Lancôme se décarcasse pour vous !

rubinstein
Regrettant les inégalités de l’offre culturelle entre grandes et petites villes, j’aime assez encourager les expositions proposées autour de chez moi, dans la Drôme. C’est dans cet esprit que je suis allée récemment au château-musée de Tournon-sur-Rhône.

On pouvait y admirer une œuvre de Nicolas Rubinstein, plasticien contemporain mû par « l’envie de révéler la structure cachée, l’ossature intérieure, l’anatomie des êtres et du monde »; qui pour cela, retouche une affiche au crayon blanc, mettant pour ainsi dire à nu, le squelette d’Anne Hathaway, égérie du moment chez Lancôme.

Lancôme

 

Rubinstein n’a donc pas forcément donné de sens militant à cette œuvre. En ce qui me concerne cependant, elle fait écho à plusieurs préoccupations relatives à la publicité que je nourris depuis quelques mois et que j’aimerais partager avec vous.

Agression publicitaire : pas de répit pour l’occupant de la rue

Il y a quelques mois je vous décrivais ma petite action « anti-pub » dans un article consacré entre autres à mediapost, le distributeur de courrier publicitaire non souhaité. Depuis, j’ai découvert l’existence de collectifs qui agissent contre la pub, notamment celle qui nous est imposée dans la rue. Je vous recommande donc d’aller jeter un œil sur les sites des Déboulonneurs celui des Casseurs de pub et enfin celui de l’association Résistance à l’Agression Publicitaire.

Je ne vous fait pas de topo sur les effets néfastes de la publicité (à la télé, dans la rue, dans notre boîte aux lettres), ces sites le font très bien.

Image de la femme : la publicité, héraut du sexisme

Alors ok, ça bouge un peu dans le monde de la retouche publicitaire. Si j’ai bien compris, le décret n° 2017-738 du 4 mai 2017 oblige les publicitaires à apporter la mention « photographie retouchée » sur les photos de mannequins. N’empêche que ça ne résout pas vraiment le problème puisque ces images sont quand même diffusées.

Je voudrais donc profiter de l’exposition Rubinstein à Tournon-sur-Rhône pour rappeler que la publicité véhicule des stéréotypes féminins qui rendent difficile le quotidien des humaines en chair…et en os. Et que combattre la pub, c’est aussi combattre le sexisme. Pour nous aider dans ce combat contre le sexisme, des associations existent. Dans la Drôme, je peux mentionner L’Ebullition, qui travaille sur les discriminations, notamment liées au genre. Elle propose des outils issus de l’éducation populaire, propose des formations et organise un festival à Romans-sur-Isère pour lutter contre le sexisme.

La publicité : fournisseur officiel de nos centres de tri

Petit rappel pour ceux qui ont la flemme d’aller relire l’article sur mediapost : en France, selon le planetoscope de consoGlobe, 830 000 tonnes de papier par an finissent dans les filières de recyclages, à nos frais, juste pour la publicité déposée dans les boîtes aux lettres. Pour info, un centre de tri consacré au papier et au carton, c’est immense, glauque, bruyant et puant. Dans la Drôme, vous pouvez visiter celui de Portes-les-Valence, vous pourrez ainsi voir où vont les déchets que l’on dépose dans les poubelles proprettes à couvercle bleu.

chaîne de tri
ledauphine.com

La publicité promeut des produits néfastes à nos Trois Maisons

Depuis 2015 je n’utilise plus de parfum, les publicités pour Lancôme et compagnie me laissent donc de marbre. Bon, allez, je vous l’avoue, je triche un peu… une goutte d’huile essentielle de lavande derrière chaque oreille quand je veux être coquette. Et c’est tout. Fini les parfums entêtants qui coûtent un bras, agressent la peau, attisent le désir de consommation, polluent notre environnement…

Si vous voulez creuser le sujet, je vous recommande l’article de consoglobe sur le sujet. Et le guide cosmétox établi par Greenpeace.

Comment agir à notre niveau ? Rubinstein, un artiste militant ?

Il faudrait que je lui pose la question… Pour d’autres artistes, c’est avéré : je vous invite à voir le travail de Seth, un graffeur parisien. Découvert par hasard sur la toile (parce qu’un jour il est passé à la télé et que de ce fait, plein de médias en ligne ont commencé à parler de lui. (La tristitude de notre monde c’est ça aussi : attendre le sacro-saint passage à la télé pour que des talents soient reconnus. Pardon pour la digression). En tous cas, ses graffs m’ont émue; ils s’attachent souvent à dénoncer des oppressions. Oppressions souvent véhiculées…par la pub ! Seth va poser ses couleurs aux quatre coins du monde, et parfois là où les tensions sont fortes (sur le mur israëlo-palestinien par exemple).

