Le collectionneur de poubelles

Il y a quelques semaines, on m’a suggéré de proposer une émission radio pour parler des déchets. Je me suis donc lancée ! Elle s’appelle Poubelle Chérie et est diffusée puis rediffusée une fois par semaine.

Pour écouter ou réécouter l’émission :

Cliquez ici

Et voici une transcription, ainsi que les sources qui m’ont permis de l’écrire.

source

https://www.energie-environnement.ch/fichiers/contes/conte_collectionneur.pdf

Les produits ménagers

Il y a quelques semaines, on m’a suggéré de proposer une émission radio pour parler des déchets. Je me suis donc lancée ! Elle s’appelle Poubelle Chérie et est diffusée puis rediffusée une fois par semaine.

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Et voici une transcription, ainsi que les sources qui m’ont permis de l’écrire.

Bonjour à tous ! Vous en avez marre de sortir les poubelles ? Alors, il faut qu’on parle des produits ménagers.

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Un constat

Je l’ai évoqué la dernière fois, une grande partie des produits que nous consommons est emballée avec des matériaux jetables, pas toujours recyclables et souvent polluants. C’est le cas de nombreux produits ménagers.

Et il n’y a pas que leur emballage qui pose problème. Début 2017, le magazine “60 millions de consommateurs” alerte les français sur les dangers de certains produits d’entretien. Ces produits seraient responsables, je cite –  d’une pollution majeure de l’air intérieur. Ainsi, 46 produits sont accusés de contenir des substances allergènes, irritantes et toxiques.

Les affichages présents sur les emballages sont également mis en cause. Le magazine épingle les allégations “100% naturel et 100% bio”. Ces messages minimisent la dangerosité de ces produits. Comme nous l’avons vu la dernière fois, une substance naturelle n’est pas forcément sans danger pour l’Homme. Les huiles essentielles, notamment, contiennent des allergènes et sont potentiellement toxiques.

Je vous rappelle ce qu’est 60 Millions de consommateurs. C’est un magazine publié par l’Institut National de la Consommation, qui est un établissement public placé sous la tutelle du ministre de la culture. Le magazine est rédigé par des journalistes qui travaillent avec des ingénieurs, juristes, économistes et documentalistes de l’Institut.

Les produits d’entretien dénoncés par 60 millions de consommateurs sont des assainissant, désodorisants, antiacariens et désinfectants.

Or, il existe des alternatives moins suspectes pour nettoyer sa maison ! Les solutions que je vais vous proposer me permettent aujourd’hui :
– De produire moins de déchets
– De prendre moins de risques pour ma santé et celle de mes proches
– De dépenser moins d’argent
– De gagner de la place dans mes placards

Mon expérience de changement

Pour cela, j’ai choisi de fabriquer moi-même mes produits ménagers. Alors j’ai cherché des recettes et j’ai fait des tests. Et il y a eu des ratés. Les plus cuisants m’ont été infligés par le liquide vaisselle.

Je me souviens de mon premier liquide vaisselle maison. Après fabrication, il fallait laisser reposer le mélange une nuit. Avant d’aller dormir, je transvase ma mixture dans un poussoir à savon liquide et le lendemain matin, avec grande hâte, j’appuie sur ledit poussoir pour tester mon nouveau liquide vaisselle. Malheureusement, ce n’est pas vraiment du liquide vaisselle qui en est sorti mais une sorte de… spaghetti gluant.

Et puis, à force de tests et de lectures, j’ai opté pour trois principes. Numéro 1 : utiliser des ingrédients les plus bruts possibles, donc éviter les produits déjà mélangés. Numéro 2 : choisir les recettes les plus simples possibles. Numéro 3 : préférer les produits multiusages.

La/les solutions enfin trouvée/s

Commençons par les ingrédients

Pour nettoyer mon logement, ma voiture et mon linge j’utilise 8 ingrédients :
1 – Vinaigre blanc
2 – Huile essentielle d’arbre à thé
3 – Bicarbonate de soude
4 – Cristaux de soude
5 – Blanc de Meudon
6 – Savon de Marseille

Et pour le lave-glace de la voiture, j’ajoute :
7 – Alcool
8 – Eau distillée

Où trouve-t-on toutes ces merveilles et en quel conditionnement ?
– Le vinaigre blanc : en bidon de 5 litres dans n’importe quelle grande surface
– L’huile essentielle d’arbre à thé : en compte-goutte de 50ml dans une parapharmacie ou en boutique bio
– Le bicarbonate de soude : en sachet papier d’1kg en boutique bio. Je choisis la marque « La Droguerie Écologique »
– Les cristaux de soude : en sachets papier de 500gr en boutique bio également et de la même marque
– Le blanc de Meudon : en sachet papier de 500gr aussi.
– Le savon de Marseille : en vrac en boutique bio, de la marque Marius Fabre
– L’alcool : en droguerie
– L’eau distillée : en bidon de 5L, en grande surface

Mais, me direz-vous, tout ça, ça fait quand même des déchets !
En moyenne, je renouvelle ces ingrédients 1 fois par an. Et mon logement fait 50m2.
Pour 1 an de ménage, j’aurais donc produit comme déchets : 2 bidons en plastique, 1 compte-goutte de verre, une bouteille en plastique et 3 sachets en papier. Alors oui, il y a des déchets mais en quantité réduite et tous recyclables .

Avant de se lancer, il est bon de se rappeler de deux ou trois éléments :
Tout d’abord, parlons des huiles essentielles:
Elles proviennent parfois de loin. Les feuilles d’arbre à thé par exemple, sont récoltées en Australie. Côté écologique, c’est pas terrible.
Les huiles essentielles peuvent aussi être dangereuses. En l’occurrence, l’huile essentielle d’arbre à thé est plutôt bien tolérée mais peut tout de même provoquer des irritations. Elles sont donc à manier avec parcimonie et précautions.

Et rappelez-vous : l’huile et l’eau ne se mélangent pas ! Il est donc inutile de mettre des huiles essentielles partout dans vos produits ménagers.

Ensuite, voyons quelle est la différence entre le bicarbonate de soude et les cristaux de soude :
Tout d’abord, ils n’ont aucun rapport avec la soude caustique, qui est dangereuse et extrêmement polluante. Bien que liés, les cristaux de soude et le bicarbonate de soude sont deux produits différents. Les cristaux de soude sont fabriqués à base de sel et de craie. Le bicarbonate, lui, est un sous-produit des cristaux de soude. Ces deux produits ont le même effet dégraissant.

Pour faire le ménage, lequel choisir ? Les cristaux de soude sont plus basiques que le bicarbonate. Ils sont donc plus corrosifs. Ils dégraissent donc de façon plus efficace que le bicarbonate mais sont aussi plus irritants. Par contre, ni l’un ni l’autre ne sont dangereux pour l’environnement.

Allez, sans plus attendre, passons aux recettes ! Mes choix en matière de recette suivent trois objectifs : réduire les déchets d’emballage, éviter les produits dangereux et polluants et simplifier mes tâches ménagères.

Pour laver la vaisselle :
– Après les essais ratés dont je vous parlais tout à l’heure, j’ai commencé par acheter mon liquide vaisselle en vrac chez biocoop. Et ensuite j’ai trouvé une recette ultra simple qui me convient : 2 CS de cristaux de soude + de l’eau. Si vous trouvez ce produit trop irritant, vous pouvez remplacer une partie des cristaux de soude par du bicarbonate. Ce produit vaisselle ne moussera pas du tout, psychologiquement, ça peut être dur.
– Donc je remplis un bac d’eau bien chaude et je verse dedans 1 petit verre de liquide vaisselle. Ça, c’est pour le lavage. A côté, je remplis un bac d’eau froide avec 2 petits verres de vinaigre blanc pour le rinçage.

Pour laver les plans de travail et la gazinière :
– J’utilise mon liquide vaisselle et parfois du bicarbonate que je saupoudre et que je frotte avec une brosse humide. Le bicarbonate est un abrasif doux qui peut aider à enlever des taches bien collées.

Pour laver le linge :
– Pour l’instant, j’ai abandonné l’idée de faire ma lessive moi-même. Je l’achète en vrac à Biocoop et j’essaie de réduire au maximum le nombre de mes lessives.
– Si j’ai besoin d’adoucir mon linge, j’ajoute 2 CS de vinaigre blanc dans le bac à adoucissant de la machine à laver.
– Pour enlever les taches de gras, j’utilise le blanc de Meudon. Il faut faire un petit tas de poudre sur la tache, attendre quelques heures et passer le linge à la machine.
– Pour prélaver des cols de vêtements sales ou laver mon linge à la main, j’utilise du savon de Marseille. Traditionnellement, le savon de Marseille est fait à base d’huile d’olive. Mais l’appellation “savon de Marseille” n’est pas contrôlée. Ainsi, on peut trouver des savons dits “de Marseille” qui contiennent du suif. Le suif c’est de la graisse de mouton ou de boeuf. D’autres “savons de Marseille” peuvent contenir de l’huile de palme ou de coprah, deux huiles qui viennent de loin et qui sont connues pour les problèmes de déforestation et les risques pour la santé qu’elles occasionnent. En France, pour trouver du savon de Marseille fabriqué à base d’huile d’olive uniquement, on peut se fier aux marques suivantes : Marius Fabre, Savonnerie du Fer à Cheval et Rampal Latour.

Pour laver le sol :
– J’utilise de l’eau très chaude, éventuellement quelques gouttes d’huile essentielle d’arbre à thé, et un petit verre vinaigre blanc

Pour laver les toilettes, les éviers, baignoire ou la douche :
Je le fais en deux temps, comme pour la vaisselle. Pour commencer, j’utilise mon produit vaisselle (donc cristaux de soude et eau). Ensuite, je pulvérise du vinaigre blanc, je laisse reposer et je rince.
Pour les toilettes j’ajoute une étape : avant de passer au vinaigre blanc, je nettoie les toilettes avec une brosse sur laquelle j’ai ajouté quelques gouttes d’arbre à thé.

Pour les vitres, les miroirs :
De l’eau chaude et du vinaigre blanc

Et enfin, pour le liquide lave-glace de ma voiture :
1 litre d’eau déminéralisée (pour éviter de boucher les tuyaux), 30cl de vinaigre blanc et 30cl d’alcool.

Voilà, ce sont les recettes que j’ai adoptées, mais il y en a plein d’autres sur internet ou dans les livres. Bon, j’ai encore quelques conseils à vous donner, mais, accordons-nous d’abord une petite pause.

J’ai constaté que beaucoup de recettes préconisent de mélanger du vinaigre blanc et du bicarbonate de soude. N’étant vraiment pas calée en chimie, ça ne m’a pas interpellée pendant des années. Ce n’est que récemment qu’un ami m’a rappelé une règle élémentaire de chimie : acide et base se neutralisent si on les mélange. Je vais essayer d’être claire :

Le vinaigre blanc est un acide.
Le bicarbonate de soude est une base, tout comme ses cousins les cristaux de soude.
Quand on mélange du vinaigre blanc et du bicarbonate de soude, ça mousse pendant quelques secondes. Si vous fermez le récipient juste après avoir fait le mélange, il se peut aussi que votre bouteille explose.

Ce mélange provoque deux réactions : un dégagement de dioxyde de carbone (ou gaz carbonique) et la création d’un sel qu’on appelle acétate. Donc, une fois le dioxyde de carbone échappé, il reste un produit au pH neutre, composé d’eau et d’acétate. L’eau et l’acétate n’ont aucun pouvoir détartrant ou dégraissant. Les effets recherchés sont donc annulés. Mélanger vinaigre et bicarbonate en proportions égales n’aurait donc aucune utilité pour le ménage. C’est pareil avec des cristaux de soude.
Cependant, j’ai trouvé sur internet des arguments qui tentent d’expliquer pourquoi dans certains cas il serait indiqué de mélanger vinaigre et bicarbonate.

– Pour déboucher les canalisations : la force d’échappement du dioxyde de carbone aiderait à déloger les bouchons
– Pour détartrer des endroits inaccessibles : la mousse produite lors du mélange contiendrait du gaz carbonique et encore un reste d’acide. Donc de l’acide toucherait les endroits envahis par la mousse, attaquant le calcaire des endroits inaccessibles.
– Pour diminuer la force du vinaigre : le bicarbonate servirait à rendre le vinaigre moins agressif en abaissant son PH.

N’ayant pas l’ambition de monter un labo de chimie dans ma cuisine, je préfère m’abstenir et m’en tenir à d’autres astuces :
– Pour déboucher des canalisations : si je pense que c’est un bouchon de calcaire, j’opte pour du vinaigre chaud. Si je pense que ce sont des cheveux ou autres matières organiques : je verse un demi-verre de cristaux de soude et de l’eau chaude ensuite.
– Pour détartrer les endroits inaccessibles : je pulvérise de vinaigre
– Pour diminuer la force du vinaigre, je le dilue simplement dans l’eau.

Passons maintenant aux outils 

Pour faire la vaisselle :
J’utilise un grattoir en métal et une brosse en bois dont les poils sont en fibres de bois également. J’ai acheté les deux à Biocoop, il ya un an. Les éponges vertes et jaunes sont de lointains souvenirs. Quand viendra l’heure de renouveler mes outils pour la vaisselle : le grattoir en métal sera recyclé et ma brosse servira pour allumer un bon feu.

Pour les surfaces planes :
J’avais une petite serviette de randonnée qui n’étais pas très pratique. J’en ai découpé des morceaux et m’en sert d’éponges que je réutilise après un lavage en machine.

Évier et baignoire sont nettoyés avec une autre brosse en bois. Les toilettes ont aussi leur brosse en bois dédiée. J’ai choisis des brosses à légumes, avec des poils bien durs, trouvées également chez Biocoop.

Pour nettoyer les vitres, j’utilise de petites lingettes que j’ai découpé dans un vieux t-shirt en jersey. Et enfin, pour le sol, une petite serpillière que je lave en machine fait amplement l’affaire.

Balais brosse et balais sont en bois, avec des poils en matières végétales. S’ils devaient se casser ou s’abîmer, je pourrai les incinérer. Quand à la pelle qui me sert à ramasser les poussières, elle est en métal. J’imagine que je l’aurais encore dans 50 ans ! J’ai tout trouvé dans le magasin Jobbing à Valence. Jobbing est un dépôt d’articles de seconde main ou de fin de série.

Pour éviter les déchets liés au ménage et passer moins de temps à accomplir mes tâches ménagères, j’ai aussi adopté quelques habitudes nouvelles, qui rendent mon quotidien bien plus harmonieux !

J’ai opté pour un aspirateur sans sac dans un premier temps. Et puis j’ai voulu réduire mon usage des appareils électroménagers, j’ai donc décidé de me passer d’aspirateur. Mon logement est modeste et je n’ai plus d’animal de compagnie, un balai et une pelle suffisent donc.

J’aère mon mon logement tous les jours, quelque soit la météo. Une bonne odeur de frais se répand dans la maison et m’épargne l’utilisation de désodorisants et d’assainissants.
Je lave mon four, mes feux de cuisson et mon plan de travail à chaque utilisation. Les tâches encore fraîhes se lavent bien mieux et de l’eau chaude suffit. Je n’ai plus besoin d’abrasifs ou de détergents puissants.
Je me déchausse avant même de rentrer chez moi. J’apporte ainsi moins de poussières dans mon intérieur, l’air y est plus sain et le sol nécessite moins de lavages.

Adopter la démarche zéro déchet m’a permis de simplifier mes pratiques, de les rendre plus saines et de réduire considérablement la quantité de mes déchets. Et, de façon inattendue, ce nouveau style de vie m’a appris à voir d’un œil nouveau ces tâches ménagères que j’exécrais. Aujourd’hui, je ne passe qu’une heure par semaine pour rendre mon intérieur sain et agréable à vivre. Une heure sans bruit, sans inhalations irritantes, sans la peau qui démange et sans la poubelle qui se remplit. Et cette heure passée à balayer, nettoyer et ranger; je ne la vois plus comme une corvée ingrate. Je la vois comme un soin que je prodigue à ma maison, et donc à moi-même.

Connaissez-vous le zen ? C’est une branche du bouddhisme pratiqué au Japon. La tradition zen veut que l’accomplissement de ces tâches ménagères soit source d’accomplissement personnel. Elle affirme que c’est l’attention portée à notre environnement qui peut nous conduire aux pensées les plus élevées et aux changements intérieurs les plus profonds.

J’essaie de me souvenir de cela quand je dépose mes chaussures au seuil de ma maison, quand je remets un objet à sa place, quand j’invite le vent chez moi le matin.

Une recommandation

Si la philosophie zen vous intéresse, je vous recommande les livres de Dominque Loreau.
Je vous conseille également de dévorer le blog de raffa : raffa.grandmenage.info. Vous y trouverez mille et une recettes de produits ménagers, ainsi que de savantes explications chimiques.
Enfin, je ne saurais que trop vous conseiller le livre de Béa Johnson, Zéro Déchet. Il offre des conseils prosaïques mais efficaces pour faire le ménage sans produire de déchets.

Je vous rappelle les bonnes résolutions du jour : fabriquez vos produits ménagers et prenez soin de votre maison en toute simplicité, comme vous le feriez de vous-même.

Sources :
Pollution:
http://www.lemonde.fr/pollution/article/2017/03/09/60-millions-de-consommateurs-epingle-une-quarantaine-de-produits-d-entretien_5091582_1652666.html
http://www.cniid.org/Dechets-et-climat-quel-rapport,53
http://www.cniid.org/IMG/pdf/2010_Plaquette_RAC_GESpoubelle.pdf
Mélange acide / base :

Bicarbonate et vinaigre: réaction dangereuse ou mélange utile ?


http://forums.futura-sciences.com/chimie/313767-base-acide-melange-questions-de-ph.html
Surtout pour les commentaires : http://www.bananapancakes.fr/archive/2016/05/09/stop-au-melange-vinaigre-blanc-et-bicarbonate-5799408.html
http://forums.futura-sciences.com/chimie/713410-vinaigre-bicarbonate-acetate-de-sodium-nettoyants-bio.html

http://raffa.grandmenage.info/
http://raffa.grandmenage.info/post/2006/04/24/Sommaire___Le_grand_m%C3%A9nage_dans_la_maison__guide_d_entretien_%C3%A9cologique_

https://fr.wikipedia.org/wiki/60_millions_de_consommateurs
https://fr.wikipedia.org/wiki/Arbre_%C3%A0_th%C3%A9

https://archives.enmarche.be/Societe/Vie_quotidienne/20120301_faire_le_menage_source_de_bien_etre.htm

Les cosmétiques

Il y a quelques semaines, on m’a suggéré de proposer une émission radio pour parler des déchets. Je me suis donc lancée ! Elle s’appelle Poubelle Chérie et est diffusée puis rediffusée une fois par semaine.

Pour écouter ou réécouter l’émission :

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Et voici une transcription, ainsi que les sources qui m’ont permis de l’écrire.

— Nicolas Rubinstein —

Vous en avez marre de sortir les poubelles ? Alors, il faut qu’on parle de la brève carrière du coton-tige en plastique.

Un fait une date, un chiffre

Je vous parlais il y a a quelques temps, de ma visite dans un Centre de Valorisation Organique. Par dizaines dans les tas de compost, se trouvaient des bâtonnets de coton-tiges que la machine de tri n’avait pas su filtrer. J’en ai même ramené un chez moi, tout tordu et puant la poubelle. Il est dans un bocal, au fond du placard où je range les trésors glanés ici et là. J’ai pour habitude de garder les bouts de rubans, les boutons et les jolis cailloux. Ce morceau de plastique fait un peu tache. Je ne sais pas ce que j’en ferai. Mais je le conserve, comme un témoin tristement emblématique de ma société.

