose comme ça. Il y a tellement de choses qui m’ont gonflées dans cette pub ! Une nana retouchée et complexante, pour un produit inutile, coûteux et polluant, un visuel moche dans la petite rue médiévale où j’habitais. Je me suis donc amusée à faire une petite galerie iconoclaste, que j’ai déjà publiée intégralement ici.

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Ah, et puis un jour, il me semble avoir dérapé avec un gros posca sur une pub pour MacDo dans la rue…mais chut 😉

 

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