Je voudrais vous indiquer aussi la récente action de Lucy Watt qui a apposé des affiches anti-pub dans les rues de Mâcon.

De mon côté, j’ai tenté -bien timidement- de m’opposer à la pub de différentes manières. En posant un stop pub sur ma boîte aux lettres (et un peu sur celles de mes voisins aussi j’avoue). J’ai aussi écrit à Yvan Gradis pour recevoir le Publiphobe par mail (une revue qui recense les actions anti-pub en France, et parle des suites judiciaires données à ces actes en cas d’interpellation). Si vous voulez son adresse mail pour le recevoir aussi, écrivez-moi un mot doux via le media qui vous plaira.

Et puis un jour, j’ai été vraiment agacée par une pub qui vantait les mérites d’un shampoing qui fait faire des vagues aux cheveux, ou quelque chose comme ça. Il y a tellement de choses qui m’ont gonflées dans cette pub ! Une nana retouchée et complexante, pour un produit inutile, coûteux et polluant, un visuel moche dans la petite rue médiévale où j’habitais. Je me suis donc amusée à faire une petite galerie iconoclaste, que j’ai déjà publiée intégralement ici.

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Ah, et puis un jour, il me semble avoir dérapé avec un gros posca sur une pub pour MacDo dans la rue…mais chut 😉

 

Des idées pour un Noël sans déchets

Cet article arrive un peu tard, j’en conviens ! Ceux qui me côtoient savent déjà que j’ai décroché un nouveau job, qui a pas mal bouleversé mon planning zéro déchet. Mais qui reste dans le thème puisque c’est dans une ressourcerie que je vais m’investir defaçon un peu plus pro.

Allez, sans plus attendre, je vous propose en vrac les idées auxquelles je pense, pour un Noël respectueux de nos trois maisons : notre corps, notre logement et notre planète.

Des idées comme cela il y en a des centaines que vous pouvez trouver sur internet. Ici, je vous donne juste un peu d’inspiration !

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Les incontournables cadeaux de Noël

Incontournables ? Vraiment ? Et si vous limitiez leur nombre cette année ? Pour limiter votre impact, pour les acheter de meilleure qualité et pour que vos proches en profitent vraiment. Voici tout de même quelques idées : il y en a pour tous les budgets. J’ai déjà essayé la plupart avec succès.

  • 1 panier garni de produits alimentaires ou cosmétiques locaux
  • 1 panier garni de produits alimentaires ou cosmétiques faits maison
  • Des livres sur le sujet de la réduction des déchets si vous sentez que vos proches sont dans l’attente de conseils : rendez-vous dans la Médiathèque si vous ne savez pas quoi acheter
  • Des cosmétiques éco-responsables : j’en ai testé quelques uns de la marque Pachamamai
  • Une gourde Qwetsch en inox
  • Un vêtement éthique
  • Une série DVD achetée d’occasion ou téléchargée : offrez-la sur clé USB dans une jolie boîte faite maison
  • De la musique sur une clé USB
  • Un bon pour : un spectacle, un concert, un soin, un ciné, un restau, un we (organisé par vos soins)…
  • Un kit zéro déchet : lingettes, sacs à vrac…
  • Un objet convoité, d’occasion : la Bon Coin est votre ami ! Notez que les enfants ne seront pas fâchés d’avoir un jouet d’occasion si vous leur expliquez votre choix et si vous donnez toute votre créativité dans l’emballage du cadeau 😉

Pour emballer tout ça ?

Vous n’en n’avez pas marre de la montagne de papier cadeau kitch après la passage du gros bonhomme rouge ? D’autres jolies solutions existent !

  • Utiliser des matériaux de récup’ : jolis papiers cadeaux, jolis emballages (papier de soie des chaussures par exemple), jolis tissus récupérés, belles images dans les revues…
  • Tester la méthode furoshiki 

On passe à table ?

Là encore, si on choisissait moins mais mieux ? Le repas sera-t-il plus convivial si vous prévoyez à manger pour 20 alors que vous êtes 5 ?