En 1923 un mystérieux inventeur inventa : le coton-tige. En 1926, un ingénieur développe le concept. Je ne sais pas à partir de quand on les a fabriqués en plastique. Par contre j’ai lu, que dans le monde, on en vend 800 par seconde. Ensuite, ils servent quelques secondes et ont une fin tragique. Tragique pour l’environnement. Pas recyclables, ils sont soit enfouis, soit incinérés avec des conséquences sur le sol et sur l’air que nous respirons. Ils peuvent aussi finir leur course dans un compost municipal. Et, dans le pire des cas, ils peuvent prendre le large et flotter dans les océans.

J’ai en mémoire une photo diffusée par le National Geographic. C’est un hippocampe qui se déplace en agrippant un coton-tige.

Un constat

Ainsi, pour nettoyer, protéger, parfumer nos corps, nous sommes prêts à souiller notre lieu de vie. Et le coton-tige n’est qu’un exemple. J’aurais pu vous parler aussi des micro-billes de plastiques utilisées dans les gommages pour la peau. Ou encore des savons liquides ou autres shampoings qui, en plus d’être emballés dans des bouteilles en plastique pas toujours recyclables, contiennent des susbtances nocives pour le corps.

A ce sujet, Greenpeace a édité il y a quelques années, un guide appelé Cosmétox. Bourré d’informations sur les cosmétiques, le guide se termine par une liste de marques de cosmétiques classées selon leur dangerosité pour la santé et pour l’environnement.

Notons également l’adoption en 2016 de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages ! Avec un nom pareil on s’attend à une véritable révolution ! Quelques mesures, en effet sont d’importance comme par exemple, l’interdiction des néo–nicotinoïdes (la substance accusée de tuer les abeilles), la reconnaissance des sols comme patrimoine commun de la nation et l’acceptation d’un principe de réparation du préjudice écologique.

Et parmi ces grandes mesures, il en est une petite qui nous intéresse ici, à l’article 124 du chapitre V, du titre VI. Je cite :« A compter du 1er janvier 2020, la mise sur le marché des bâtonnets ouatés à usage domestique dont la tige est en plastique est interdite. » Fin de citation.

Alors si vous aimez vous gratouiller l’oreille, il va falloir songer aux alternatives… Heureusement, il en existe ! Comme mille autres petites choses de notre vie quotidienne, j’ai testé d’autres pratiques, d’autres produits, avec plus ou moins de succès.

Mon expérience de changement : les ratés, les écueils, les déconvenues

Pour remplacer ces fameux coton-tiges :

– J’ai commencé par acheter des coton-tige dont la tige est en papier, afin de pouvoir éventuellement les composter. Je trouvais ces coton-tiges en boutique bio. Cette superbe trouvaille était emballée dans une boîte en carton : parfait. Mais les concepteurs de la boîte ont carrément dérapé sur la fin. Ils ont affublé cette boîte d’un couvercle en plastique non recyclable.

– J’ai donc cherché autre chose. J’ai acheté un oriculi en métal. C’est un mini grattoir qui récupère le cérumen. C’est un tout petit objet. J’ai déménagé et je l’ai perdu. Fin de l’histoire.

– J’ai vu que mon magasin bio vendait aussi des bougies d’oreille. Après un petit tour sur internet, l’envie d’essayer m’est vite passée; la chose semble dangereuse et inefficace. Les charlatans sévissent partout !

Mais au fait, on cherche à nettoyer quoi ? Le cérumen. Alors, il y a deux ou trois choses à savoir sur le cérumen :

– il sert à nettoyer le conduit auditif

– il sert à protéger la peau du conduit auditif

– il est antibactérien et antifongique

– il est hydrosoluble

Donc, il faut le laisser dans le conduit auditif. Et pour éviter tout écoulement disgracieux en dehors de l’oreille, on peut le retirer avec de l’eau tout simplement. N’empêche qu’un petit gratouillis dans l’oreille, ça fait du bien.

La/les solutions enfin trouvée/s : l’astuce, ses inconvénients et ses avantages

En panne d’inspiration, je cherchais donc un autre outil pour nettoyer le pavillon de mes oreilles. Et il se trouve que nous en avons un à notre portée, à toute heure du jour ou de la nuit, qui ne s’use jamais, qui a la taille idéale et qui est totalement zéro déchet : j’ai nommé, l’auriculaire !

L’auriculaire est juste assez gros pour se glisser dans les recoins du pavillon, et à l’entrée du conduit auditif. Mais il est trop gros pour pénétrer dans le conduit, ainsi, vous ne risquez jamais d’aller trop loin et de vous faire mal. Par ailleurs, l’auriculaire résiste à l’eau. Vous pouvez donc l’utiliser sous la douche pour dissoudre le cérumen si vous estimez en avoir besoin.

Bref, l’auriculaire : what else ?

Bon, je suis contente, je ne jette plus de coton-tiges dans l’océan. Mais la salle de bain regorge d’autres déchets. Ces bâtonnets en plastique n’étaient qu’une aiguille dans la botte de foin. Alors, c’est parti pour une revue de mes alternatives en matière de soins du corps. Ce sont celles qui me conviennent. Pour les adopter il faudra faire vos propres tests. Chaque nouvelle pratique doit correspondre à vos habitudes, à vos envies, à vos moyens.

Quand j’essaie de changer de pratique, je me fixe 5 critères : zéro déchet, Santé, Simplicité, Production locale, Confiance en soi.

Critère n°1 : Zéro déchet : ben oui, c’est le but de la manœuvre. Produire moins de déchets, éviter les emballages.

Critère n°2 : Santé : parce qu’on parle de soin. Donc j’évite les poudres de perlimpinpin, les produits bizarres, les potions rose fluo. J’opte le plus possible pour des ingrédients bruts que je connais.

Critère n°3 : La simplicité. des recettes et de la mise en oeuvre. J’ai du l’urticaire quand je lis certaines recettes de cosmétiques maison qui comportent 3500 ingrédients, trouvables uniquement sur internet.

Critère n°4 : La production locale des produits utilisés. Je vous jure que j’essaie de respecter ce point mais ça n’est vraiment pas facile !

Critère n° 5 : Enfin, la confiance en soi. Rien à voir me direz-vous. Et bien si ! J’ai constaté que nombre de mes habitudes de soin étaient dictés par le regard présumé des autres et la pression sociale. Quand j’ai compris cela, j’ai par exemple arrêté complètement de me maquiller.

Donc, zéro déchet, santé, simplicité, production locale et confiance en soi.

Allez, on commence par les cheveux. Mes ennemies jurées étaient les affreuses bouteilles de shampoing en plastique. Bariolées et bardées de messages racoleurs, elles ont toujours fait tache dans ma salle de bain. J’aime que ma salle de bain soit sobre, vide, épurée, relaxante.

Alors, j’ai essayé :

– Les poudres lavantes qu’on trouve en sachets : rhassoul et shikakaï. (pour les déchets, c’est moins préoccupant que les bouteilles en plastique mais c’est pas terrible non plus). Je n’ai pas aimé du tout : elles sont très irritantes pour les voies respiratoires et donc pas très agréables à utiliser. Et puis pour le côté local on repassera.

– Je suis passée ensuite au savon de Marseille : sur mes cheveux, ce fut une catastrophe. Mes cheveux étaient secs et poisseux en même temps. Une fois coiffée, j’avais une tête de playmobil.

– Après cela, j’ai tenté le bicarbonate de soude. Comment dire… Mon cuir chevelu a eu pendant plusieurs jours une hygrométrie équivalente à celle du désert d’Atacama.

– J’ai arrêté un temps les expérimentations hasardeuses et j’ai tenté de réduire le nombre de mes shampoings. C’est pas facile mais c’est possible. Et c’est incontestablement un bon début pour utiliser moins de produits et pour préparer les cheveux à d’autres types de shampoing !

– Finalement, un jour j’ai testé le shampoing à l’œuf. Il faut 1 jaune d’œuf frais, 1 cuillère de miel et de l’eau dans un bol. On mouille les cheveux, on applique le mélange, on masse doucement, et on rince à l’eau fraiche. Par pitié, n’essayez pas de rincer ça à l’eau chaude, au risque de vous retrouver avec une omelette dans les cheveux. Tous les critères sont remplis avec cette recette. J’évite cependant de l’utiliser par temps humide, car une légère odeur d’œuf peut se dégager des cheveux.

– En ce moment : c’est l’hiver, alors j’ai délaissé les shampoings aux œufs. Et puis, parce que je suis un peu flemmarde aussi. Alors, j’utilise un shampoing solide, fabriqué par une amie. Il se présente en pain, comme un savon ordinaire. Côté déchets, on limite la casse. Mon amie achète ses ingrédients en grande quantité, ce qui lui permet de faire plein de petits savons avec. Et naturellement, elle me donne les savons sans emballage ! Pour la santé, tout est sous contrôle. Ce shampoing ne compte que 6 ingrédients : huiles d’olive, de coco, de ricin, d’ylang-ylang. De la soude et du beurre de karité. Côté simplicité, c’est génial. Je passe commande et j’ai mon savon le lendemain. Côté local par contre, c’est absolument raté : coco, ylang-ylang, karité ne font pas vraiment partie de la flore drômoise.

Une dernière astuce pour les cheveux. Après le shampoing, je les rince avec un petit bol d’eau fraîche et deux cuillères à soupe de vinaigre. J’utilise du vinaigre de cidre ou du vinaigre de thé que je fabrique moi-même. Le vinaigre sert de démêlant et fait briller les cheveux. Cette fois-ci, pas de problème avec l’odeur, elle part quand les cheveux sont secs.

On continue avec le lavage. Cette fois-ci, pour du visage et du corps. J’ai eu autrefois dans ma salle de bain, un produit pour laver le corps et un autre pour laver le visage, tous emballés dans du plastique. Le second était sensé être moins agressif. N’empêche que j’avais quand même la peau qui tirait en sortant de la douche. Alors mon visage, maintenant, je le laisse tranquille. Je le rince juste à l’eau tiède. Pour le corps, j’utilise tout simplement le même savon que pour mes cheveux.

Passons maintenant aux soins de la peau, une fois qu’elle est lavée. Il faut la nourrir et l’hydrater. Rapidement, j’ai voulu m’affranchir de toutes les crèmes miracles aux compositions douteuses. Et par dessus tout, je voulais éviter à ma poubelle les innombrables tubes en plastique non recyclables. Vous savez, ceux qu’on est obligés de couper au ciseau pour les terminer jusqu’au bout. Ceux qui s’ouvrent par le bas sans crier gare. Ceux qui vous projettent de la crème partout parce qu’une bulle d’air y était logée. Pour moi, tout ça c’est du passé.

Après réflexion, j’ai conclu que la meilleure crème de jour, ce n’est pas celle que l’on croit. J’ai observé que la meilleure façon d’avoir une peau à peu près nette, c’est de boire suffisamment d’eau, de manger sainement, de dormir suffisamment et d’éviter les sources de stress. Oui madame, il faut faire tout ça pour avoir une belle peau. Sauf que moi, je ne vis pas dans une pub culcul pour Nivéa. Même en me tartinant de crème à la Coenzyme Q10, si j’ai fait la chouille la veille, j’aurais quand même une tronche de mort-vivante. Et ça m’arrive aussi d’avoir la flemme de cuisiner et donc de manger n’importe quoi. Et puis je ne bois pas toujours assez d’eau parce que le vin c’est quand même plus festif. Quant au stress, comme plein de gens, je stresse pour un tas de choses dans la vie.

Alors, à défaut d’avoir un teint de lait comme madame nunuche de chez Nivéa, je peux au moins aider ma peau avec une petite mixture toute simple.

Pour cela. Dans une petite bouteille à pompe, je verse de l’huile d’olive, pour nourrir ma peau. Du gel d’aloe vera pour l’hydrater. Et de l’huile essentielle de lavande pour la soigner. Pour les quantités, je mets autant d’huile que de gel. Pour la lavande, je fait un peu au pif. En 2 minutes chrono c’est fait. Côté simplicité, j’ai pas trouvé mieux.

Alors, l’huile d’olive, je l’achète en bouteille en verre. Donc pour les déchets, c’est pas si mal. Et c’est celle avec laquelle je cuisine. Donc si je la mange, c’est parfait pour un usage externe. Enfin, elle vient d’Espagne. Au magasin, j’ai le choix entre une huile de Tunisie, une autre d’Espagne et une autre de la Drôme. Celle de la Drôme est vraiment très chère, alors l’huile espagnole me semble être un bon compromis.

Le gel d’aloe vera, je l’achète en bouteille d’1 litre, en verre également. Pour ce qui est de la santé, après 1 an d’utilisation sur la peau, je n’ai constaté que des aspects positifs. Le gel est additionné de moins de 1% de gomme et d’antioxydants, pour sa texture et sa conservation. Après vérification, ces ajouts ne seraient pas nocifs pour la santé. Côté local, par contre c’est un peu la cata : le gel est bien extrait et embouteillé en France mais les feuilles d’aloe, elles, viennent du Mexique.

Enfin, l’huile essentielle de lavande. Ahhhh c’est ma chouchoute en matière d’huiles essentielles. Quelques gouttes suffisent pour ses nombreux usages. Alors une bouteille en verre de 50ml me suffit pour 6 mois. La fiole est recyclable. Son bouchon, par contre, terminera dans la poubelle grise. C’est dommage. Côté santé, elle très bien tolérée en usage interne ou externe. Il faut cependant faire un test au creux du coude avant toute utilisation.

Voilà, huile d’olive, gel d’aloe vera et huile essentielle de lavande pour le visage et pour le corps.

Cela m’amène à un autre sujet : le parfum. Elles sont belles toutes ces jolies bouteilles, et ils sentent bon tous ces parfums. Ils coûtent cher aussi, et ils ont des formulations compliquées, et ils brûlent la peau parfois, et ils sont emballés et sur-emballés, avec des froufrous, des breloques : plastique, carton, verre…bref, la totale. Depuis 2 ans, quand je veux être coquette : j’opte pour une goutte d’huile essentielle de lavande derrière chaque oreille. Pas besoin de courir chez le parfumeur, j’ai toujours de l’huile essentielle de lavande chez moi.

Allez, encore une astuce. En hiver, pour protéger mes lèvres du froid, je fabrique un baume. Comme ça j’évite les bâtonnets de crème, les Labello et autres Dermophil Indien. Ces petits tubes en plastique ne sont pas recyclables, je vous le rappelle.

Donc, dans un petit pot en verre ou en inox, je fais fondre au bain marie quelques grains de cire d’abeille (que j’achète en boutique bio, dans un sachet en papier). J’ai acheté un kilo de cire il y a 10 ans, et j’en ai encore aujourd’hui. Une fois la cire fondue, j’ajoute de l’huile d’olive. Je touille avec un bâtonnet en bois. Quand la mixture commence à refroidir et à se solidifier, j’ajoute quelques gouttes d’huile essentielle pour éviter que mon mélange ne devienne rance. En effet, mon petit pot me suffit pour tout un hiver.

Dernière astuce : le dentifrice. Ah, ce tube un peu mou, la petite excitation quand on appuie tout doucement et qu’un boudin de dentifrice à paillettes sort du trou, et enfin, la sensation de fraîcheur qui en fait arrache quand même un peu la bouche. Ce tube, bien que “recommandé par l’union Française pour la Santé Bucco-dentaire!” , va quand même finir au fond d’une décharge. Alors, comme pour le shampoing, j’ai fait des tests.

– J’ai commencé par acheter un dentifrice solide, vendu dans une boite en carton. Un dentifrice solide, ça se présente comme un savon. Et puis j’ai regardé la composition. J’ai arrêté tout de suite de m’en servir.

– Alors j’ai testé les poudres. Cannelle, clous de girofle, argile, bicarbonate peuvent s’allier pour le soin des dents, chacune ayant une propriété particulière. Mais j’ai vite arrêté aussi. Si on la dose mal, la cannelle brûle les muqueuses. La sensation poudreuse dans la bouche est désagréable et le goût est affreux. Alors on peut aussi mouiller la préparation. Mais là, se pose un problème de conservation. Et enfin, cette recette n’est ni simple à réaliser, ni rapide, ni locale.

– Et un jour, j’ai lu que l’on pouvait se laver les dents au savon de Marseille. Mais avant, faisons le point sur l’utilité du brossage de dents. Le brossage ne sert qu’à déloger les restes alimentaires pour permettre à la salive de faire son job. Et le job de la salive c’est de nettoyer et protéger nos dents. On peut l’aider en ajoutant un détergent qui enlèvera les matières grasses de notre bouche. On peut aussi l’aider en éliminant la plaque dentaire (la plaque dentaire c’est le film blanc qui se dépose sur les dents. Il est plein de bactéries et empêche la salive de faire son travail). Mais on peut l’aider aussi en limitant le nombre de repas par jour et en évitant les sucres raffinés.

Pour éliminer la plaque dentaire, l’action mécanique du brossage suffit. Pour retirer les matières grasses, j’ai choisi le savon de Marseille. J’en ai découpé un petit morceau, que je range dans une boîte sur l’évier de ma salle de bain. Je passe ma brosse à dent sous l’eau et je la frotte contre ce morceau savon de Marseille. La première fois, toute cette mousse et ce goût de savon dans la bouche, c’est un peu déconcertant. Mais on s’habitue très vite. Côté zéro déchet, je crois que c’est le top, puisque j’achète mon savon sans emballage. Côté santé, pas de troubles dentaires depuis des années. Côté simplicité et production locale, c’est parfait aussi.

Une à deux fois par mois, je me brosse aussi les dents avec du bicarbonate de soude. Je consomme régulièrement du thé et du vin, dont les tanins font jaunir les dents. Le bicarbonate, par son effet abrasif, atténue un peu ces traces. Le brossage au bicarbonate doit être doux, pour ne pas abîmer les gencives.

Bouteilles et tubes en plastique, bouteilles de parfum, bâtonnets à lèvres, tube de dentifrice ont été bannis de ma salle de bain. Un sacré coup de vide ! Et j’ai changé aussi d’autres pratiques. Par exemple : j’ai dû remplacer ma brosse à cheveux en plastique qui avait perdu la moitié de ses picots. Evidemment, elle a terminé sa vie dans ma poubelle grise. Et bien je l’ai remplacée par une brosse en bois qui durera sans doute bien plus longtemps.

Et j’ai abandonné aussi l’usage des crèmes exfoliantes, surtout quand j’ai appris que des billes de plastique étaient ajoutés à la liste des ingrédients….Beurk. J’ai acheté des gants de crins, qui finissaient toujours à la poubelle. Et puis, j’ai découvert le brossage à sec.

Le brossage à sec, comme son nom l’indique, est le fait de brosser la peau sans la mouiller. On trouve les brosses adéquates dans les boutiques bio. Elles sont en bois et on en trouve deux sortes : une petite et douce pour le visage. Une plus grande et plus dure pour le corps. On brosse, on se douche et on applique le mélange huile d’olive et gel d’aloe vera. Avec, ça, la peau d’ours laisse place à la peau douce.

Si vous n’avez jamais essayé le brossage à sec, franchement, allez-y ! En plus d’exfolier la peau, il paraît que ça aide la circulation lymphatique. J’en sais trop rien. Ce que je sais par contre, c’est que c’est bon pour le moral. Parce qu’à la fin du gommage vous n’allez rien jeter dans votre poubelle, que vous allez avoir la peau toute douce et ça détend autant qu’un bon massage.

Brrr j’en ai des frissons.

Une recommandation (livre, blog, site…)

Mais ne nous égarons pas, et restons concentrés. Pour aller plus loin sur cette question des cosmétiques, je vous recommande le site www.surfrider.eu. Surfrider, c’est une association qui travaille pour la protection des océans. Si vous doutez encore que l’océan est une grande poubelle à ciel ouvert, allez voir leur site. Attention pour ceux qui sont malades en bateau, leur site donne le mal de mer

Ensuite, j’aimerais vous recommander deux livres. “Additifs alimentaires” de Corinne Gouget. Quand on se met à la cosmétique maison, on a souvent recours aux ingrédients de la cuisine, alors, mieux vaut savoir ce que l’on va utiliser.

Et enfin, pour vous lancer dans l’usage des huiles essentielles, voyez le petit précis qui s’appelle “Les huiles essentielles”, aux éditions Utovie.

Je vous rappelle la bonne résolution du jour : faites vos cosmétiques vous même, avec des produits et des recettes simples. Et…offrez une utilité à votre auriculaire !

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cosm%C3%Atique

http://www.greenpeace.org/belgium/Global/belgium/report/2010/2/guide-cosmetox.pdf

Sur le coton-tige :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_pour_la_reconqu%C3%AAte_de_la_biodiversit%C3%A9,_de_la_nature_et_des_paysages

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coton-tige

https://www.planetoscope.com/hygiene-beaute/1560-ventes-mondiales-de-coton-tiges-q-tips.html

https://surfrider64.com/tag/coton-tiges/

http://www.nationalgeographic.fr/environnement/2017/09/cette-image-revele-une-inquietante-realite

https://www.actu-environnement.com/ae/news/biodiversite-projet-loi-adoption-nouvelle-troisieme-lecture-Assemblee-nationale-27067.php4

https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2016/8/8/2016-1087/jo/texte

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=71DC991F05D61B3C53B5993F1C21249D.tplgfr30s_3?idArticle=JORFARTI000033016344&cidTexte=JORFTEXT000033016237&dateTexte=29990101&categorieLien=id

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bougie_d%27oreille

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coenzyme_Q10

http://raffa.grandmenage.info/post/2006/10/17/Soins_bucco-dentaires_-_dentifrice

https://fr.wikipedia.org/wiki/Plaque_dentaire

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gommage

Les livres :

http://www.utovie.com/catalog/index.php?id_product=184&controller=product

https://www.decitre.fr/livres/additifs-alimentaires-danger-9782911806698.html

Pour briller au Trivial Poursuit : https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9sert_d%27Atacama

Les emballages

Il y a quelques semaines, on m’a suggéré de proposer une émission radio pour parler des déchets. Je me suis donc lancée ! Elle s’appelle Poubelle Chérie et est diffusée puis rediffusée une fois par semaine.

Pour écouter ou réécouter l’émission :

Cliquez ici

Et voici une transcription, ainsi que les sources qui m’ont permis de l’écrire.

 

Vous en avez marre de sortir les poubelles ? Oui, moi aussi. Alors, on va décrypter les emballages et leur faire la peau !

Un fait une date, un chiffre

4 216 600. C’est le nombre d’emballages jetés en France depuis le 1er janvier. Donc, en 26 jours. Mais au fait, c’est quoi un emballage ? Alors, je vais sur internet et je tape dans mon moteur de recherche : “emballage définition”. Tiens, c’est marrant ça : les deux premiers liens mènent vers le site www.defintions-marketing.com

Je passe mon chemin et je vais chez Larousse qui propose la définition simpliste : “tout ce qui sert à emballer” D’accord, sauf que parfois, ce n’est pas toujours évident de distinguer le produit de son emballage. Le tube de carton sur lequel est enroulé le film alimentaire par exemple est un emballage.

Alors Ecoemballages à pensé à nous et a publié en ligne une liste d’emballages et de produits. La liste fait 8 pages. J’ai relevé des types d’emballage au hasard dans cette liste et je me suis bien marrée. Je vous lis mes trouvailles telles qu’elles sont désignées dans la liste : applicateurs de tampons hygiéniques, brochettes avec un produit piqué, matériau absorbant rattaché à un bouchon, peau de saucisse, saucière en porcelaine contenant des plats préparés, cierge magique, tabouret en plastique pour pizza.

Bon, ça me fait rigoler un peu jaune quand même. Tous ces objets idiots qu’on achète et qu’on jette, c’est un non sens. Et une fois qu’on composte nos déchets verts, et bien ces emballages nous sautent aux yeux. Ils envahissent littéralement notre poubelle.

Un constat

Quand je me suis lancé dans la réduction des déchets, j’ai pensé bien faire en veillant à acheter des produits emballés dans des contenants recyclables. Or une multitude de produits sont emballés dans du plastique, ce matériau est presque incontournable. Et le plastique, n’est pas toujours recyclé ou recyclable.

En 2016, selon Ecoemballages, 59% des emballages plastiques sont recyclables, dont 56% pour les bouteilles et les flacons. Pourtant, en 2010, Ecoemballage a investi 30 millions d’euros pour rendre possible le recyclage d’autres type de plastiques. Donc, 30 millions d’euros n’ont pas suffit à dépasser les 59% d’emballages plastiques recyclés. En plus, c’est la même ritournelle à chaque fois : les consignes de tri dépendent aussi de la commune dans laquelle on se trouve.

Et là, je me rappelle du résultat de ma recherche sur internet. Quand je cherche la définition du mot emballage, je tombe sur un site dédié au marketing. Pourquoi ? Parce que les emballages sont aussi (et surtout) des supports de promotion commerciale.

Larousse nous rappelle ce qu’est le marketing : ensemble des actions qui ont pour objet de connaître, de prévoir et, éventuellement, de stimuler les besoins des consommateurs à l’égard des biens et des services.

Donc, résumons. Notre poubelle regorge d’emballages en plastique, que nous ne pouvons pas toujours recycler bien que nous ayons payé très cher pour cela. Et ces mêmes emballages portent les messages qui nous ont conduit à les acheter, en stimulant un besoin qu’on n’avait pas forcément au départ. Et pour stimuler nos besoins, les idées ne manquent pas ! Je ne vois alors qu’une solution pour me soustraire à tout ça : partir en guerre contre les emballages.

Mon expérience de changement : porter un regard critique sur les emballages que j’achète

Je vous parlerai des alternatives aux emballages jetables : sacs en tissu, bocaux, achats en vrac etc. Mais avant cela je voudrais être bien certaine que je fais le bon choix en désignant les emballages plastiques comme les ennemis à abattre. Parce que je me rends compte qu’ils emballent nombre de produits du quotidien et que ce n’est pas toujours facile de s’en passer.

Je dégaine alors ma première arme : le commentaire de texte. Si vous le voulez bien, prenons un exemple : le savon noir liquide, de marque Briochin, dans une bouteille en plastique bleu, avec un petit pulvérisateur. Je vous lis le texte qu’on trouve sur l’emballage : Jacques Briochin, artisan droguiste depuis 1919. Savon noir prêt à l’emploi. L’authentique recette à l’huile de lin. L’original depuis 1919 (oui oui, on a compris).

Bon et puis ils ont mis une série de patchs en bas de la bouteille : ecocert, origine naturelle, nettoie, dégraisse nourrit et fait briller toutes les surfaces, fabrication artisanale française.
Et enfin, la petite illustration : une femme en jupe et chemisier qui passe l’éponge près avoir pshitté du savoir noir.

Même pétrie des plus belles intentions écologiques et éthiques du monde, c’est typiquement le produit que je n’achèterais pas. Toutes ces allégations merveilleuses entassées les unes sur les autres, ça me semble suspect.

Alors je vais fouiller un peu…

L’argument massue est écrit en rouge : c’est le label Ecocert.
Ecocert est un organisme privé de certification des produits issus de l’agriculture biologique. Les produits certifiés répondent à un référentiel qu’on peut consulter en ligne (lecture chiante garantie).
Je lis :

Les principes fondamentaux du référentiel. PROTEGER notre planète et ses ressources . INFORMER le consommateur. REDUIRE les rejets et les déchets inutiles (ah, ça c’est intéressant!)

Hop, je vais directement au paragraphe consacré au conditionnement. Alors, sur 40 pages, il y a 2 pages sur les emballages. Je trouve ça plutôt léger. Mais, bon, après tout, Ecocert, c’est avant tout pour certifier des produits issus de l’agriculture biologique. Mais au nom de la cohérence, ne peut-on attendre plus ? Voilà ce qui est dit dans le référentiel Ecodétergent d’Ecocert à propos des emballages :

Le conditionnement se fera dans le plus strict respect de l’environnement et donc sous des formes et des volumes recyclables et faiblement consommateurs d’énergie. Dans la mesure du possible, le conditionnement sera réalisé avec des matériaux qui possèdent une filière de valorisation matière.

Si je comprends bien, le “plus strict respect de l’environnement”, ça veut dire que les emballages doivent êtres recyclables et produits avec peu d’énergie. Ça ne me semble pas très strict tout ça. Quid des matériaux de fabrication de cette bouteille ? L’utilisation du pétrole pour fabriquer cette bouteille par exemple, correspond-elle plus strict respect de l’environnement ? Et pourquoi ne parle-t-on pas de réduction de ces emballages plutôt que de leur recyclage ?

Je continue ma lecture :

Les fabricants doivent essayer au maximum de mettre sur le marché un système de recharge pour leurs produits

“Essayer au maximum ?” Euh…c’est à dire ? En tout cas, je n’ai jamais vu un système de recharge Briochin et je ne sais pas si Briochin “essaye” vraiment.

Bon, voilà à peu près tout ce que dit Ecocert sur cette affreuse bouteille bleue que j’ai dans les mains. Donc, attention, les labels bio ne nous renseignent pas forcément sur la nature des emballages du produit. Un produit peut donc être fabriqué de façon vertueuse : en agriculture biologique, de façon équitable pour chaque travailleur impliqué etc. Mais ce même produit peut être emballé avec peu d’égards pour les questions environnementales ou sanitaires, comme on vient de le voir.

Par ailleurs, le label Ecocert s’attache au “caractère biodégradable ou recyclable des emballages” mais pas à leur provenance, ni à la provenance des matériaux qui les composent. Ainsi, on peut avoir un produit issu de l’agriculture équitable et biologique, contenu dans une bouteille recyclable mais qui, elle, peut venir de Chine, traverser le monde en bateau et contenir du pétrole.

Mais rappelez-vous, l’objectif premier de cet emballage est de susciter chez vous, le besoin d’acheter le produit, notamment en y inscrivant des messages séduisants.

D’ailleurs, on peut lire sur la bouteille : origine naturelle.
L’origine de quoi ? Du savon noir ? Ça n’a pas de sens, puisque le savon noir est un mélange cuisiné par les humains. La nature n’a pas grand-chose à voir avec cette tambouille. L’origine des ingrédients peut-être ? Donc si je reformule : “cela provient de la nature, donc c’est bon, efficace, sain…etc”. C’est un argument que j’entends parfois à propos des huiles essentielles. Là encore, il faut faire attention. Une substance 100% naturelle n’est pas forcément bonne pour l’homme ou efficace pour combler ses besoins : la ciguë et le pétrole sont 100% naturels, non ?

Passons à la suite. La stratégie marketing de Briochin s’attache aussi à réveiller le patriote en nous. Son savon noir est de Fabrication Française !
> Extrait 3 – Cocorico, mon coq chante
Ok, ok, après vérification, la société Harris-Briochin siège à St Malo, ça s’annonce bien. Et elle respecte sans doute la législation qui réglemente l’utilisation des termes « fabrication française ». Le problème, à mes yeux, c’est que la loi impose des règles assez légères je cite le §2 de l’article 60 du Code des Douanes de l’Union (européenne): une marchandise est considérée comme originaire du pays où elle a subi sa dernière ouvraison ou transformation substantielle, économiquement justifiée […], et ayant abouti à la fabrication d’un produit nouveau ou correspondant à un stade de fabrication important. Il me semble donc qu’on peut avoir un produit de fabrication française pourtant emballé dans un contenant fabriqué aux quatre coins du monde. On retrouve la distinction entre produit et emballage que nous avons évoqué tout à l’heure. Pourtant, les deux ne font qu’un au fond de notre caddie de supermarché..

Briochin nous vante également la fabrication artisanale de son savon noir.
Alors, “fabrication artisanale” ça n’est pas une mention officielle, c’est juste un message commercial. Cette mention n’est réglementée que pour les métiers de bouche (la DDPP -ancienne répression des fraudes- me l’a confirmé au téléphone). Donc ça ne renseigne sur rien de concret. Naturellement, peut-être que le patron de Briochin a obtenu le titre d’artisan savonnier, mais c’est très facile à avoir : il faut justifier d’un CAP ou BEP ou autre qualification équivalente. Ou encore, avoir été à immatriculé au répertoire des métiers, ça ne renseigne pas sur la qualité du produit.

D’ailleurs, Wikipédia me conforte dans le doute avec sa définition de mot “artisanat”. L’artisanat est la transformation de produits grâce à un savoir-faire particulier et hors contexte industriel. Comment fait la société Harris-leBriochin pour rester hors du contexte industriel en faisant 7 millions de chiffre d’affaires (en 2009) ? Je me pose encore la question.

L’allégation “fabrication artisanale” ne signifie donc pas nécessairement que Briochin fait du bon boulot dans son petit atelier de Saint Malo.

Ah, et puis, côté social, société.com indique que la société Harris-LeBriochin (le siège, et pas les ateliers de fabrication) compte de 20 à 49 salariés, ce qui la dispense de mettre en place un comité d’entreprise pour ses salariés…

J’en ai presque terminé avec cette affreuse bouteille bleue.

Mais avant de se quitter, j’ai quand même envie de dire : Jacques Briochin, le pseudo ancêtre de la société du même nom est un macho

L’illustration de la bouteille est sans ambiguïté : à la maison, chez les Briochin, c’est bobonne permanentée qui brique la maison en jupe et chemisier. Vous croyez qu’elle descend les poubelles aussi?

Rassurez-vous, adorable auditoire. Je ne me prends pas la tête comme ça sur tous les emballages que je croise. Mais j’ai appris que trop de promesses commerciales sur le packaging, c’est suspect.

La solutions enfin trouvée : l’astuce, ses inconvénients et ses avantages

Pour réduire mes déchets et consommer de façon responsable, je préfère aujourd’hui privilégier les produits les plus bruts possibles ou ceux qui offrent de vrais avantages écologiques comme le remplissage des flacons vides par exemple. Ainsi, si vous ne pouvez pas vous passer d’un nettoyant à tout faire, vous pouvez opter pour celui des magasins Biocoop qui le proposent en vrac.

Mais vous avez peut-être déjà chez vous, de quoi nettoyer, dégraisser, nourrir et faire briller toutes vos surfaces !

Par exemple, pour faire briller un carrelage de salle de bain , le vinaigre blanc est parfait. Pour dégraisser une plaque de cuisson : le percarbonate de soude fera des merveilles. Des centaines de recettes sont en ligne et ces produits de base sont trouvables facilement. Moi je choisis ceux de la marque “la Droguerie Écologique”. Ils sont conditionnés en sachets de papier.

Voilà pour faire le ménage sans savon-noir. Pour ce qui est du gommage de la peau, sucre et miel auront le même effet. Et si vous ne pouvez pas vous passer de savon noir, et bien offrez-vous une soirée au hammam, c’est même recommandé pour résister aux maux de l’hiver !

Le mot de la fin

Bravo si vous avez survécu à ce commentaire de texte. Je vous rappelle les bonnes résolutions du jour pour réduire vos déchets : méfiez-vous des arguments marketing, privilégiez l’achat de produits bruts et concoctez vos propres produits ménagers ou cosmétiques.

***

Son :

– Trash Day, par Weird Al Yankovic. Album : Poodle Hat, parodie de Hot in herre, de Nelly – 2003
– Echo-logik, par High Tone. Album : Bass Temperature – 2001

Sources :

http://preventiondechets.fne.asso.fr/fr/je-minforme/la-prevention-des-dechets/emballages.html
https://www.sytrad.fr/centres-de-valorisation-organique.html
http://www.ecoemballages.fr/eco-emballages/qui-sommes-nous/rapport-annuel
https://www.planetoscope.com/recyclage-collecte/694-emballages-menagers-jetes-en-france.html
http://www.ecoemballages.fr/grand-public/les-enjeux-du-point-vert/le-recyclage-des-emballages-en-plastique
http://www.ecoemballages.fr/sites/default/files/chiffrescles2016-ecoemballages.png
http://www.ecoemballages.fr/sites/default/files/documents/liste_non_exhaustive_dexemples_demballages_et_de_produits_novembre_201.pdf

Recyclage du plastique :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_d%27identification_des_r%C3%A9sines

Greenwashing / marketing :
http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/marketing/49526
https://hal-upec-upem.archives-ouvertes.fr/hal-01123727/file/Les_suremballages_des_emballages__superflus_pour_les_consommateurs-libre_1-libre.pdf
http://www.societe.com/societe/harris-377826136.html
https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F96 : comité d’entreprise
http://www.douane.gouv.fr/Portals/0/fichiers/professionnel/declaration/circulaire-marquage-de-l-origine-du-13-mai-2016.pdf
https://fr.wikipedia.org/wiki/Direction_g%C3%A9n%C3%A9rale_des_douanes_et_droits_indirects
https://fr.wikipedia.org/wiki/Artisanat
https://www.lebriochin.com/mentions-legales/

http://www.60millions-mag.com/2011/01/05/quel-label-bio-se-fier-8052
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cocert
www.ecocert.com/le-groupe
http://www.ecocert.com/ecodetergents
http://www.ecocert.com/sites/default/files/u3/Referentiel-des-Ecodetergents-a-base-d-Ingredients-Biologiques-Ecocert-Greenlife-2017.pdf
https://www.definitions-marketing.com/definition/emballage-primaire/
https://reporterre.net/Le-fleau-des-bouteilles-en-plastique-en-une-infographie

Les solutions :
http://www.conservation-nature.fr/article3.php?id=134

 

Le yaourt

Il y a quelques semaines, on m’a suggéré de proposer une émission radio pour parler des déchets. Je me suis donc lancée ! Elle s’appelle Poubelle Chérie et est diffusée puis rediffusée une fois par semaine.

Pour écouter ou réécouter l’émission, sur le site de radio Saint Ferréol :

Cliquez ici

Et voici une transcription, ainsi que les sources qui m’ont permis de l’écrire.

Vous en avez marre de sortir les poubelles ? Alors, il faut qu’on parle du yaourt. Pas des polémiques relatives aux effets des produits laitiers sur notre santé, mais du rapport entre le yaourt et notre poubelle.

Un fait une date, un chiffre

170. C’est le nombre de pots de yaourt que chaque français consomme en moyenne par an, selon le planétoscope de Conso Globe. Le planétoscope c’est un compteur en ligne. Il fait des statistiques en temps réel, sur tout un tas de sujets liés à l’écologie.

Un constat

Alors oui, le planétoscope, comme tous les outils statistiques est à manier avec précaution, ses calculs restent indicatifs. Mais pour rapporter ce chiffre à mon expérience personnelle, faisons un petit calcul. Autrefois je mangeais du yaourt en pot individuel, de la marque Danone. Je mangeais 1 yaourt au déjeuner ou bien 1 au dîner. Il m’arrivait bien sûr de ne plus en avoir dans mon frigo, de ne pas en avoir au menu du resto, de ne pas en vouloir. Disons que j’enlève de mon calcul 1 mois sans yaourt.