  • Planifiez vos repas de fêtes à l’avance
  • Faites une liste de courses et respectez-la
  • Fuyez les supermarchés et leurs montagnes de produits en promo et couverts de paillettes
  • Allez plutôt faire le marché, rencontrez vos producteurs locaux, découvrez votre coopérative de producteurs, votre AMAP, votre Ruche qui dit Oui : c’est le moment de faire le plein de bon produits de chez vous
  • Prenez le temps de faire un maximum de plats vous-même : vous régalerez vos convives, vous serez fièr-e de vous et vos repas seront sans doute plus sains
  • Et pourquoi ne pas réduire un peu les produits d’origine animale ? Les produits animaux ont un impact négatif sur la santé de notre planète et de nos corps.Vous manquez d’inspiration ? Moi en ce moment j’aime assez le blog de Mélanie : Le cul de poule

C’est jouable, non ?

To do list ZD #2 Les dix objets à refuser pour limiter sa production de déchets

Voilà un mois que je vous ai proposé la première to do list pour se lancer dans l’aventure zéro déchet à Valence ! Avez-vous relevé le défi ? Quelles sont vos impressions ?

Aujourd’hui, voici d’autres astuces pour continuer à réduire vos déchets. Pour les mettre en pratique il faudra vous entraîner à refuser poliment, à dire non sans gêne.

 Alors même si vos refus sont mal compris ou mal perçus, rappelez-vous que dire non aux déchets c’est dire oui à une vie meilleure : plus saine, plus durable, plus humaine.

Ainsi, ce mois-ci je vous propose de traquer le déchet qui, insidieusement se glisse dans votre poubelle, sans que vous l’ayez toujours choisi.

Prêts ? Feu, partez !

1 ** Je refuse les sacs en plastique (et oui, il en reste encore !) : chez les amis, en balade, en courses, au jardin…

  • Je pense à prendre mon panier, un sac en tissu ou en papier et/ou j’en laisse toujours un dans le coffre de la voiture ou la sacoche de mon vélo

Economies pour ma poubelle : plastique
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

2 ** Je refuse les tickets de caisse (sauf si je pense devoir échanger mon achat)

  • Je trouve une autre façon de faire mes comptes (tenir un carnet de dépenses par exemple)

  • Je dis non aux achats impulsifs. Je réfléchis à mes achats (utilité coût, impact environnemental…)

Economies pour ma poubelle : papiers pas toujours recyclables
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

3 ** Je refuse les papiers alimentaires (au rayon fromage, boucherie ou pour les viennoiseries par exemple)

  • Je demande à être servi.e dans mon propre contenant : boîte type tupperware, bocal, torchon, emballages réutilisables, sac en tissu…

>> Cette démarche n’est pas toujours acceptée dans les supermarchés. Cependant, sachez qu’aucune loi n’interdit aux commerçants de vous servir dans vos propres contenants. Mais, pour éviter les refus (et manger plus sainement), il est préférable de vous tourner vers votre marché, vos coopératives de producteurs ou vos boutiques bio : ces commerçants sont généralement plus ouverts aux démarches alternatives que dans la grande distribution.

Economies pour ma poubelle : papier, plastique d’emballage
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

4 ** Je refuse les objets promotionnels

  • Ils flattent notre penchant pour l’accumulation mais se retrouveront tôt ou tard dans votre poubelle ! N’encouragez pas la production des ces objets publicitaires qui ont un très court cycle de vie et encombrent votre intérieur : stylos, casquettes, mugs, porte-clés…

Economies pour ma poubelle : plastique et autres matières non recyclables
Economie pour mon budget : refusez d’être la cible des publicitaires !
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

5 ** Je refuse les flyers et dépliants papier

  • Jetez un rapide coup d’œil et si l’information vous intéresse et que vous avez un smartphone : prenez le document en photo et rendez-le

  •  Si l’information ne vous intéresse pas : refusez poliment

Economies pour ma poubelle : papiers pas toujours recyclables
Economies pour mon budget : refusez d’être la cible des publicitaires !
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

6 ** Je refuse les porte-documents en papier lorsque je signe un contrat

  • A la banque ou chez votre assureur il vous est sans doute déjà arrivé de voir votre contrat soigneusement rangé dans un porte-document : il finira souvent à la poubelle. Voyez chez vous si vous avez déjà de quoi le ranger !

Economies pour ma poubelle : plastique, papier
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

7** Je refuse les porte-carte, porte-chéquier en plastique

  • Ces objets sont pratiques certes mais avant tout publicitaires : voyez si votre carte et votre chéquier trouvent leur place dans votre sac.