Donc, 1 pot par jour ça fait 7 pots par semaine. Sur un an, considérons 52 semaines moins un mois, ça nous donne 48 semaines. Vous suivez ? Donc 7 pots multipliés par 48 semaines, ça donne 336 pots jetés dans ma poubelle.

Mon expérience de changement : les ratés, les écueils, les déconvenues

Après ce petit calcul, ni une ni deux, je vais sur le guide du tri des déchets, que l’on peut trouver sur le site internet d’Ecoemballages. J’essaie de repérer le type de pot qui me concerne et… Et puis rien du tout. Les pots Danone en plastique ne se recyclent pas dans ma commune. Point. C’est un échec, et un échec qui prend de la place dans ma poubelle. Or, à l’époque, je considérais qu’ils faisaient partie des produits de base de mon alimentation.

Mais alors, quelles solutions avais-je à ma portée ?

– Habiter dans une commune où les pots sont recyclables ? Euh…non, je ne vais pas déménager pour une histoire de yaourt, faut pas pousser Roger dans les pissenlits non plus.

– Acheter des pots qui se recyclent ? Pourquoi pas ? Retournons donc sur le guide du tri. Je tape “pot de yaourt” ainsi que le code postal de Crest. Je n’habite pas Crest, mais c’est pour l’exemple.

Alooors… Une liste apparaît…

pots en verre, poubelle vert
pots en carton, poubelle bleue
pots en grès, poubelle grise (ah, raté pour le recyclage)

Ah zut, il y a aussi tous les trucs qui vont avec le pot…

opercules en plastique, poubelle grise (encore raté)
opercules en métal, poubelle jaune
cartonnettes et étuis, poubelle bleue

Wahou, un vrai arc-en-ciel ! Ecoemballage avait pourtant promis sur son site internet : “Trier, c’est facile!”. Soit, admettons. Mais c’est quand même pénible. Personnellement, je refuse de me prendre la tête avec les consignes de tri. Et quand bien même nous nous plions à ces règles de tri, le recyclage n’est pas une solution miracle…mais ça on en reparlera…

Revenons donc à nos yaourts. Puisque la question des emballages est compliquée, je décide que je veux du yaourt ; mais sans emballage. Je vais donc fabriquer mon yaourt moi-même, na !

… Oui, sauf que les recettes que je trouve utilisent une yaourtière électrique, ou un four allumé pendant des heures. Pas sûre qu’on y gagne en termes d’écologie.

Moi, je veux faire mon yaourt, sans four et sans yaourtière.

La/les solutions enfin trouvée/s : l’astuce, ses inconvénients et ses avantages

Alors je cherche et je trouve la solution sur le site wwww.nicrunicuit.com

Pour 1 litre de yaourt il me faut :

– 1 litre de lait cru

– des ferments (c’est à dire une cuillère de mon précédent yaourt ou des ferments achetés en pharmacie)

– 1 thermomètre à rôti (qui m’a coûté 15€)

– 1 bocal propre

– 1 petit linge

– un peu d’énergie pour faire bouillir le lait

– du temps : 10 min d’action et 10 minutes où on laisse le lait refroidir,

– un bonnet en laine oui oui, j’ai bien dit “un bonnet”

La recette

Allez, je vous dis rapidement comment je fais et vous pourrez retrouver toutes les infos sur nicrunicuit.com

Pour commencer, il nous faut 1 litre de lait cru. Le mien, je l’achète soit à la ferme (comme au lycée du Valentin à Valence), ou dans un distributeur automatique de lait. Je viens avec ma propre bouteille en verre.

De retour à la maison, je fais bouillir le lait. Je le laisse refroidir à 45° degrés. 45°, ni plus ni moins, d’accord ? Une fois à 45° j’ajoute les ferments.

Je touille gentiment.

Je met un petit linge sur le bocal pour absorber l’humidité.

Je ferme le bocal avec un joint et je lui met son bonnet, ou une couverture ou une grosse écharpe.

Et je n’y touche plus pendant au moins 6h.

Essayez ça et dites-m’en des nouvelles.

Le prix

L’opération me coûte moins de 2€ pour 8 yaourts faits maison, ma poubelle gagne 170 pots en moins, et ce bon yaourt se conserve quelques jours, même hors du frigo.

Et puis tant qu’on y est, on peut aussi s’intéresser aux crèmes dessert. En chauffant votre lait cru avec du sucre et de la fécule, vous pourrez faire des crèmes délicieuses et parfumées comme vous voulez (avec du chocolat acheté en vrac par exemple). Et ça fait encore des pots en moins à jeter !

Sobriété

Allez, soyons, jusqu’au-boutistes et posons-nous aussi la question : a-t-on besoin de consommer du lait ou des produits laitiers tous les jours ? Sans entrer dans le débat sur la nocivité du lait, je pense que non. A priori, du calcium on en trouve entre autres dans les légumineuses, certains fruits secs et dans les fruits à coques.

Laits végétaux

Alors, c’est peut-être le moment de se lancer dans la fabrication des laits végétaux, non ? Mais si ! C’est facile ! Alors, oui, il y a plein de méthodes pour les faire, avec des ustensiles compliqués…Mais en fait, bien souvent, un lait végétal n’est qu’une sorte d’infusion de fruit à coque.

Je fabrique en général du lait avec des amandes ou des noisettes, que j’achète en vrac ou que l’on me donne. Si on le souhaite, la veille on peut les faire tremper pour qu’elles préparent leur germination. Cela augmente leurs qualités nutritives. On jette ensuite l’eau de trempage. Puis il faut les réduire en poudre. Je suis faignante alors je le fait avec mon mixeur. En 5 minutes. Mais on pourrait le faire au pilon aussi.

Ensuite on ajoute de l’eau (1litre pour 200gr de fruits). Éventuellement on fait bouillir tout ça (mais c’est pas obligé). Puis on filtre.

Le lait ainsi obtenu peut servir de boisson sucrée ou salée. Mais il peut aussi servir à faire des crêpes, des crèmes dessert, du pain d’épices…etc donc remplacer le lait animal dans pas mal de recettes.

En plus du lait, il y aussi le tourteau. C’est le résidu de la filtration. Le tourteau n’a plus vraiment le goût de noisette ou d’amande mais n’est pas mauvais non plus. En général je le mets dans un cake, des crêpes ou des pancakes. Ça m’arrive aussi d’en faire une pâte à tartiner en le mélangeant avec du miel.

Et le beurre me direz-vous ?

Ah, j’allais oublier. Puisque nous parlons de lait et de tartines, parlons aussi du beurre et des barquettes et autres feuilles qui terminent dans notre poubelle.

Pour être honnête n’ai pas trouvé de solution fantastique. Je n’ai pas tenté non plus de le fabriquer moi-même, parce que je n’ai pas envie d’y consacrer trop de temps. Si certains d’entre-vous font leur propre beurre, n’hésitez pas à partager votre expérience !
Lorsque j’habitais à Valence, j’achetais mon beurre en vrac dans une crèmerie de la rue Victor Hugo que je vous recommande chaudement. Maintenant que je n’y habite plus, je n’ai pas encore trouvé de fournisseur. Mais je ne désespère pas ! En attendant, j’achète du beurre emballé dans de l’aluminium. C’est recyclable dans ma commune mais avouons que ce n’est pas le top.

– Déjà parce parce que pour fabriquer l’aluminium, il faut arracher une partie de la croûte terrestre : on extrait une roche ou minerai que l’on nomme bauxite. Ensuite, de cette bauxite, on va extraire un minéral : l’alumine. On fait ça avec de la soude caustique. Enfin, d’autres manipulations seront nécessaires pour fabriquer l’aluminium à proprement parler. Tout cela est dangereux et polluant.
– La bauxite est présente en grande quantité sous terre mais n’est pas renouvelable rapidement, je vous rappelle que c’est une roche.
– L’aluminium, quant à lui, est recyclable à l’infini mais l’aluminium ménager n’est pas recyclé à 100% car il n’est pas toujours bien trié ou facile à retraiter.
– Et enfin, même si les sources se contredisent parfois, les effets de l’aluminium sur la santé sont dénoncés depuis plusieurs années.

Tout ça pour du beurre…

Là encore, en attendant d’avoir une solution satisfaisante, j’ai choisi la sobriété. Je n’achète pas de beurre toutes les semaines et j’essaie d’imaginer d’autres façons de cuisiner et de me régaler. Imaginez…… un kiwi de la Drôme mélangé à votre yaourt maison, dessus…un peu de miel et une petite crêpe au lait d’amandes pour accompagner le tout. Mmmmm !

Une recommandation (livre, blog, site…)

Voilà, pots de yaourts, bouteilles de lait, bricks de lait végétal ne séjourneront plus dans votre poubelle. Pour continuer, je vous recommande aussi la lecture de l’excellent blog http://www.cfaitmaison.com/ Vous y trouverez plein de recettes de cuisine qui vous permettront de réduire vos déchets. Tout cela m’a bien ouvert l’appétit ! Je vais devoir conclure pour aller grignoter une petite crêpe.

***

Je vous rappelle la bonne résolution du jour : faites votre yaourt et vos laits végétaux, vous verrez, c’est super bon ! Et pour les gourmands, un petit conseil, ne soyez pas trop poli. Quand vous entamerez votre bocal de yaourt, servez-vous en premier! La bonne crème du lait remonte à la surface du yaourt. Les premières cuillerées sont donc les plus savoureuses ! Mais chut, c’est entre nous !

La prochaine fois, on fera du décryptage pour ne pas se laisser pigeonner par les belles promesses écologiques !

Son :

– Trash Day, par Weird Al Yankovic. Album : Poodle Hat, parodie de Hot in herre, de Nelly – 2003
– Waste, par Foster the People. Album : Troches – 2011

Sources :

https://www.planetoscope.com/Produits-laitiers/1245-consommation-de-yaourt-en-france.html
http://www.atlantico.fr/rdv/atlantico-green/verite-recyclage-que-se-passe-t-quand-jetez-pot-yaourt-soigneusement-lave-dans-poubelle-reservee-au-plastique-et-pourquoi-2664814.html/page/0/1
http://www.lemonde.fr/le-rechauffement-climatique/article/2009/12/10/l-objet-du-jour-le-yaourt-par-terra-eco_1278944_1270066.html (attention ça date)
http://www.ecoemballages.fr/grand-public/trier-cest-facile/le-guide-du-tri : ou comment se prendre la tête sur des consignes de tri absconses.

http://www.mairie-crest.fr/-Tri-selectif-des-dechets-.html
https://www.consoglobe.com/fin-aluminim-extinction-ressource-naturelle-cg
https://www.consoglobe.com/aluminium-poison-quotidien-cg
https://fr.wikipedia.org/wiki/Aluminium
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bauxite
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alumine
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cro%C3%BBte_terrestre
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hydroxyde_de_sodium
https://www.encyclo-ecolo.com/Aluminium

Et les solutions !
https://nicrunicuit.com/faire/fermenter/faire-ses-yaourts-maison
https://www.consoglobe.com/aliments-riches-en-calcium-cg/2
http://www.cfaitmaison.com/bio/faire-laits.html
http://www.marmiton.org/recettes/recette_lait-d-amande-maison_36662.aspx

Petit plus pour rigoler un peu
http://www.marieclaire.fr/idees/7-recettes-de-beaute-a-faire-avec-un-yaourt-nature,1122223.asp

Le compostage

Il y a quelques semaines, on m’a suggéré de proposer une émission radio pour parler des déchets. Je me suis donc lancée ! Elle s’appelle Poubelle Chérie et est diffusée puis rediffusée une fois par semaine.

Pour écouter ou réécouter l’émission, sur le site de radio Saint Ferréol :

Cliquez ici

Et voici une transcription, ainsi que les sources qui m’ont permis de l’écrire.

Vous en avez marre de sortir les poubelles ? Oui, moi aussi. Alors, on va parler des vers de terre…. et du compostage.

Un fait une date, un chiffre

33kg. C’est la quantité de nourriture moyenne jetée par an et par habitant. Plats tous faits mais pas entamés, restes de repas, fruits et légumes abîmés, pain dur ou moisi finissent à la poubelle… Ces 33 kg représentent 1/3 de votre poubelle. On appelle cela les déchets verts, les biodéchets ou encore déchets organiques.

Un constat

A part le fait que ce soit du gâchis, pourquoi c’est embêtant de mettre ses déchets verts dans la poubelle grise ?

Parce qu’en recevant des déchets organiques, votre poubelle sens mauvais et dégouline dans votre escalier quand vous la descendez. J’ai longuement hésité à vous parler de ça. Je sais que vous allez passer à table ou que vous y êtes déjà, et je suis navrée si j’ai gâché votre repas. Mais je crois que c’est une réalité dont il faut parler, qui encombre notre quotidien, anecdotique mais pénible. Alors qu’on peut faire autrement.

Et parce que cette réalité peu engageante nous empêche, à mon avis, d’ausculter vraiment notre poubelle et de s’interroger sur les déchets qui s’y trouvent. La solution serait donc de séparer les déchets (d’un côté les biodéchets, de l’autre les déchets non recyclables), et de composter les biodéchets.

Mais au fait, le compost, c’est quoi ?

C’est la transformation des déchets organiques en un produit stable, hygiénique et de composition presque semblable à celle de l’humus. C’est un processus en deux phases :

– Une phase de dégradation opérée par des bactéries puis par des champignons

– Puis une phase de maturation qui transforme la matière organique dégradée en compost mûr, qui pourra servir de fertilisant pour les sols.

Ok, moi je suis partante pour le compostage ! Je fonce sur le site du Syndicat de Traitement des Déchets de mon département (le SYTRAD) et je tombe sur une fiche qui vante les mérites du compostage individuel et me propose d’acheter un gros composteur pour 30€. Chouette ! Oui, sauf que j’habite en appartement. Alors le bac à compost de 200 litres, c’est pas pour moi.

Je continue de surfer sur le site du Sytrad et là je découvre que ma poubelle grise ne va pas être enfouie ou brûlée mais compostée. Oui, le Sytrad m’assure que tout va bien, que je peux dormir sur mes deux oreilles et remplir ma poubelle grise sans me poser de question. Pourquoi ? Parce que nous avons trois beau beaux CVO. : des Centres de Valorisation Organique.

Des quoi ?

Des usines où l’on apporte le contenu des poubelles grises : épluchures, fleurs fanées, pots de yaourt, couches culottes…etc ; donc, des biodéchets et des déchets non recyclables mélangés.

Le tout est trié par une énooorme machin ! On appelle cela, le tri mécano-biologique, ou TMB. Elle sépare donc les déchets non recyclables des biodéchets. Le tri se fait grâce à des bio-réacteurs : de gros tuyaux de 48 m de long dans les quels on dépose les sacs poubelle pleins. Une pale déchire les sacs. On ajoute de l’eau et on brasse l’ensemble pendant deux jours. Ensuite on passe tout au crible, à travers des mailles mais aussi des courants électriques ou des courants magnétiques qui permettant de capter plastiques, alus, métaux etc. Une fois récupérés, ces déchets seront vendus en chaufferie ou en fonderie. Les biodéchets, eux, seront compostés.

Sur le papier, ça à l’air pas mal. Je me rends donc sur place et je visite ce fameux centre de valorisation. Il y en a trois dans la Drôme, à Etoile-sur-Rhône, Beauregard-Baret et Saint-Barthélémy-de-Vals.

Alors déjà, ça sent très mauvais. Même dans la salle où le compost est fabriqué. Le compost que font mes parents au fond de leur jardin, lui, a une bonne odeur de sous-bois. Mais dans un CVO, le compost pue la poubelle, voir la merde. Rien de très engageant. Le guide prend une poignée de compost pour nous le montrer. Je m’approche, et je vois un amas glaiseux d’un brun-gris indéfinissable. Et je vois aussi un coton-tige bleu. Ah, on dirait que le fameux tri mécano-biologique ne reconnaît pas les coton-tige. Eh oui, c’est que les plus petites mailles du filet font 3 cm, largement de quoi laisser passer un coton-tige. Pourtant, le SYTRAD annonce fièrement que -je cite- “le compost est revendu aux agriculteurs locaux pour fertiliser leurs vergers.” Beurk.

Je reviens donc de cette visite avec plus de questions que de réponses, et aucune envie d’encourager la fabrication d’un compost plein de plastique. J’ai donc cherché à en savoir plus sur les CVO.

Des sources en ligne parlent de dépenses colossales pour construire ces chaînes de tri. Celle d’Etoile-sur-Rhône, que j’ai visité, à coûté 18 millions d’euros. Son coût de fonctionnement pour les années qui viennent se compte lui aussi en millions d’euros.

Les sources parlent également d’un compost de mauvaise qualité. Pourtant, j’apprends aussi que ce compost répond à une norme et qu’il est régulièrement testé.

Mais cette histoire de norme ne me suffit pas, je veux en savoir plus.

Les CVO tels que ceux du SYTRAD, c’est un peu la poubelle grise qui entre soudain dans la chaîne alimentaire. Et ça n’est pas du goût de tout le monde.

– La Suisse, l’Allemagne et le Québec ont interdit l’épandage de ce compost sur les cultures. Dans ces trois pays, certains Centres de Valorisation Organique ont été fermés et ceux qui restent servent à stabiliser les matières avant de les brûler ou de les enfouir.

– En France, il y a l’ADEME (l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, c’est un organisme public.) l’ADEME, donc, en 2016, a décidé de ne plus apporter de soutien financier aux CVO qui envisagent de vendre leur compost pour l’agriculture.

– Enfin, certaines sources avancent que le compost produit avec la poubelle grise est impropre aux cultures maraîchères qui nécessiteraient un compost plus fin et de meilleure qualité. Il ne conviendrait qu’aux cultures céréalières destinées au fourrage animal.

Les craintes de l’ADEME et le soupçon de toxicité de ce compost pour la culture des fruits et légumes pointent du doigt une éventuelle nocivité pour notre santé et celle de nos sols.

Allons plus loin. Donc, à part des coton-tige, que trouve-t-on dans un compost issu du tri mécano-biologique ?

Allez, c’est parti pour un inventaire à la Prévert, pas si vert que ça : métaux, médicaments, résidus de pesticides, cendres riches en éléments-traces métalliques(1), polychlorobiphényles (qui sont des produits organiques chlorés utilisés comme isolants électriques), et enfin dioxines. Tout cela se retrouve dans les sols et présente un risque de contamination des plantes cultivées. (1) On ne dit plus « métaux lourds » mais éléments-traces métalliques, ou ETM

Pourtant, ce compost respecte la norme U 44 051, relative aux amendements organiques !

– En effet, en France, la qualification de “compost” est soumise au respect de cette norme. Mais le hic, c’est que les valeurs limites en polluants retenues par la norme ne font pas l’unanimité. Ainsi, la norme autorise jusqu’à 20% de matières non organiques dans le compost. Donc, dans un seau de 5L de compost on pourrait éventuellement trouver jusqu’à 1 litre de plastique, de métal ou de verre.

– Pourtant cette norme est défendue et montrée comme exemplaire. Parce que sur d’autres sujets elle est la plus stricte d’Europe : cuivre, zinc, mercure, plomb, chrome et cadmium sont très limités et surveillés.

– Ah, et pour information, un test de conformité à la norme coûte entre 1200 et 1500€. … mmmm Avec le prix d’un test je pourrais acheter …40 composteurs…ça me laisse rêveuse.

Nous avons donc là une norme soupçonnée de laxisme, mais aussi un système inefficace et coûteux

– Car un centre de tri mécano-biologique ne peut pas fonctionner sans décharge ou incinérateur, car il doit pouvoir évacuer les déchets non traitables ou refusés. Cela représente souvent 40 à 60 % des tonnages qui entrent, selon l’ADEME.

– Dans certains centres de tri, le compost produit n’atteint même pas les critères imposés par la norme. Dans ce cas, il doit être éliminé lui aussi avec les refus. L’ADEME appelle donc les collectivités à se demander si le TMB est vraiment la meilleure solution pour traiter les ordures ménagères.

Après ces recherches, j’arrive à une conclusion absurde :

Selon l’ADEME toujours, un centre de valorisation organique qui fonctionne à la perfection est capable de composter 36% des ordures ménagères. On l’a vu tout à l’heure, c’est le tiers de notre poubelle grise. Or, on l’a vu aussi, elle ne fabrique pas un compost de meilleure qualité que le compost fabriqué ailleurs. Donc on arrive au même résultat qu’avec le compostage individuel : 1/3 de déchets traités, dans le meilleur des cas. Mais il faut y ajouter, le coût et les risques sanitaires et environnementaux.

Mais alors, pourquoi ne pas trier à la source, dans notre cuisine ? Pourquoi faire un travail coûteux, inefficace et dangereux alors qu’on pourrait séparer tout de suite nos déchets, même si l’on n’a pas de jardin pour faire du compost ? D’autant que la loi de transition énergétique votée en 2015 préconise que le service public -je cite- “progresse dans le développement du tri à la source des déchets organiques, jusqu’à sa généralisation pour tous les producteurs de déchets avant 2025, pour que chaque citoyen ait à sa disposition une solution lui permettant de ne pas jeter ses biodéchets dans les ordures ménagères résiduelles,.” On dirait que le SYTRAD fait fausse route avec ses Centres de Valorisation Organique. Et je ne sais toujours pas quoi faire de mes épluchures.

Heureusement, un ver de terre est venu à ma rescousse.

Mon expérience de changement : les ratés, les écueils, les déconvenues

C’est décidé, je vais quand même composter mes déchets verts, même si j’habite en appartement ! Ni une ni deux, je propose à la propriétaire de mon immeuble de poser un composteur dans le petit jardin commun. Refus catégorique. Peur des odeurs et des rats. Je m’engage à gérer ça. Refus de nouveau.

Je propose alors à mes colocataires de fabriquer un lombricomposteur et de le mettre dans la cuisine. Refus catégorique. Dégoût. Des vers dans la cuisine ? Beurk !

Je suis seule avec mon idée et à cours d’arguments.

Et puis je trouve ma solution. J’apprends, qu’il y a un composteur collectif près de chez moi. Il est géré par les habitants de mon quartier. En plus, il est à deux pas d’un petit parc, d’une librairie charmante et d’un bar associatif que j’aime beaucoup.

J’achète alors un joli petit seau avec un couvercle et j’apporte mes épluchures une fois par semaine au composteur collectif. Et je découvre que d’autres solutions existent pour opérer le tri à la source !

La/les solutions enfin trouvée/s : l’astuce, ses inconvénients (pour éviter la langue de bois) et ses avantages

Comme l’a souligné la Commission Européenne -je cite- «Le compostage […] offre les résultats environnementaux et économiques les plus prometteurs pour les biodéchets qui ne peuvent pas être évités. La bonne qualité des matières qui subissent ces processus constitue une condition préalable importante. Dans la majorité des cas, c’est la collecte séparée qui est la plus performante pour assurer cette bonne qualité. Les États membres devraient déployer de sérieux efforts pour mettre en place la collecte séparée.”

Bon, pour les sérieux efforts, on repassera hein. En attendant que les pouvoirs publics se bougent, bougeons-nous ! Donc le plus efficace est de séparer les bio-déchets du reste de la poubelle grise. Pour cela, plusieurs solutions :

– Le compost au fond du jardin : en tas ou dans un composteur

– Le compost collectif en pied d’immeuble ou dans votre quartier

– Le lombricomposteur dans la cuisine

– Pour trouver un composteur de quartier on peut le demander à sa mairie ou le chercher sur le site jeveuxmonbacbio.org. Par exemple, à Crest, il y a un composteur au parc du Bosquet.

– Pour créer un composteur collectif, c’est l’association drômoise Compost et Territoire qui pourra vous aider.

– Pour construire un lombricomposteur, suivez le tuto sur le site de Compost et Territoire.

– Et pour mettre un composteur dans votre jardin, vous pouvez en acheter un auprès de votre mairie ou dans une jardinerie, ou bien le construire vous-même avec des palettes de récup’.

En moyenne, un site de compostage collectif permet de traiter entre 1 et 4 tonnes de biodéchets par an. Et vous aurez un allié de choix pour obtenir un compost de bonne qualité : le ver du fumier. On l’appelle aussi ver rouge, ver tigré, mais son nom officiel c’est Eisenia Fetida. En somme, c’est l’oncle fétide de la famille des vers de terre. Il s’appelle fétide, non pas pour sa proximité avec le fumier, mais parce qu’il produit une substance âcre quand il se sent menacé. Son péché mignon ce sont les matières organiques en décomposition. Son paradis, un composteur sombre et humide.

Sous son air discret c’est une force de la nature : en un an, il peut avoir 500 descendants et en une journée, il mange l’équivalent de son propre poids.

Sa seule faiblesse : il craint la pollution des sols.

Si vous voulez faire connaissance avec Eisenia Fetida, adressez-vous auprès des référents d’un composteur collectif ou inscrivez-vous sur le site plus2vers.fr

Une recommandation (livre, blog, site…)

Je termine en ajoutant quelques mots sur l’association Compost et Territoire. Cette association promeut le compostage de proximité plutôt que le compostage industriel ou municipal. L’adhésion est à 5€ par an. Grâce aux bénévoles de Compost et Territoire, vous pourrez :

– Trouver un composteur près de chez vous

– Obtenir des conseils pour bien composter

– Vous faire aider pour monter un projet de composteur

– Devenir guide ou référent composteur

***

Je vous rappelle la bonne résolution du jour : compostez vos biodéchets pour faire un compost de qualité, et pour y voir plus clair dans votre poubelle !

La prochaine fois, on met le nez dans la poubelle et on déclare la guerre aux pots de yaourt ! Tels des myrmidons déterminés, nous balaierons ces indésirables jusqu’au dernier !

Son :

– Trash Day, par Weird Al Yankovic. Album : Poodle Hat, parodie de Hot in herre, de Nelly – 2003

– Dirty urban beat, par Hightone. Album : Out back – 2011

– Extrait : les décomposeurs (court-métrage Folimage)

Sources :

CVO : loi, normes :

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000031044385&categorieLien=id

http://www.ledauphine.com/drome/2010/02/25/le-centre-de-valorisation-du-sytrad-a-etoile-est-en-cours-de-construction

https://wiki.aurea.eu/index.php/NF_U_44-051

https://www.boutique.afnor.org/norme/nf-u44-051/amendements-organiques-denominations-specifications-et-marquage/article/686933/fa125064

https://www.actu-environnement.com/ae/news/compost_ordures_menageres_norme_NF-U-44-051_7782.php4

http://www.ademe.fr/expertises/dechets/passer-a-laction/tri-pretraitement/traitement-mecano-biologique

https://www.actu-environnement.com/ae/news/norme-dechets-francais-retard-biodechets_10084.php4

http://www.cniid.org/Le-mirage-du-compostage-sur-ordures,239

http://www.cniid.org/Traitement-mecano-biologique,570

http://www.cniid.org/La-gestion-actuelle-des-biodechets-en-France,100

http://www.nord-pas-de-calais.chambre-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/Hauts-de-France/028_Inst-Nord-Pas-de-Calais/Telechargements/Recyclage/fiche2-seuils-reglementaires-fixes-par-les-normes.pdf

https://www.sytrad.fr/files/parcours-des-dechets/les-ordures-menageres.html

http://poubellelavie.org/index.php/2016/04/04/conseil-syndical-du-sytrad-du-03022016/

http://lesvertsbagnolet.over-blog.com/article-le-tmb-a-ne-marche-pas-la-preuve-a-saint-barthelemy-de-vals-en-drome-119649092.html

Tri à la source :

http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A52010DC0235

Compostage :

http://cniid.fr/IMG/pdf/DICO.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ver_du_fumier

http://www.mairie-crest.fr/Nouveau-compost-collectif-a-Crest.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Compostage_(biologie)#cite_note-15

https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/fiche-technique-le-compostage-201511.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Terreau

https://fr.wikipedia.org/wiki/Humus

Pour agir :

http://jeveuxmonbacbio.org/agir/

http://www.compost-territoire.org/

Tuto lombricomposteur : http://www.compost-territoire.org/lombricompostez.html

Notes:

Devenir des OM :

– 21% enfouissement

– 38% combustibles ou enfouissement si aucun acheteur

– 2% métaux

– 26% compost >> Donc 1/3 de la poubelle grise est occupé par les matières compostables

– 13% évaporation naturelle

NB : Le bar associatif c’est le Cause Toujours et la librairie c’est L’oiseau Siffleur, à Valence !

La pesée

Il y a quelques semaines, on m’a suggéré de proposer une émission radio pour parler des déchets. Je me suis donc lancée ! Elle s’appelle Poubelle Chérie et est diffusée puis rediffusée une fois par semaine.

Pour écouter ou réécouter l’émission, sur le site de radio Saint Ferréol :

Cliquez ici

Et voici une transcription, ainsi que les sources qui m’ont permis de l’écrire.

Vous en avez marre de sortir les poubelles ? Alors, on va parler régime. Pas pour vous…mais pour vos poubelles !

Un fait une date, un chiffre

5kg – c’est la quantité de déchets déposée dans les poubelles d’ordures ménagères, par personne et par semaine, en France.

Un constat

A la fin de l’année, vous aurez porté plus de 200kg, rien qu’en portant vos déchets. Une partie de ces déchets seront retraités, à vos frais. L’autre partie sera enfouie sous terre, à vos frais également.

Mon expérience de changement : les ratés, les écueils, les déconvenues

Je ne sais pas vous, mais moi ça ne me tente pas de participer à tout ça. Je me suis demandé comment faire pour limiter ma production de déchets. Je ne savais pas trop par où commencer parce qu’ils sont partout ! Les déchets s’immiscent dans tous les aspects de notre quotidien. Dans notre cuisine, dans nos assiettes, dans notre salle de bain et j’en passe.

Un jour, j’ai lu le livre de Béa Johnson, intitulé Zéro Déchet. Ce livre m’a fichu une bonne claque : cette française vit aux États-Unis avec son mari, leurs deux enfants et leur chien. Et ils ne produisent qu’un bocal de déchets par an. Cet exemple plutôt extrême m’a montré qu’on peut aller plus loin dans la réduction des déchets. Et pour ça, pas besoin de vivre à San Francisco, mon expérience m’a montré que c’est possible en vivant dans la Drôme ou en Ardèche !

La/les solutions enfin trouvée/s : l’astuce, ses inconvénients et ses avantages

Alors, j’ai décidé de traquer mes déchets. De les éliminer avant même qu’ils ne rentrent chez moi. Et ma première arme, la plus fatale de toutes, c’est… un pèse-personne ! Toutes les semaines puis tous les mois depuis 1 an, je pèse ma poubelle. Pourquoi ? Parce que ça me permet de mesurer mes efforts en matière de réduction des déchets. Et croyez-moi, les premiers grammes perdus sont vraiment très motivants !

Et puis je suis allée les voir de plus près ces déchets. J’ai suivi leur chemin depuis ma poubelle jusqu’à la décharge.

En effet, plusieurs fois par an, les décharges et les centres de tri ouvrent leurs portes au public. C’est vraiment l’occasion de réaliser que nos déchets ne disparaissent pas une fois que le camion poubelle est passé. En Drôme-Ardèche, il faut vous rapprocher du Syndicat de traitement des déchets (le SYTRAD) pour visiter les sites de Portes-les-Valence, Etoile-sur-Rhône, Saint-Barthélémy-de-Vals et Beauregard-Baret. Ça n’a rien d’une excursion touristique, ça ressemble plutôt à un face à face dérangeant avec la réalité de ce que nous produisons au quotidien. Mais cette visite vaut vraiment le coup.

Une recommandation (livre, blog, site…)

Pour aller plus loin, je vous suggère aussi de regarder le film “Super Trash” de Martin Esposito. Caméra au poing, il nous emmène dans une décharge près de Cannes et il filme pendant un an le ballet des camions poubelle; avec des gros plans impressionnants sur les ordures déposées dans cette décharge. Ce film fait partie des sources qui m’ont vraiment aidé à agir. L’intégralité du film est disponible sur internet. Et il est possible de le louer ou de l’acheter.

***

Je vous rappelle la bonne résolution du jour : pesez votre poubelle pour mieux la connaître ! La prochaine fois, on essaiera de rendre notre poubelle plus propre et sacrément plus légère grâce au compostage. Vous ne verrez jamais plus les vers de terre comme avant !

Bonne journée et à bientôt !

Son :
– Trash Day, par Weird Al Yankovic. Album : Poodle Hat, parodie de Hot in herre, de Nelly – 2003
– Extrait : Le père Noel est une ordure – 1982
Sources :
http://www.ademe.fr/essentiel-dechets-l
https://www.sytrad.fr/
https://www.filmsdocumentaires.com/films/3176-super-trash

Parfumer le pétrole avec de l’huile de coco : la bonne intention du jour

La bonne intention

L’événement du début de l’été, c’est l’ouverture d’une maison du zéro déchet à Paris, sous Montmartre, par Zero Waste France. Si vous êtes allé vous dorer la pilule à Saint-Machin-les-Bains au lieu de caracoler vers la butte, vous avez peut-être loupé le coche…quoique.

En cette fin d’été, dans une intention louable sans doute, France Inter a donné le micro aux animatrices de ladite maison du zéro déchet. Aux premiers mots, ça semble engageant. Mais les bonnes intentions, comme chacun le sait, c’est l’enfer qu’elles pavent. Un enfer qu’on cache dans nos « centres de valorisation organique » et autres « centres de tri » proprets.

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Ce joli schéma aux couleurs pantone bien choisies vous explique comment, avec votre poubelle de déchets ultimes, on fabrique le terreau qui servira d’engrais au blé que vous mangerez. Deux détails ont été oubliés par l’infographiste : les bâtonnets plastiques de cotons-tiges qui ne sont pas détectés par la machine et qui restent intacts dans le terreau; et l’odeur pestilentielle qui   émane de ce faux compost.          source image : https://www.sytrad.fr/

 Extrait radiophonique :

Pour faire son propre déodorant, par exemple, pas besoin de nombreux ingrédients, quatre suffisent et ils se trouvent facilement dans le commerce : de la fécule de maïs, du bicarbonate, de l’huile de coco et du beurre de karité. Que des produits naturels. Car au-delà de moins polluer, ce qui intéresse les participants c’est que ce soit meilleur pour la santé.

Ex(plic)aspération de texte

C’est le moment où je joue la rabat-joie. Vous pouvez aussi passer au chapitre suivant si vous n’êtes pas d’humeur à partager mon indignation. 

1) L’huile de coco et du beurre de karité. Que des produits naturels : que le terme « naturel » soit galvaudé, d’accord, ça n’est pas nouveau. Que cette phrase sorte de la bouche d’une animatrice zéro déchet, m’agace un tantinet. Le pétrole aussi c’est naturel. Je n’en ferais pas ma lotion du matin pour autant. Faire appel à la nature pour justifier l’utilisation de ces produits, c’est un sophisme. Et c’est à mon sens, indigne des chantres du zéro déchet.

2) Car au-delà de moins polluer : moins polluer quoi au juste ? Oui, en utilisant ces produits on économise clairement d’affreux emballages plastiques. Et on limite les substances polluantes dans la composition des cosmétiques. On pollue donc un peu moins notre sol et nos eaux. Mais il reste, entre autres, la pollution due au transport de l’huile de coco et du beurre de karité depuis l’Asie du sud-est et l’Afrique de l’ouest. Il y a des tonnes d’articles en ligne sur les problématiques du transport maritime mais puisqu’il faut choisir, je vous conseille la lecture toute simple de l’atlas des mers et océans, aux éditions Autrement (pour changer un peu des articles sur le net et faire connaissance avec votre médiathèque).

3) Car au-delà de moins polluer (bis repetita) : moins polluer, ça passe aussi par conditionner les produits dans de grands emballages. Un petit tour chez biocoop suffit pour constater que le conditionnement de l’huile de coco et du beurre de karité est un échec sur ce plan. Sans compter le recyclage des opercules et des pots en verre qui s’ajoute au bilan pas très net de ces deux produits. (le recyclage coûte cher et pollue, je me répète un peu sur ce blog, j’en conviens…) D’ailleurs, la page « cosmétiques » de biocoop nous offre également une perle qui mériterait bien la même ex(plic)aspération de texte : « Moins de pétrole, plus de nature ! » Amen.

3) …ce qui intéresse les participants c’est que ce soit meilleur pour la santé : je pourrais quasiment souscrire à cette affirmation. En effet, réduire mes déchets s’est accompagné d’une prise de conscience concernant ma propre santé. Mais j’essaie de penser à celle des autres aussi. Je n’ai pas encore fouillé ce sujet, mais une brève incursion sur le net semble confirmer mes doutes. Raffinées, les huiles de coco et de karité perdraient de leurs propriétés. Comme le sucre ! Et comme le sucre, il semble que leur production ne soit pas toujours éthique. Alors, bon courage pour celleux qui voudraient séparer le bon grain de l’ivraie. Or, je suis la première à transgresser la règle du « tout local » : j’adore le chocolat et j’en mange presque tous les jours. Je suis donc assez mal placée pour conseiller de ne pas consommer ces produits. Mais je trouve scandaleux qu’ils soient vantés comme des solutions miracles à la prolifération des déchets, quand on constate, en quelques clics seulement, quelles implications ils induisent. Conserver des relations commerciales avec le reste du monde : oui ! Mais avec lucidité, parcimonie et éthique.

On peut aussi faire d’autres choix et/ou assumer qu’on n’est pas parfait mais qu’on cherche des solutions, à tâtons

Ce qui suit n’est pas une apologie du protectionnisme mais juste quelques astuces pour éviter les odeurs de transpiration. Astuces qui tentent – tant bien que mal – de choisir des ingrédients pas trop éloignés, bios ou éthiques, de limiter leur nombre et de les prendre en grands contenants. J’ai testé ces astuces et je vous les conseille. Mais j’espère aussi me garder de l’enthousiasme aveugle des animatrices de la maison du zéro déchet. Car ces alternatives n’ont rien d’une panacée, elles exigent toutes qu’on se pose des questions sur nos habitudes de consommation. Sans relâche !

Pour des aisselles qui sentent bon, ou qui sentent juste vous :

  • HE Lavande vraie (origine France) : étaler 1 goutte sous chaque aisselle après la douche
  • Si vos aisselles sont irritées : HE lavande + huile d’olive (de Tunisie ou d’Espagne si vraiment vous êtes fauchés, ou bien de France si vous êtes un peu moins fauchés). En bouteille d’1 L ou en vrac si vous avez la chance d’avoir un Jean Bouteille pas loin de chez vous.
  • Boire suffisamment d’eau chaque jour
  • Devenir végétarien.ne
  • Se préserver du stress et de la chaleur

Et dans tout cela, ajoutez le dernier ingrédient : la sobriété. Les cosmétiques ne devraient pas être utilisés de façon systématique, mais répondre à des besoins précis et ponctuels. Notre corps, dans de bonnes conditions, est une formidable machine !

Allez, je m’en vais rêver sous les cocotiers.