  • Si vous êtes bricoleur.se ou couturier.ère, lancez-vous !

  • Si vous avez quand même besoin de ces accessoires : pensez local et responsable.

Economies pour ma poubelle : plastiques non recyclables
Economie pour mon budget : refusez d’être la cible des publicitaires !
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

8 **Je refuse les cartes de fidélité

  • Il y a plusieurs raisons pour refuser (ou accepter) une carte de fidélité : Est-ce simplement une action commerciale ou bien un vrai avantage pour vous ? La carte en elle-même est-elle en carton ou en plastique ?

  • Si l’offre de votre commerçant est intéressante pour vous et que les points sont crédités sur un fichier informatique, demandez à en bénéficier sans prendre la carte en elle-même, vous donnerez simplement votre nom à chacun de vos achats.

Economies pour ma poubelle : plastique non recyclable
Economies pour mon budget : refusez d’être la cible des publicitaires !
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

9 ** Les imprimés publicitaires et les courriers publicitaires non sollicités

  • On rejoint le conseil numéro 1 de la to do list précédente mais c’est vraiment un geste essentiel pour commencer à dire non aux déchets :

    • Je me procure un autocollant stop pub à l’accueil de la mairie de Valence, du lundi au vendredi de 8 h à 18 h
      et le samedi de 8 h 30 à 12 h

    • Je le télécharge et je l’imprime moi-même en cliquant ICI

Economies pour ma poubelle : papier et carton
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

10 ** Je refuse les cartes de visite

  • Il paraît anodin ce petit bout de carton, et en plus il est recyclable ! Mais imaginez-le multiplié à des millions d’exemplaires… Comme pour les flyer : prenez-la en photo ou notez quelque part les éléments intéressant

  • Rappelez-vous que bien souvent, si un professionnel vous donne sa carte c’est que vous avez pu le rencontrer en vrai : c’est donc que vous avez probablement déjà ses coordonnées

Economies pour ma poubelle : papier
Economies pour mon budget : refusez (encore) d’être la cible des publicitaires !
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

Alors prêts à relever ces petits défis ? Surtout, pas de panique, chacun doit adapter sa démarche à ses besoins, envies, moyens… Chaque situation est différente.

Chaque geste compte, même le plus petit.

Mediapost pollue votre poubelle, votre planète et votre cerveau

Un tas de déchets que je n’ai pas souhaité

Selon 60 millions de consommateurs les publicités non adressées qui se retrouvent dans nos boîtes aux lettres représentent 35 kg par foyer. Soit 850 000 tonnes à traiter dans les filières de recyclage, à nos frais. Nous payons donc pour retraiter un produit que nous n’avons pas sollicité.

Depuis 2004, la recommandation habituelle de l’ADEME et du gouvernement est de coller sur sa boîte aux lettres un autocollant « STOP-PUB« . Elle précise également dans un rapport de 2009 (je n’en n’ai pas trouvé de plus récent, s’il en existe un faites-le moi savoir!) sur ce dispositif Stop Pub que la « diversité d’autocollants ne nuit pas à l’efficacité du dispositif ». Ainsi donc, j’ai fait confiance à l’autocollant déjà présent sur la porte de mon immeuble. Avec un joli « SVP », difficile de ne pas comprendre le message.

Jusqu’à présent l’injonction était respectée. Mais voilà deux fois que je trouve ma boîte aux lettres encombrée de littérature commerciale. En tant qu’adepte du Zéro Déchet, je n’ai pas eu envie de laisser passer ça et me suis posé quelques questions :

– Ai-je envie que mes efforts et ceux de ma famille en faveur du Zéro Déchet soient contredits par quelqu’un que je ne connais pas ? Non.

– Ai-je envie d’être la cible marketing de grandes enseignes (en autres ici Auchan, Géant Casino)* que je ne fréquente pas et dont je ne cautionne pas les principes sociaux et environnementaux ? Non.

– Ai-je envie de payer le tri et le recyclage de ce papier que je n’ai pas commandé, acheté ? Non.

– Ai-je envie de descendre les poubelles ? Non.

– Ai-je envie que des inconnus s’introduisent dans le hall de mon immeuble ? Non.

– Ai-je envie d’avoir les mains en contact avec des encres toxiques, des métaux lourds ? Non.

– Ai-je envie d’encourager le système de la promotion commerciale, de galvauder la valeur travail, de prendre part à la compétition des grandes enseignes, de me laisser considérer comme une part de marché ? Non.