La webothèque de cet article :

https://www.franceinter.fr/emissions/le-nouveau-monde/le-nouveau-monde-28-aout-2017

https://www.zerowastefrance.org/fr/zero-waste-france

Accueil

http://www.lemonde.fr/festival/article/2017/06/30/la-premiere-maison-du-zero-dechet-ouvre-a-paris_5153533_4415198.html

http://poubellelavie.org/index.php/2017/06/13/inauguration-de-la-maison-zero-dechet-a-paris-le-1er-juillet/

https://www.sytrad.fr/centres-de-valorisation-organique.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sophisme

https://www.autrement.com/ouvrage/atlas-des-mers-et-oceans-andre-louchet-frederic-miotto

http://www.toupie.org/Dictionnaire/Protectionnisme.htm

http://www.jeanbouteille.fr/

La minute foodporn…

La démarche Zéro Déchet, au début c’est pas mal de principes, de recherches, de lectures, de tests, de ratés parfois. Mais une fois que les nouvelles habitudes sont prises, on commence à réellement profiter de ce mode de vie : on se fait plaisir !

Alors ce soir j’ai envie de partager avec vous mon repas de fin de week-end, histoire de détendre tout le monde.

C’est parti !

Entrée

Radis à la croque au sel

Radis achetés sur le marché, sel acheté en vrac. Je mange aussi les radicelles et je garde les fanes.

Plat

Soupe au miso

1 gousse d’ail achetée en vrac sur le marché (sans filet en plastique), 1 cs à soupe d’huile en bouteille de verre, deux carottes achetées sur le marché, 1/2 cc de galanga acheté en vrac chez l’épicier de mon quartier, les fanes des radis, 500 cl d’eau du robinet, 2 cc de miso d’orge fabriqué en France.

Dessert

Yaourt aux pommes rôties

2 cs de yaourt maison sans four et sans yaourtière (la recette ici). 1 pomme achetée sur le marché, coupée en dés et passée à la poêle avec un peu d’eau du robinet. 1 cc de sucre roux acheté en vrac.

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Les déchets non recyclables produits en partie par ce dîner

1 élastique (qui entourait la botte de radis)

1 bouchon (bouteille d’huile) : après de nombreux  repas

1 couvercle (bocal de miso)  : après de nombreux repas

1 pot et son opercule (de yaourt qui a servi de ferment pour mon yaourt, équivalant à 8 pots environ) : j’aurais pu l’éviter en prélevant une cuillère de mon précédent yaourt

Les déchets recyclables produits en partie par ce dîner

1 bouteille en verre (d’huile) : après de nombreux repas

1 bocal (de miso) : après de nombreux repas

Les déchets non recyclables évités

Sacs plastiques proposés par mon maraîcher, tickets de caisse, filet plastique violet dans lequel les aulx sont parfois vendus, bouteille d’huile en plastique, filet ou sachet plastique dans lesquels les carottes sont parfois vendues, petite bouteille type ducros ou sachet plastique dans lesquels les épices sont parfois vendues, bouteille d’eau, pots de yaourt et leur carton, sachet plastique dans lequel les pommes sont parfois vendues, pot de sucre en carton ou plastique.

To do list ZD #5 Les dix médias à consulter pour s’inspirer dans sa réduction des déchets

La littérature, les blogs, les vidéos sur le thème de la réduction des déchets sont très nombreux. Je ne vous livre que ceux qui m’ont vraiment aidée à réduire efficacement mes déchets, sans nuire à mon confort et à mon budget. Il ne s’agit que de sources d’inspiration et non d’injonctions ! Pour être pérenne, la réduction de nos déchets domestiques doit être adaptée à notre mode de vie.

Les livres…

1 ** Zéro Déchet – Béa Johnson

Comment Béa Johnson, son mari, leurs deux ados et leur chien produisent un bocal de déchets par an. Et comment le minimalisme les a aidés dans cette démarche.

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2 ** Ze guide – Jérémie Pichon et Bénédicte Moret

Un guide très rigolo pour se lancer dans l’aventure Zéro Déchet sans se prendre la tête. Pas de culpabilisation dans ce livre, mais beaucoup de bonnes idées !
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3 ** L’art de la simplicité – Dominque Loreau
Des conseils pratiques pour adopter un style de vie minimaliste, et beaucoup de réflexions sur la richesse d’une vie détachée des possessions matérielles.
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4 ** Vers la sobriété heureuse – Pierre Rabhi

Ode à la vie simple et au respect de cette vie, proposée et mise en pratique par Pierre Rabhi. Un livre très inspirant qui valorise tous les activismes, aussi modestes soient-ils.

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Les films…

5 ** Demain – Mélanie Laurent, Cyril Dion

Après le constat alarmant, place aux initiatives en faveur de la protection des ressources et du respect de l’être humain. Un film plein d’optimisme.
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6 ** Super trash – Martin Esposito

Caméra au poing, au milieu d’une décharge. Déchets industriels et ménagers, cadavres humains…tout y passe.
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7 ** Trashed – Candida Brady

Où l’on suit l’acteur Jérémy Iron pour un tour du monde de notre production de déchets et des solutions qui existent et ne demandent qu’à être développées. Un slogan à retenir : No place for Waste.

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Les sites internets/blogs…

8 ** Zero Waste France – https://www.zerowastefrance.org/fr

Le Centre national d’Information Indépendante sur les Déchets, association citoyenne créée en 1997 s’est emparé du concept Zéro Déchet et en à fait son principal sujet de communication depuis 2014. Plein de documents à télécharger, dont le « dico des déchets ».

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9 ** Consoglobe – http://www.consoglobe.com/

Une mine d’infos, d’astuces, d’idées, de données…

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10 ** Rob Greenfield – http://robgreenfield.tv/

Le bien nommé Greenfield multiplie les actions en faveur de la réduction de son empreinte écologique. Un vrai trésor d’inspiration !

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Et terminons cette liste par…

http://poubellelavie.org/

Le blog du collectif qui se développe en Drôme-Ardèche !

POUBELLE LA VIE

To do list ZD #4 Les dix bonnes adresses pour faire des courses (presque) zéro déchet à Valence

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Maintenant que vous êtes équipés pour des courses sans déchet, il est temps de vous rendre chez les commerçants de Valence avec vos propres contenants.

Je vous propose ici un petit carnet d’adresse, qui sera remis à jour si besoin. Ce ne sont que des suggestions, il faut naturellement faire en fonction de vos moyens, de votre temps…

Vous constaterez que j’exclue de ma liste la grande distribution. C’est un choix délibéré. Pour de multiples raisons, l’offre des grandes enseignes n’est pas adapté au mode de vie zéro déchet : produits suremballés, lointains, parfois superflus.  Les produits des adresses que je vous propose sont en général : locaux, de saison, bios, éthiques, sains et pas plus chers qu’en grande distribution.

1 Les marchés de Valence et alentours (privilégier les producteurs locaux) : fruits, légumes, viande, poisson, fromage, pain, lait, crèmerie…

  • Lundi : place Danton
  • Mardi : place de l’Europe, place Saint Jean (sous les Halles)
  • Mercredi : place de la Paix, place Marcel Champion (Valensolles)
  • Jeudi : place des Clercs, rue Marx Dormoy, place des Aravis (MPT du Plan) et mail Gérard Philipe (Chamberlière)
  • Vendredi : place Faventines et avenue G. Clemenceau (Polygone)
  • Samedi : place des Clercs, place de l’Europe (de 13 h à 17 h)
  • Dimanche : Bourg-les-Valence

2 Les coopératives de producteurs locaux : fruits, légumes, viande, poisson, fromage, pain, lait, crèmerie…

  • La ferme Maubourg : 70 avenue de Romans 26000 Valence
  • La musette de Valentine : passage René Berthoin 26500 Bourg-les-Valence
    • La musette vend du lait en vrac !

3  Les distributeurs automatiques de lait

  • Gaec Vigne – Les Rousses 26300 Charpey
  • Gaec Les Pins – 07130 Toulaud

4  Les commerçants du centre ville pour acheter local et/ou éthique

  • Artisans du monde – 1 place du Temple 26000 Valence
  • La boutique éthique – 10 grande rue 26000 Valence
    • La boutique éthique vend les articles en cuir de la marque Made in Romans !

5  Les épiceries bio : épicerie en vrac

  • Biocoop – 333 avenue Victor Hugo 26000 Valence
  • Nature et santé – 442 route de Chabeuil 26000 Valence
  • Nature et santé – 46 rue des Alpes 26000 Valence
  • L’eau Vive – 1 allée du Long 26500 Bourg-les-Valence

6 Les maisons de thé et de café qui le vendent en vrac

  • Chanomi – 1 rue Championnet 26000 Valence
  • Pivard – 7 rue de l’Université 26000 Valence

7 Les brasseries artisanales

  • Elles sont extrêmement nombreuses en Drôme-Ardèche : faites-nous part de vos préférées et nous les listerons ici !
  • Pleine LuneLes Gouvernaux 26120 Chabeuil
  • La Grange du Seigneur455 chemin de la grange du seigneur 07440 Champis
  • La Renarderue de la Rouberte 07700 Saint-Remèze

8 Les friperies

  • Au petit bonheur – 3 rue Vernoux 26000 Valence
  • Troc time – Place juiverie 26000 Valence
  • Carioca – 25 grande rue 26000 Valence

9 Les librairies et papeteries indépendantes 

  • Parce que la commande de livres ou de papeterie par internet génère beaucoup de déchets et que les libraires indépendants vous offriront d’excellents conseils pour vous guider dans vos choix.
  • L’étincelle – 27 rue du général Farre 26000 Valence
  • L’oiseau siffleur – 7 grande rue 26000 Valence
  • Notre temps – 30 grande rue 26000 Valence

10 Les commerçants / producteurs du réseau Bel Monnaie

  • La monnaie locale drômoise, vous connaissez ? Rendez-vous ICI pour tout savoir et connaître les professionnels qui sont partenaires

Cette liste est loin d’être exhaustive ! Donc si vous avez des ajouts ou modifications à y apporter n’hésitez pas à me faire vos suggestions grâce au formulaire de contact des Trois Maisons !

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Des forêts ou des supermarchés, c’est à vous de décider !

Save the date ! Jeudi, tous au Cause Toujours !

La démarche de Christine 

Dans la Drôme, la démarche Zéro Déchet fait des émules. C’est le cas de Christine qui s’est lancée depuis deux ans dans la réduction de ses déchets. Elle en parle dans son blog:

http://reduire.canalblog.com/

Son témoignage, plein de bon sens, sans dogmatisme ni culpabilisation m’a beaucoup inspirée. Et étant drômoise également, nous avons pu échanger quelques astuces ou bonnes adresses près de chez nous.

Une histoire de yaourt

C’est notamment grâce à Christine que j’ai trouvé du lait en vrac ailleurs qu’à la ferme du Valentin. Elle m’a indiqué deux distributeurs automatiques (l’un à Toulaud, l’autre à Charpey pour ceux qui sont du coin). C’est en partie grâce à elle que je peux fabriquer mon propre yaourt, source d’une grande satisfaction personnelle (oui, je me satisfait de peu) et surtout un soulagement pour ma poubelle. Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous conseille d’ailleurs d’adopter ma technique pour la fabrication du yaourt; technique qui vous demandera un équipement très pointu : un bocal et un bonnet !

Mais revenons à la démarche de Christine 

Elle vous dira tout jeudi, lors d’une causerie dans un des endroits très chouettes que j’affectionne à Valence : le café associatif, le Cause Toujours. Le café organise régulièrement de plaisantes causeries, où chacun vient avec ses questions, ses propositions et où l’échange se fait dans le respect et autour d’une des nombreuses douceurs que propose le café.

On récapitule

Causerie « Réduire votre empreinte sur l’environnement par la réduction des déchets », au Cause Toujours (8 rue Gaston Rey 26000 Valence – 09 73 11 85 75)

Jeudi 5 janvier 2017 à 19h

(et non pas 19h30 comme indiqué sur le programme!)

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Des idées pour un Noël sans déchets

Cet article arrive un peu tard, j’en conviens ! Ceux qui me côtoient savent déjà que j’ai décroché un nouveau job, qui a pas mal bouleversé mon planning zéro déchet. Mais qui reste dans le thème puisque c’est dans une ressourcerie que je vais m’investir defaçon un peu plus pro.

Allez, sans plus attendre, je vous propose en vrac les idées auxquelles je pense, pour un Noël respectueux de nos trois maisons : notre corps, notre logement et notre planète.

Des idées comme cela il y en a des centaines que vous pouvez trouver sur internet. Ici, je vous donne juste un peu d’inspiration !

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Les incontournables cadeaux de Noël

Incontournables ? Vraiment ? Et si vous limitiez leur nombre cette année ? Pour limiter votre impact, pour les acheter de meilleure qualité et pour que vos proches en profitent vraiment. Voici tout de même quelques idées : il y en a pour tous les budgets. J’ai déjà essayé la plupart avec succès.

  • 1 panier garni de produits alimentaires ou cosmétiques locaux
  • 1 panier garni de produits alimentaires ou cosmétiques faits maison
  • Des livres sur le sujet de la réduction des déchets si vous sentez que vos proches sont dans l’attente de conseils : rendez-vous dans la Médiathèque si vous ne savez pas quoi acheter
  • Des cosmétiques éco-responsables : j’en ai testé quelques uns de la marque Pachamamai
  • Une gourde Qwetsch en inox
  • Un vêtement éthique
  • Une série DVD achetée d’occasion ou téléchargée : offrez-la sur clé USB dans une jolie boîte faite maison
  • De la musique sur une clé USB
  • Un bon pour : un spectacle, un concert, un soin, un ciné, un restau, un we (organisé par vos soins)…
  • Un kit zéro déchet : lingettes, sacs à vrac…
  • Un objet convoité, d’occasion : la Bon Coin est votre ami ! Notez que les enfants ne seront pas fâchés d’avoir un jouet d’occasion si vous leur expliquez votre choix et si vous donnez toute votre créativité dans l’emballage du cadeau 😉

Pour emballer tout ça ?

Vous n’en n’avez pas marre de la montagne de papier cadeau kitch après la passage du gros bonhomme rouge ? D’autres jolies solutions existent !

  • Utiliser des matériaux de récup’ : jolis papiers cadeaux, jolis emballages (papier de soie des chaussures par exemple), jolis tissus récupérés, belles images dans les revues…
  • Tester la méthode furoshiki 

On passe à table ?

Là encore, si on choisissait moins mais mieux ? Le repas sera-t-il plus convivial si vous prévoyez à manger pour 20 alors que vous êtes 5 ?

  • Planifiez vos repas de fêtes à l’avance
  • Faites une liste de courses et respectez-la
  • Fuyez les supermarchés et leurs montagnes de produits en promo et couverts de paillettes
  • Allez plutôt faire le marché, rencontrez vos producteurs locaux, découvrez votre coopérative de producteurs, votre AMAP, votre Ruche qui dit Oui : c’est le moment de faire le plein de bon produits de chez vous
  • Prenez le temps de faire un maximum de plats vous-même : vous régalerez vos convives, vous serez fièr-e de vous et vos repas seront sans doute plus sains
  • Et pourquoi ne pas réduire un peu les produits d’origine animale ? Les produits animaux ont un impact négatif sur la santé de notre planète et de nos corps.Vous manquez d’inspiration ? Moi en ce moment j’aime assez le blog de Mélanie : Le cul de poule

C’est jouable, non ?

« Je t’affiche! »#2 – Distribution de fessées et de bisous.

Voilà le numéro 2 de la nouvelle série que je vous propose sur le blog des Trois Maisons. L’idée est de rendre hommage aux Zorro du Zéro Déchet…et de coller une tarte aux grandes enseignes qui auraient les moyens de faire des efforts aussi mais qui n’en font pas!

Un bisou à Dorothée qui a proposé ses propres contenants à son boucher. La démarche n’est pas toujours facile. En effet, les commerçants sont parfois déroutés par cette pratique. Si vous rencontrez des résistances : affichez un air sûr de vous et dégainez votre plus beau sourire !

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Une fessée aux gros crados de la zone commerciale de la Laye à Saint-Marcel-les-Valence ! Non aux produits sur-emballés, et non aux dépôts d’ordures sauvages ! #cultura #casa #tati

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Vous souhaitez encourager la réduction des déchets ? Envoyez moi une photo de vos astuces zéro déchet ou bien des déchets que vous croisez, avec si possible le nom de la grande enseigne qui les a produit et vendu. Indiquez-moi si vous souhaitez rester anonyme ou si je peux publier votre prénom.

Merci à tous les Zorro du Zéro déchet ! 

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« Je t’affiche! »#1 – Distribution de fessées et de bisous.

Depuis que je me suis lancée dans la démarche zéro déchet, je reçois des messages d’une nature un peu particulière. En effet, mes proches me font part de leurs progrès dans la réduction de leurs déchets, photos à l’appui. Ces messages me font tellement plaisir et me donnent tellement d’espoir pour notre petite planète que j’ai envie de rendre hommage à leurs efforts…et de coller une tarte aux grandes enseignes qui auraient les moyens d’en faire aussi mais qui n’en font pas !

Je tente donc l’instauration d’une nouvelle série sur ce blog  :

« Je t’affiche ! » 

On commence ?

Un bisou à V. qui a décidé de retourner le courrier non-sollicité aux envoyeurs ! Refuser ce courrier superflu c’est refuser le gaspillage de nos ressources et le matraquage publicitaire.

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Une fessée aux grandes enseignes du quartier de Laye à Saint-Marcel-les-Valence. Non merci aux biens de consommation sur-emballés !  #Arteis #Castorama #Babou

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Vous souhaitez encourager la réduction des déchets ? Envoyez moi une photo de vos astuces zéro déchet ou bien des déchets que vous croisez, avec si possible le nom de la grande enseigne qui les a produit et vendu. Indiquez-moi si vous souhaitez rester anonyme ou si je peux publier votre prénom.

Merci à tous les Zorro du Zéro déchet ! 

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To do list ZD #3 Les dix indipensables pour des courses Zéro Déchet

C’est reparti pour un nouveau challenge : faire des courses zéro déchet !  

Pour cela il va falloir chercher dans vos placards et trouver des alternatives aux sacs en plastique notamment. En effet, même si la loi interdit maintenant la distribution gratuite des sacs de caisse en plastique fin, d’autres sacs du même type sont encore autorisés au moins jusqu’au 1er janvier 2017.

Les effets néfastes des sacs en plastique sur notre santé et celle de la planète n’est plus à démontrer, mais si vous souhaitez faire le point, je vous recommande la lecture de ce petit dossier : ICI

Par ailleurs, lorsque l’on fait ses courses, d’autres emballages inutiles peuvent être évités : barquettes en polystyrène, barquettes en plastique, emballage papier autour du pain, boîtes en carton pour les pâtisseries…

Tous ces déchets sont évitables !

Chacune de mes propositions est adaptable à vos moyens et aux ustensiles que vous possédez déjà chez vous.

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1 **Un grand sac réutilisable, un panier ou encore un sac à dos

2 ** Au moins cinq sacs à vrac en tissu

  • A coudre soi-même ou bien à acheter tout faits, chez Biocoop par exemple
  • Pour les fruits, légumes, pâtes, riz, légumineuses, sel, gâteaux secs, fruits secs…

3 ** La boîte à œuf de vos dernière courses

  • Pour les œufs en vrac (que l’on trouve surtout dans les coopératives de producteurs et les boutiques bio)

4 **Une boîte en inox (ou en plastique si vous en avez déjà)

  • L’inox et le plastique sont légers à transporter, donc bien pratiques pour les courses. On peut trouver des boîtes de ce type sur le Bon Coin, chez Emmaüs… ou bien s’en procurer ici : www.sans-bpa.com
  • Pour la viande, le fromage à la coupe

5 ** Un ou deux vraps lavables

  • Cette alternative est assez onéreuse mais plutôt pratique. On peut trouver des vraps lavables ici par exemple : http://rolleat.com/shop-online-reusable-food-transportation-products/
  •  Pour la viande et le fromage à la coupe

6 ** Une bouteille en verre 

  • Pour le lait cru en vrac de la ferme ou de la coopérative de producteurs

7** Plusieurs bocaux en verre

  • Très pratiques, ces bocaux permettent une bonne conservation des produits que vous achèterez en vrac, dans vos placards, au frigo ou au congélateur. Si vous choisissez de faire directement vos courses avec, demandez au commerçant de faire la tare.
  • Pour la farine, le sucre, les cornichons…

8 **Le sachet de thé ou de café en vrac de vos dernières courses

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9 ** Un sac à pain : une ancienne taie d’oreiller ou un sac à vrac feront l’affaire !

  • Surtout utile lorsque l’on fait trancher son pain
  • Refusez la feuille de papier qui entoure le pain chez le boulanger : le recyclage aussi pollue et coûte cher

10 ** La liste de courses

  • Parce que réduire ses déchets passe par une meilleure organisation de ses courses. La liste permet de ne pas succomber aux achats impulsifs et de prévoir à l’avance les contenants qu’il faudra pour éviter les emballages.

Faire ses courses en réduisant ses déchets implique de changer ses habitudes. La grande distribution par exemple, n’a pas encore adapté ses pratiques à ce nouveau mode de vie. Ainsi, si vous souhaitez que votre démarche soit encouragée, privilégiez le marché, la coopérative de producteur, la boutique bio, la ferme…Vous trouverez les bonnes adresses à Valence et alentours dans la prochaine to do list !

Par ailleurs, n’ayez pas peur de présenter vos contenants aux commerçants. En restant diplomate, la plupart du temps, vous n’essuierez pas de refus. Et si c’est le cas, ne soyez pas démoralisé-e et concentrez vos efforts sur un autre déchet à éviter.

Chaque geste compte, même le plus petit.
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Des forêts plutôt que des décharges, c’est à vous de décider !

Il n’y a pas que le beaujolais nouveau dans la vie…

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…il y a aussi la 

Semaine Européenne de Réduction des Déchets.

(restez encore un peu, ça n’est pas si ch*ant que ça en a l’air)

Et ça commence ce samedi 19 novembre. Cette initiative a pour objectif  « de sensibiliser tout un chacun à la nécessité de réduire la quantité de déchets générée et de donner des clés pour agir au quotidien aussi bien à la maison, au bureau ou à l’école, en faisant ses achats ou même en bricolant. » Vous trouverez le programme national ICI.

Si vous habitez Valence, venez avec moi, on va faire la tournée des… déchetteries ! Avec des escales « beaujolais nouveau », pourquoi pas ! Pour commencer, je vous ai concocté une causerie ce samedi et puis j’ai repéré d’autres événements auxquels j’aimerai assister. Pour ceux qui ne se déroulent pas à Valence, on peut covoiturer.

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Prêts ? A vos agendas !

  • Samedi 19 : Apéro / causerie au Valence Atelier Libre / 13bis rue Montplaisir 26000 Valence / 10h-12h 

Je vous propose un apéro au VAL pour vous parler de mon engagement dans le mouvement Zéro Déchet. Chacun peut apporter un petit quelque chose à grignoter ou à boire pour accompagner la discussion (végétalien si possible afin que tout le monde puisse se régaler). Faisons de cette matinée un moment de partage d’idées ou de questions sur la réduction de nos déchets ultimes. Pour ceux que cela intéresse, l’atelier peut être précédé d’un tour au marché du centre ville, où nous pouvons trouver de bonnes choses pour l’apéro.

Inscriptions et informations : maudmorel@outlook.com

  • Mardi 22 : Visite guidée de la déchetterie de Romans-sur-Isère par une valoriste du réseau Nouvelle R  / Avenue de la Déportation 26100 Romans-sur-Isère / 14h-17h

Présence d’une valoriste de Nouvelle R afin d’expliquer le fonctionnement du conteneur réemploi : objets concernés, réutilisation des objets par des associations locales, définition d’une ressourcerie…

  • Mardi 22 également : Echanges et discussions sur le compostage collectif et le gaspillage alimentaire, animés par l’association Compost et Territoire / Place Saint Jean 26000 Valence / 16h-19h

Le mardi soir c’est aussi le jour du marché de producteurs des halles Saint Jean. Venez avec votre panier à provisions et vos sacs en tissu !

  • Mercredi 23 : Visite du centre de tri du SYTRAD (SYndicat de TRaitement des déchets Ardèche Drôme) et présentation sur l’éco-consommation / 7, rue Louis Armand 26800 Portes-lès-Valence / 10h

Inscription obligatoire: – par internet: http://pie.dromenet.org – rubrique agendas évènements – par téléphone: 04 75 79 04 47 – par mail: mm@dromenet.org (RDV à 10h00)

  • Vendredi 25 : Visite de la déchetterie de Bourg-de-Péage par une valoriste du réseau Nouvelle R / La Maladière 26300 Bourg-de-Péage / 9h-12h

Présence d’une valoriste de Nouvelle R afin d’expliquer le fonctionnement du conteneur réemploi : objets concernés, réutilisation des objets par des associations locales, définition d’une ressourcerie…

  • Dimanche 27 : on termine la semaine en s’amusant ! Jeux et stands sur la prévention des déchets / Esplanade de la Mairie 26120 Montelier / toute la journée

Stand de sensibilisation à la réduction des déchets, animations et jeux sur le compostage, le réemploi, le non gaspillage alimentaire, le tri des déchets … En collaboration avec le SYTRAD.

Il y a beaucoup d’autres événements, n’hésitez pas à feuilleter le programme.

Alors, vous venez avec moi ?

 

Les dix conseils de Jeremy Irons pour réduire nos déchets

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Informer le politique sur le problème des déchets…

Ce 16 novembre, sort en salles le film Trashed où l’on verra Jeremy Irons parcourir le monde afin d’observer les impacts de notre production de déchets : impacts environnementaux mais également sociaux et sanitaires.

Malheureusement, je n’ai pas trouvé de salle drômoise qui le projette. Mais vous pouvez le regarder au chaud dans votre canapé :

  • En le louant pour trois jours et 2€
  • En l’achetant pour 3.99€
  • Depuis le site du film : http://www.trashedfilm.com/purchase/

Trashed est sorti aux Etats-Unis et a été présenté au Festival de Cannes en 2012 puis il a été projeté dans plusieurs parlements ou assemblées (notamment à l’Assemblée Nationale). En effet, le film propose comme solution l’exemple de la ville de San Francisco, pionnière en matière de recyclage et de diminution de ses déchets. L’idée étant que les alternatives doivent venir du politique. Mais à priori, le message n’est pas vraiment passé. (A moins que j’aie loupé une loi radicale passée au 49.3 sur la réduction des déchets en France…on dirait une blague carambar)

…et se dire que les citoyens ont aussi un rôle à jouer.

Je n’ai pas encore vu le film mais j’ai déjà envie de vous en parler parce que le site internet consacré au film propose 10 astuces simples pour réduire ses déchets. Vous êtes prêts ? On y va !

  • 1 – Utiliser une brosse à dent écolo !
    • Jeremy nous propose les brosses à dent en bambou, en effet, elles sont entièrement compostables. Mais pour nous Européens, je ne pense pas que ce soit la solution parfaite : elles sont plutôt chère (7.50€ la brosse) et sauf erreur de ma part, fabriquées en Chine. Pour ma part j’utilise les brosses à tête changeable Monte Bianco que l’on trouve en boutique Bio. Elles ne sont pas zéro déchet mais sont fabriquées en Allemagne; là, à chacun de voir ses priorités. Mais si vous voulez une étude complète sur les brosses à dent respectueuses de l’environnement, je vous recommande la lecture de l’article de Natasha du blog Echos Verts : vous saurez vraiment tout en cliquant ICI.
  • 2 – Acheter son thé en vrac, parce que les sachets ne sont pas complètement biodégradables
    • A Valence vous pouvez vous en procurer à la boutique Pivard (place des Clercs), chez Biocoop (avenue Victor Hugo), à la boutique de la ferme Maubourg (en face du Pathé).
    • A Dijon vous en trouverez au Comptoir des Colonies (place François Rude)
    • Au Puy-en-Velay, vous en trouverez chez Agapi (rue Saint Gilles)
  • 3 – Acheter sa nourriture sur le marché ou aux coopératives de producteurs
    • A Valence, ça tombe bien le marché c’est en ce moment ! (tous les samedis matins), et il y a la Ferme Maubourg (en face du Pathé)
    • A Bourg-les-Valence il y a le marché du dimanche matin et la Musette de Valentine (passage René Berthoin)
  • 4 – Ne pas jeter son mégot par terre (et encore moins dans les égouts)
    • En ayant toujours sur soi un cendrier portable, une petite pochette étanche…
  • 5 – Rejoindre un groupe de nettoyage des plages
  • 6 – Utiliser des sacs réutilisables
    • Cabas, paniers, totebag, sac à dos…je ne vous fais pas un dessin. (nb la loi récente n’a pas encore fait disparaître ces indésirables)
  • 7 – Etre créatif-ve avec les papiers d’emballage : NB c’est bientôt Noël…
    • En trouvant plein d’idées de jolis papiers recyclables  ICI
    • En vous mettant au furoshiki, car le recyclage coûte cher et polue, alors autant que vos emballages de cadeaux soient réutilisables : c’est par LA
  • 8 – « Inspire people by making changes yourself and hopefully they will follow! » / Inspirez les gens en faisant vous même des changement, et sans doute qu’ils suivront!
    • En bloguant par exemple ? 😉
    • Ecrire cette phrase sur son frigo : pour moi, c’est fait !
    • Dans le même ordre d’idée, Gandhi a dit : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » !
  • 9 – Utilisez des couches lavables
    • N’ayant pas de bébé, j’aurais du mal à vous conseiller sur ce point. Mais internet vous dira tout ! Et si vous trouvez cela trop contraignant, ne culpabilisez pas. La démarche zéro déchet vous donnera un million d’autres occasion de faire des efforts.
  • 10 – N’achetez plus de bouteille en plastique
    • En adoptant une bouteille en verre ou en inox que j’achète en boutique bio ou en magasin de sport (chez Nature et Santé par exemple)
    • En s’informant sur la qualité de l’eau à Valence

Merci Jeremy !

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Jeremy Irons en croisade contre nos déchets 🙂

source

La webothèque de cet article : 

www.trashedfilm.com

www.amazon.co.uk/Wooden-Toothbrush-With-Natural-Bristles/dp/B005ZW078I

www.satoriz.fr/infos-produits/les-brosses-a-dents-monte-bianco/

www.echosverts.com/2014/09/15/zoom-sur-les-brosses-a-dents-ecolo/

www.facebook.com/PokeDechetsGo/

www.custompaper.com/paper.html

www.furoshikiecoconcept.wordpress.com/comment-plier-mon-furoshiki/

 

Le retour de courrier non souhaité, parfois, ça fonctionne !

telechargementsource

Mon autocollant STOP PUB est habituellement efficace. Malgré tout, comme je vous le racontais dans un précédent article, il arrive que je reçoive encore des courriers publicitaires non souhaités. Plusieurs raisons expliquent cela :

  • L’autocollant STOP PUB est seulement incitatif mais pas du tout injonctif sur le plan légal
  • Toutes les filiales de La Poste peuvent utiliser les pass d’immeubles
  • Les adresses d’entreprises sont, par définition faciles à trouver

En effet, étant à mon compte, je reçois assez régulièrement du courrier publicitaire destiné aux professionnels. Ce courrier m’est donc « personnellement » adressé.

Récemment, c’est Nespresso qui m’a fait part de ses offres fabuleuses, à l’aide d’un livret en papier glacé, sous blister non recyclable de surcroît. Je n’ai pas eu envie de consacrer du temps à les appeler. J’ai donc rayé mes noms et adresse au stylo, et déposé le courrier sous blister dans une boîte aux lettres.

Alors oui, j’ai ajouté un courrier dans la tournée du facteur du boulevard Pasteur à Paris où siège Nespresso, et j’ai encouragé un transport polluant. N’empêche que le retour à l’envoyeur fait partie des solutions pour dire non à ces courriers qui :

  • encombrent nos poubelles
  • coûtent de l’argent à notre collectivité
  • polluent par leur production, leur acheminement, leur recyclage

Si je vous en parle, c’est que Nespresso m’a fait parvenir un accusé de réception, emballé dans une belle enveloppe en papier cette fois-ci. C’est la preuve que parfois, quand on demande, on obtient ! 

nespresso

Prêts à dire non même si c’est Georges qui vous le demande ? 🙂

 

To do list ZD #2 Les dix objets à refuser pour limiter sa production de déchets

Voilà un mois que je vous ai proposé la première to do list pour se lancer dans l’aventure zéro déchet à Valence ! Avez-vous relevé le défi ? Quelles sont vos impressions ?

Aujourd’hui, voici d’autres astuces pour continuer à réduire vos déchets. Pour les mettre en pratique il faudra vous entraîner à refuser poliment, à dire non sans gêne.

 Alors même si vos refus sont mal compris ou mal perçus, rappelez-vous que dire non aux déchets c’est dire oui à une vie meilleure : plus saine, plus durable, plus humaine.

Ainsi, ce mois-ci je vous propose de traquer le déchet qui, insidieusement se glisse dans votre poubelle, sans que vous l’ayez toujours choisi.

Prêts ? Feu, partez !

1 ** Je refuse les sacs en plastique (et oui, il en reste encore !) : chez les amis, en balade, en courses, au jardin…

  • Je pense à prendre mon panier, un sac en tissu ou en papier et/ou j’en laisse toujours un dans le coffre de la voiture ou la sacoche de mon vélo

Economies pour ma poubelle : plastique
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

2 ** Je refuse les tickets de caisse (sauf si je pense devoir échanger mon achat)

  • Je trouve une autre façon de faire mes comptes (tenir un carnet de dépenses par exemple)

  • Je dis non aux achats impulsifs. Je réfléchis à mes achats (utilité coût, impact environnemental…)

Economies pour ma poubelle : papiers pas toujours recyclables
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

3 ** Je refuse les papiers alimentaires (au rayon fromage, boucherie ou pour les viennoiseries par exemple)

  • Je demande à être servi.e dans mon propre contenant : boîte type tupperware, bocal, torchon, emballages réutilisables, sac en tissu…

>> Cette démarche n’est pas toujours acceptée dans les supermarchés. Cependant, sachez qu’aucune loi n’interdit aux commerçants de vous servir dans vos propres contenants. Mais, pour éviter les refus (et manger plus sainement), il est préférable de vous tourner vers votre marché, vos coopératives de producteurs ou vos boutiques bio : ces commerçants sont généralement plus ouverts aux démarches alternatives que dans la grande distribution.

Economies pour ma poubelle : papier, plastique d’emballage
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

4 ** Je refuse les objets promotionnels

  • Ils flattent notre penchant pour l’accumulation mais se retrouveront tôt ou tard dans votre poubelle ! N’encouragez pas la production des ces objets publicitaires qui ont un très court cycle de vie et encombrent votre intérieur : stylos, casquettes, mugs, porte-clés…

Economies pour ma poubelle : plastique et autres matières non recyclables
Economie pour mon budget : refusez d’être la cible des publicitaires !
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

5 ** Je refuse les flyers et dépliants papier

  • Jetez un rapide coup d’œil et si l’information vous intéresse et que vous avez un smartphone : prenez le document en photo et rendez-le

  •  Si l’information ne vous intéresse pas : refusez poliment

Economies pour ma poubelle : papiers pas toujours recyclables
Economies pour mon budget : refusez d’être la cible des publicitaires !
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

6 ** Je refuse les porte-documents en papier lorsque je signe un contrat

  • A la banque ou chez votre assureur il vous est sans doute déjà arrivé de voir votre contrat soigneusement rangé dans un porte-document : il finira souvent à la poubelle. Voyez chez vous si vous avez déjà de quoi le ranger !

Economies pour ma poubelle : plastique, papier
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

7** Je refuse les porte-carte, porte-chéquier en plastique

  • Ces objets sont pratiques certes mais avant tout publicitaires : voyez si votre carte et votre chéquier trouvent leur place dans votre sac.

  • Si vous êtes bricoleur.se ou couturier.ère, lancez-vous !

  • Si vous avez quand même besoin de ces accessoires : pensez local et responsable.

Economies pour ma poubelle : plastiques non recyclables
Economie pour mon budget : refusez d’être la cible des publicitaires !
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

8 **Je refuse les cartes de fidélité

  • Il y a plusieurs raisons pour refuser (ou accepter) une carte de fidélité : Est-ce simplement une action commerciale ou bien un vrai avantage pour vous ? La carte en elle-même est-elle en carton ou en plastique ?

  • Si l’offre de votre commerçant est intéressante pour vous et que les points sont crédités sur un fichier informatique, demandez à en bénéficier sans prendre la carte en elle-même, vous donnerez simplement votre nom à chacun de vos achats.

Economies pour ma poubelle : plastique non recyclable
Economies pour mon budget : refusez d’être la cible des publicitaires !
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

9 ** Les imprimés publicitaires et les courriers publicitaires non sollicités

  • On rejoint le conseil numéro 1 de la to do list précédente mais c’est vraiment un geste essentiel pour commencer à dire non aux déchets :

    • Je me procure un autocollant stop pub à l’accueil de la mairie de Valence, du lundi au vendredi de 8 h à 18 h
      et le samedi de 8 h 30 à 12 h

    • Je le télécharge et je l’imprime moi-même en cliquant ICI

Economies pour ma poubelle : papier et carton
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

10 ** Je refuse les cartes de visite

  • Il paraît anodin ce petit bout de carton, et en plus il est recyclable ! Mais imaginez-le multiplié à des millions d’exemplaires… Comme pour les flyer : prenez-la en photo ou notez quelque part les éléments intéressant

  • Rappelez-vous que bien souvent, si un professionnel vous donne sa carte c’est que vous avez pu le rencontrer en vrai : c’est donc que vous avez probablement déjà ses coordonnées

Economies pour ma poubelle : papier
Economies pour mon budget : refusez (encore) d’être la cible des publicitaires !
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

Alors prêts à relever ces petits défis ? Surtout, pas de panique, chacun doit adapter sa démarche à ses besoins, envies, moyens… Chaque situation est différente.

Chaque geste compte, même le plus petit.

A vos agendas ! Une soirée pour commencer à réduire nos déchets.

 

L’association valentinoise Passerelle Nature organise une soirée intitulée :

« Les déchets : idées, trucs et astuces pour s’en libérer »

Chacun.e est invité à venir partager ses idées, astuces et bonnes pratiques en vue de la réduction des déchets domestiques. Un atelier sera également proposé pour apprendre à confectionner soi-même son déodorant; et ainsi, économiser de nombreux déchets tout en préservant sa santé.

Alors, pour commencer dès maintenant à prendre soin votre planète, de votre santé et de votre porte-monnaie, rendez-vous :

Jeudi 20 octobre

De 19h30 à 22 h

A la MJC du Grand Charran

61 avenue du Grand Charran 26 000 Valence

Pour contacter Passerelle Nature : 

06 81 46 32 62 – contact@passerellenature.fr 

A priori il n’est pas nécessaire de réserver. Par contre, il est souhaitable d’apporter un petit récipient pour pouvoir emporter son déo maison.