* Les enseignes de la grande distribution représentent 55% des diffuseurs d’imprimés non adressés selon l’ADEME.

Agir pour faire changer les choses, mon premier acte militant

Dans son rapport de 2009, l’ADEME se félicite que « l’engagement des diffuseurs et les réclamations faites par les collectivités auprès des diffuseurs garantissent le respect de l’autocollant. Le respect de l’autocollant Stop Pub a beaucoup progressé depuis 2005, ce qui rend les opérations locales efficaces à l’échelle individuelle : les boîtes aux lettres équipées reçoivent moins ou plus du tout d’INA. » [Note : Imprimés Non Adressés]

Il faut croire qu’après toutes ces années, il y a encore des ratés. Mon cas n’est pas isolé et on trouve sur la toile, quantité de témoignages qui ne datent pas d’hier : en voici un exemple avec les commentaires d’un post écrit en en 2008, qui reçoit encore des témoignages en 2016.

J’ai donc décidé, pour une fois, de réaliser une action concrète pour dire mon mécontentement. Et j’ai trouvé l’inspiration dans ce tas de pub, justement. La brochure de Paru Vendu, entreprise à laquelle je n’ai jamais recours, précise le nom du distributeur : Mediapost. C’est une aubaine !

 

Je cherche un numéro de téléphone fixe sur les Pages Jaunes et j’appelle donc Mediapost. Je me présente et demande ce que je suis supposée faire de ce tas de papier. Je demande également à ce qu’on m’éclaire sur l’accès aux immeubles par des sociétés telles que Mediapost. Je reçois un accueil épouvantable, subis des transferts vains pour finalement me faire raccrocher au nez. Ce qui j’en conviens, était un peu mérité vu le ton que j’avais employé 🙂

Je décide de ne pas en rester là et le lendemain je décide de me rendre en personne dans les locaux de Mediapost. Je me rends compte à quel point j’ai l’habitude de taire mon mécontentement et à quel point je me sens illégitime. En effet, aucune loi n’interdit la distribution de ces imprimés, quand bien-même un autocollant stop-pub serait visible sur la boîte aux lettres.

A défaut de loi je fais donc appel à mes propres convictions et à ma propre définition de mes limites, de mon espace vital. Un peu stressée à l’idée d’aller me plaindre de vive voix je prends la route pour les bureaux de Mediapost.

 

Les locaux ne sont guère engageants. J’entre tout de même, sans que personne ne s’interroge sur ma présence : je suis dans un grand entrepôt où des employés ouvrent les palettes de prospectus et constituent les « tas » de publicité. Je demande à un employé de me conduire à la personne qui pourra prendre en compte ma réclamation. La chef de service qui me reçoit me réserve cette fois-ci un accueil très professionnel : elle me demande mon adresse afin de bien informer le distributeur et m’adresse ses excuses pour cette erreur de distribution.

J’en profite pour lui poser quelques questions. J’apprends alors que Mediapost est une des 250 filiales de La Poste. Et que, par conséquent elle possède les mêmes clés passe-partout que mon facteur, et s’introduit donc dans mon immeuble en toute légalité. De retour chez moi je me suis renseignée sur ces passe-partout. Et bien il en existe différentes sortes et on peut s’en procurer assez facilement sur internet ou chez un serrurier complaisant.

Donc à part se faire entendre, rien ne contraint officiellement Mediapost à épargner ma boîte aux lettres de ces déchets imprimés. Et ma visite dans leurs locaux n’a pas arrangé l’image que je me fait de cette entreprise.

Mediapost : un ami qui vous veut du bien

Comme elle l’affirme elle-même sur son site internet l’entreprise Mediapost est leader de la publicité en boîte aux lettres ! Et à priori c’est fantastique parce que le site affiche une avalanche de gens souriants, de trentenaires en forme dans des bureaux bien rangés et lumineux.

Credit photo : mediapost.fr

Moi, ce que j’ai vu ressemblait plutôt à ça :

 Credit photo : http://www.sud-distridirecte.org/spip.php?article166 Photo prise par le syndicat SUD sur une plateforme Mediapost à Orléans

Les employés qui constituaient les liasses à distribuer travaillaient debout sans chaise, sauf l’un d’entre eux souffrant visiblement de problèmes de poids. Ceux que j’ai vu étaient soit très jeunes soit clairement à l’approche de la retraite. Ce n’est qu’une supposition, mais il me semble clairement que Mediapost recrute au sein de populations n’ayant que peu de possibilités de négocier leur salaire, au vu de leur manque d’expérience pour les plus jeunes et de la difficulté de trouver un emploi pour les plus vieux.

Mediapost s’engage pour la diversité culturelle au travail. Quid de la diversité des tranches d’âge recrutées ?

Par ailleurs, une recherche très rapide sur le net montre que Mediapost s’est déjà retrouvée dans le collimateur de la justice, des syndicats, de la presse : ici, ici et .

Mediapost s’offre une bonne conscience écolo !

Sur le site de Mediapost on apprend que l’entreprise s’engage auprès de l’association Culture Papier. Pour en réduire l’utilisation ? Non, et clairement ce n’est pas à l’ordre du jour. Qu’affirme le président de l’association en tête d’un memo disponible en ligne ? « Aujourd’hui, secondé par les moyens numériques le papier n’en reste pas moins unique et irremplaçable »  Autrement dit, la filière papier ne compte pas remettre en question ses activités et ne s’interressera pas à une transition vers le tout numérique. Voilà, la messe est dite : on a du papier à vendre donc on va le vendre ! Et pour le vendre on va faire croire que c’est un matériau indispensable.

Mediapost va plus loin dans « l’engagement environnemental » en proposant : « des offres totalement neutres en carbone, puisque les émissions de CO2 liées à nos prestations sont intégralement compensées. Nous permettons à nos clients de valoriser cette démarche auprès de leurs propres interlocuteurs via l’apposition d’un marquage (logo), que vous pouvez obtenir en cliquant sur le lien ci-dessous. »

On reparlera ici de la compensation carbone : ce n’est à mon sens qu’un droit de polluer qui empêche le questionnement sur nos pratiques quotidiennes ou industrielles polluantes. Nous reparlerons aussi du décalage spatio-temporel induit par la « neutralité carbone » : les victimes d’une pollution donnée ne bénéficieront pas directement de la compensation.

Allez, on vous offre un petit logo et vous pourrez diffuser 850 000 tonnes par an de publicité-déchet, triées par des gens sous-payés , tout en paraissant écolo ! Chouette ! Ce procédé à un nom : le greenwashing et nous en sommes les cibles, nous citoyen lambda, petit écolo du dimanche, bobo de la ville. Le but : nous faire consommer !

Pour conclure, la minute politiquement incorrecte

Au risque de faire grogner les grincheux : je dis oui à la disparition du métier de distributeur et aux emplois de tri de publicités non adressées.

Et je dis oui au développement des métiers qui œuvrent vraiment pour mon bien-être et celui de ma planète : artisan boulanger.ère, artisan boucher.ère, couturier.ère, gérant.e de friperie, fabriquant.e de vêtements éthiques, comédien.ne.s, plombier.ère, menuisier.ère, restaurateur.rice, maçon.ne, libraire, fromager.ère, éleveur.euse, cultivateur.euse, médecin, infirmier.ère, vigneron.ne, vendeuse en boutique bio/éthique/locale, aide à la personne, professeur… et tous les autres.

 Crédit photo : mediapost.fr

 Allez, on fait un joli sourire, on sort la poubelle et on dit merci Mediapost de nous faire faire un peu de sport !

La minute iconoclaste

Ce matin j’ai envie de râler.

Contre les critères normatifs de la beauté encore et toujours proposés par certaines publicités, et qui nient la vraie nature du corps des femmes :

– Le critère de la minceur

– Le critère de la peau glabre

– Le critère de la peau bronzée

– Le critère de la peau uniforme

…et j’en passe.

Alors que nous ressortons les maillots de bains de leur placard, protestons contre la diffusion de cette idéologie! Voici une petite série iconoclaste que j’avais réalisé en 2014 et qui me semble toujours d’actualité…

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Pour être tout à fait franche, beaucoup d’initiatives promeuvent une diffusion raisonnée du corps de la femme, et ce depuis longtemps. Alors s’il faut absolument voir des femmes à poil dans les médias ou dans l’art, je préfère autant qu’elles ressemblent…

…aux magnifiques photos de Ben Hopper

Pour voir toute la série « natural beauty » c’est ICI

…aux adorables dessins de Mana

 Pour voir les autres dessins du projet « The giant Blossoming » c’est ICI

…aux touchantes photos de Laura Defalle

 Pour voir toutes les photos du projet « No oppression » c’est  ICI

…à la une de Elle il y a 10 ans