>L’événement sur facebook : c’est par ICI

>L’agenda de Passerelle Nature pour y trouver d’autres événements intéressants : c’est par LA

Trier ses déchets de médicaments

Il y a trois mois, l »un de mes chats est tombé gravement malade et a dû subir un traitement médicamenteux prolongé, absorbant jusqu’à 10 comprimés par jour… Pour moi-même, ma famille et mes animaux, j’essaie en général de réduire l’usage des médicaments au strict minimum; et régulièrement j’épure notre boîte à pharmacie. Mais sur ce coup là, à priori, il n’y avait pas d’autres solutions qu’un traitement vétérinaire conventionnel.

Séquence émotion… aujourd’hui mon chat est sauvé 🙂

Mais bonjour la montagne de déchets produits ! Heureusement, la plupart sont recyclables. C’est ce que nous allons voir dans cet article.

Quelques bons réflexes pour limiter l’apport de déchets pharmaceutiques chez vous

– Ne pas négliger l’automédication pour les petits maux saisonniers : avant de courir à la pharmacie, essayez le repos, les tisanes, les huiles essentielles (attention cependant, leur utilisation n’est pas anodine), les massages…

– Ne pas hésiter à recalculer les comprimés prescrits et ceux que le pharmacien va vous vendre : par exemple, il me fallait 5 plaquettes pour finir le traitement de mon chat. Or je sais qu’une semaine avant la fin de son traitement, nous retournerons chez le vétérinaire pour une visite de contrôle. Je n’ai donc acheté que 4 plaquettes et je n’achèterai la 5ème que si le vétérinaire préconise tout de même le prolongement du traitement.

– Et naturellement, à la pharmacie, refuser le ticket de caisse et le sachet en papier.

– Une fois le traitement terminé, faire un tour sur le guide de tri en ligne proposé par Eco-Emballage, en cliquant ICI par exemple.

Allez, comme vous êtes là, je vous donne l’info et je vous fais gagner du temps

Les recyclables 

Boîtes en carton : à Valence, bac bleu

Livres, manuels, notices : à Valence, bac bleu

Plaquette de comprimés ou suppositoires en métal vide : à Valence, bac jaune

Les non recyclables. Comme d’habitude, mention spéciale pour le plastique, ce gros nul de l’écologie…^^

Plaquettes de comprimés ou suppositoires en plastique vides : à Valence, bac gris

Cotons et compresses souillés : à Valence, bac gris

A donner au pharmacien ou vétérinaire

Plaquettes, bouteilles et flacons contenant encore des médicaments humains

Plaquettes, bouteilles et flacons contenant encore des médicaments animaux

Tubes de gel, pommade, même vides

Bouteilles de sirop vides

Ampoules mêmes vides

Patchs

Les autres

Lunettes et prothèses : contacter en priorité les associations humanitaires comme la Compagnie des Aidants ou Lunettes sans Frontières

Cosmétiques et produits de parapharmacie : à trier comme vos cosmétiques quotidiens

Thermomètres au mercure ou à l’alcool : à déposer en déchetterie, ils suivront un parcours spécial (toutes les déchetteries ne le font pas mais le Sytrad m’ont confirmé que c’était possible pour les déchetteries de l’agglo valentinoise)

– Les thermomètres électroniques : à déposer en déchetterie, vers le petit matériel électronique

NB : L’association « La Compagnie des Aidants » est intéressée par la récupération de matériel médical. Vous trouverez la liste à la fin de cet article.

– Les aiguilles et seringues usagées : à mettre dans une boîte sécurisée distribuée en même temps que les seringues et aiguilles. Le traitement de ces déchets est spécifique, 1 pharmacie sur 2 environ est qualifiée pour s’en charger.

– Les radiographies : à déposer en déchetterie

Je n’ai pas inventé tout ça, j’ai seulement passé quelques coups de fils (pharmacien, Sytrad), envoyé quelques mails et surtout compilé les sites suivants, qui pourraient vous être utiles : 

Le guide du tri d’Eco-Emballage, entreprise agréée par l’Etat pour organiser et promouvoir le tri sélectif : 

http://www.ecoemballages.fr/

Le site du Syndicat de Traitement des Déchets en Ardèche et Drôme (SYTRAD) : 

http://sytrad.fr/

Le site de Cyclamed, l’organisme chargé du traitement des déchets médicaux, ceux que vous rapportez à votre pharmacien notamment : 

http://www.cyclamed.org/

Le site de la Compagnie des Aidants :

https://lacompagniedesaidants.org/

Celui de lunettes sans frontières :

http://www.lunettes-sans-frontiere.fr/

Et pour finir, la phrase du jour : le meilleur déchet, c’est celui qui n’existe pas !

Donc pour ne pas se perdre dans les consignes de tri, mieux vaut réduire les déchets à la source.

 #PrendreUnChatEnPhoto

Matériel recherché par la Compagnie des Aidants : 

Arceau de lit

Barres d’appui

Béquilles

Brosses à dents jetables

Cannes

Chaise WC

Complément alimentaire

Déambulateur

Electroménager

Enfile bas

Fauteuil de repos

Fauteuil de transfert

Fauteuil roulant

Gants de toilette jetables

Lampe de luminothérapie

Lève personne

Loupe pied flexible

Marche pieds

Pince ramasse objets

Memory box

Miroir grossissant

Mixeur bébés

Ouvre boite

Ouvre bouteille

Pèse personne

Potence de lit

Protections

Pupitre de lecture

Rambardes de lit

Scooter médical électrique

Siège de douche

Téléphone à grandes touches

Tensiomètre de bras

Table de lit

Verticalisateur

Pilulier électronique ou manuel

Tensiomètre connecté

Oxymètre connecté

Babyphone

Balance connectée ou manuelle

Trousses isothermes pour le transport de médicaments

Moniteur d’activité

ECG

Préparer ses vacances (presque) zéro déchet

Post de circonstance, un peu tardif pour les juillettistes, j’en conviens.

La destination

Je choisis une destination où le contact avec des espaces plus ou moins naturels* sera quotidien, histoire de renforcer mes convictions en faveur du zéro déchet.

*attention, ce mot est largement galvaudé, mais vous voyez un peu l’idée…

Le mode de transport

J’aurais aimé ne pas utiliser ma voiture mais avec 1 chéri, 1 enfant et 1 chat*, utiliser un autre moyen de transport me semble compliqué. si j’avais été seule, j’aurais rempli ma voiture de « covoitureurs » à l’aide du site https://www.blablacar.fr/

A une exception près j’ai toujours fait d’agréables rencontres grâce au covoiturage, j’ai également fait de nombreuses économies pour mon porte monnaie et pour la pollution de la planète.

Je recommande aussi les voyages en train mais il faut leur reconnaître deux inconvénients : les prix sont dissuasifs et les trains desservent mal… les départs de randonnées 🙂

*Je n’emmène jamais mon chat en vacances, mais cette année il a eu la malchance de tomber malade avant notre départ…

 Source

La valise

Faire ma valise et celle de ma famille me prendra un petit quart d’heure, allez, une demi-heure maximum, pour 8 jours de vacances. En effet, ma garde-robe tient quasiment dans un sac de voyage de 65 litres. En effet, une garde-robe minimaliste permet de jeter moins de vêtements à la poubelle chaque année et nous pousse à mieux choisir et préserver ceux que l’on achète. Le tri sera donc vite fait et me laisse largement le temps de passer aux autres points de ma préparation.

 Ma garde-robe au grand complet, pour toutes les saisons et les occasions. Elle comprend  tous mes accessoires, y compris mes bijoux, mes affaires quotidiennes, les tenues habillées et les vêtements de sport : rando, ski, course à pieds, yoga et piscine. Elle tient quasiment dans un sac de voyage de 65 litres.

Deux absents sur la photo, mes lunettes et ma montre de randonnée que je laisse toujours dans mon sac à dos.

Je prévois la gestion de nos déchets de vacances

Parce que la pollution de la planète ne s’arrête pas pendant les vacances, la démarche zéro déchet doit aussi se prolonger quand on part de la maison. Je profite du temps que j’ai gagné en faisant m valise pour me renseigner sur les consignes de tri de mon lieu de vacances.

Pour cela je consulte les sites dédiés aux consignes de tri : http://www.consignesdetri.fr/ mais également le site du Syndicat Intercommunal de Traitement des Ordures Ménagères de mon lieu de vacances. J’appelle également la Mairie pour savoir s’il y a un composteur collectif ou un ramassage des déchets organiques (qui représenteront le plus gros de nos déchets de vacances)

En amont, je prévois d’emporter mes « alliés » zéro déchet 

-Pour vivre dans la location au quotidien :

    *Des serviettes de table en tissu

    *Des mouchoirs en tissu

    *Des disques lavables pour les petits bobos

-Pour faire les courses en local et de saison

    *Une ou deux boîtes en inox

    *Deux vraps réutilisables trouvables ICI

    *Une bouteille vide pour acheter du lait (on va en montagne)

    *Une boîte à œufs vide

    *Des sacs en tissu

-Pour ne pas à devoir trouver du vrac là-bas

    *Un sac de pâtes achetées en vrac chez Biocoop avant de partir

    *Un sac de riz acheté en vrac chez Biocoop avant de partir

    *Un sac de légumineuses (idem)

    *Un sac de goûters (idem)

-Pour les randonnées

    *Des vraps réutilisables pour les sandwichs

    *Des couverts de rando (légers en inox)

    *Des gourdes en inox ou des kamel bag

La liste semble longue, mais tout tient dans un tote bag !

Et pour compléter le tout

Je refuse le ticket de caisse au péage, dans les stations services, aux caisses des parcs, musées, remonte-pente, attractions, transports en commun, commerces, restaurants…

Je prends un sac pour le pain.

Je choisis des activités les plus respectueuses possible de l’environnement.

Bonnes vacances à tous et bon courage pour ceux qui reprennent !

To do list ZD #1 Les dix premiers gestes pour se lancer dans l’aventure Zéro Déchet à Valence

Vous vous sentez prêts à relever le défi d’une vie sans déchets ? Mais vous ne savez pas trop par quoi commencer ? Pas de panique ! Il suffit de mettre en place quelques actions concrètes pour faire maigrir visiblement et durablement votre poubelle.

Ainsi, chaque mois, je vous propose la to do list du chasseur de déchets débutant.

Avant que nous commencions ensemble cette belle aventure, rappelez-vous que chacun doit avancer à son rythme, selon ses besoins et selon son budget. Et, si vous voulez mesurer vos efforts, je vous conseille de peser votre poubelle régulièrement.

(oui oui, votre famille et vos amis vous prendront pour un-e fou-lle)

Enfin, rappelez-vous que le but de la démarche Zéro Déchet consiste à traquer tous les déchets, même ceux qui se recyclent !

Prêts ? Feu, partez !

 

1 ** Je colle un autocollant « stop pub » sur ma boîte aux lettres 

  • Je m’en procure un à l’accueil de la mairie de Valence, du lundi au vendredi de 8 h à 18 h et le samedi de 8 h 30 à 12 h

  • Je le télécharge et je l’imprime moi-même en cliquant ICI

Economies pour ma poubelle : papier et plastique d’emballage (1)
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

2 ** Je bois l’eau du robinet 

  • Si je n’ai pas de bouteille réutilisable et solide chez moi, j’adopte une bouteille en verre ou en inox que j’achète en boutique bio ou en magasin de sport (chez Nature et Santé par exemple)

  • Je m’informe, si je le souhaite, sur la qualité de l’eau à Valence

Economies pour ma poubelle : bouteilles en plastique, bouchons
Economie pour ma santé : l’inox et le verre sont des matériaux inoffensifs pour la santé contrairement à certains plastiques, et l’eau du robinet est très contrôlée en France
Economies pour mon budget : même si le coût de l’eau du robinet varie grandement d’une ville à l’autre, l’eau en bouteille est généralement plus chère que l’eau du robinet
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

3 ** J’utilise des mouchoirs en tissu, j’offre la douceur à mon nez 

  • Je ressors les jolis mouchoirs à carreaux de mon papi ou bien j’opte pour des lingettes lavables plus discrètes, en coton écru « Ecodis » (par exemple) de chez Biocoop

Economies pour ma poubelle : papier, plastique d’emballage
Economies pour mon budget : adieu les mouchoirs sur la liste de courses !
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

4 ** Je remplace l’essuie-tout par des alternatives lavables

  • Il en existe plein ! J’utilise une éponge, un vieux t-shirt découpé, un essuie-tout lavable, une serviette éponge découpée en carrés… je n’ai que l’embarras du choix

Economies pour ma poubelle : éponges usagées, plastique d’emballage, tube en carton
Economie pour mon budget : adieu les éponges sur la liste de courses !
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

5 ** J’utilise des serviettes et des nappes en tissu

  • Je ressors le linge de table qui ne servait jamais et je le mets à l’honneur tous les jours

  • Je chine du linge de table chez Emmaüs ou en brocante

  • J’en fabrique moi-même avec du tissu d’occasion (Emmaüs, brocante…) en suivant si besoin, un atelier couture au Valence Atelier Libre

Economies pour ma poubelle : papier, plastiques d’emballage, tube en carton
Economies pour mon budget : adieu les serviettes et les nappes sur la liste de courses !
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

6 ** Je remplace mon éponge verte et jaune par des brosses en bois et un grattoir en cuivre

  • J’investis dans une brosse à poils souples et/ou à poils durs, ainsi que dans un grattoir en cuivre proposés par Biocoop

Economies pour ma poubelle : éponges usagées, plastiques d’emballage
Economies pour mon budget : plus d’éponges sur la liste de courses, je renouvelle mes brosses et mon grattoir moins d’une fois par an
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

7** Je remplace le coton par des lingettes lavables

  • Je découpe une vieille couverture polaire, ou je chine du tissu adéquat

  • Ou bien je choisis des disques tous faits en boutique bio, comme ceux de la marque « Anaé » chez Biocoop

Economies pour ma poubelle : cotons souillés, plastique d’emballage
Economie pour mon budget : adieu le coton sur la liste de courses !
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

8 ** Je remplace ma cafetière électrique par une cafetière à piston

  • Il en existe à tous les prix, en grande surface ou en boutique bio. Je choisis celle qui correspond à mon budget et à ma consommation de thé/café/tisane

Economies pour ma poubelle : filtres, dosettes, emballage carton des filtres et dosettes
Economies pour mon budget : électricité, adieu les dosettes et filtres dans ma liste de courses !
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

9 ** Je commence à acheter quelques aliments en vrac

  • Je me rends en boutique bio et je cible les produits de consommation courante : pâtes, riz, lentilles, haricots secs par exemple

  • J’utilise les sachets papier ou tissu proposés en boutique (Biocoop propose 5 sacs pour moins de 4€. Les sachets en papier, eux, sont gratuits…mais ce sont des déchets  )

  • Ou bien, je fabrique mes propres sachets en tissu en suivant un tuto en ligne ou un atelier couture au Valence Atelier Libre

Economies pour ma poubelle : cartons, papier, plastiques d’emballages, becs verseurs en plastique ou métal, denrées alimentaires périmées ou abîmées
Economies pour ma santé : les produits achetés en vrac en boutique bio sont en général de bonne qualité, ils sont aussi plus facilement traçables (moins d’intermédiaires dans leur cycle de production)
Economies pour mon budget : l’achat en vrac permet de diminuer le gaspillage alimentaire puisqu’on n’achète que la quantité dont on a réellement besoin
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets

10 ** Je sépare et/ou je composte mes déchets organiques 

  • Je me procure un petit seau et je sépare mes déchets organiques afin de pouvoir ausculter ma poubelle de déchets ultimes : ainsi je pourrai plus facilement mesurer mes efforts

  • Je cherche un composteur partagé près de chez moi : http://jeveuxmonbacbio.org/agir/

  • Si je n’ai pas de composteur partagé, je continue tout de même à séparer mes déchets organiques pour garder un œil sur le contenu de ma poubelle

Economies pour ma poubelle : les restes organiques peuvent représenter jusqu’à la moitié de la poubelle !
Economies pour mon nez : la poubelle, débarrassée de ces déchets putrescibles sera quasiment…propre. Adieu les poubelles qui sentent mauvais et qui coulent !
Economies pour ma collectivité : frais de traitement des déchets, apport de compost mûr pour augmenter la qualité des sols

Voilà, j’espère que cette liste ne vous fera pas peur. Les premiers pas dans la démarche Zéro Déchet vous conduiront peut-être à investir dans du matériel durable ou lavable (lingettes lavables, gourde en inox, cafetière à piston…). L’argent que vous y consacrerez sera largement compensé par la pérennité de ces objets. Pensez à toutes les éponges, cotons, bouteilles d’eau, filtres à café, rouleaux de sopalin que vous avez acheté jusqu’à présent. Faites le compte et jugez par vous même.

Et gardez à l’esprit que chaque geste compte, même le plus petit !

(1) La liste d’économies que je cite n’est pas exhaustive.

Mes huiles essentielles

Les huiles essentielles sont de précieuses alliées pour la santé (par leurs multiples vertus), pour la planète (par leur concentration permettant l’utilisation en faibles quantités) et pour un style de vie minimaliste (la plupart sont multiusages). Aussi, depuis quelques années, elles font partie de ma pharmacopée, et j’aimerais partager les bienfaits qu’elles me procurent avec vous. Mais avant tout, démystifions-les; car elles ne sont pas toujours synonymes de bien-être…

Les huiles essentielles ne sont pas des produits naturels 

Je profite de cet article pour attirer votre attention sur le terme « naturel », galvaudé à souhait dès qu’il s’agit de parler de remèdes alternatifs. Ainsi, j’ai entendu récemment « c’est à base d’huiles essentielles, c’est naturel, ça ne doit pas être dangereux ». C’est faux.

D’une part, les huiles essentielles ne sont pas des produits naturels. En effet, elles sont extraites de végétaux par le procédé de la distillation. La « nature » (ou plus précisément, le monde végétal) ne produit pas l’huile essentielle telle quelle. 

Mais quand bien même un produit serait complètement « naturel », celui-ci pourrait être dangereux ou impropre à l’usage quotidien. Le terme « origine naturelle » apposé sur un produit en vente n’est donc signe, ni de bonne qualité, ni d’innocuité. Le pétrole, l’amanite phalloïde, la digitale…sont tous 100% « naturels » !  En mettriez-vous une cuillerée dans votre thé ? Laveriez-vous votre sol avec ?

Les huiles essentielles peuvent être dangereuses

Les huiles essentielles sont un concentré de molécules actives. Ainsi, leur usage sur le corps humain peut avoir des conséquences néfastes. Elles peuvent être appliquées sur la peau, ingérées par voie orale ou inhalées. Dans tous les cas, il convient de respecter les usages et doses conseillés (beaucoup de guides existent et sont accessibles).

Prenons l’exemple de l’huile essentielle de camphre : appliquée sur la peau avec une huile végétale, c’est un bon soin pour les articulations. Or si elle est ingurgitée, elle peut provoquer détresse respiratoire, convulsions et vomissements.

Quelques règles simples pour ne pas se prendre la tête

– Réserver l’usage des huiles essentielles à l’automédication des petits maux du quotidien, au bien-être et à l’entretien de la maison (ne jamais retarder la visite chez un médecin sous prétexte qu’on a des huiles essentielles qui pourraient faire l’affaire)

– Limiter le nombre d’huiles essentielles utilisées pour éviter les interactions dangereuses et bien mémoriser les règles d’utilisation de chacune

– Abandonner complètement l’usage des huiles essentielles pour les femmes enceintes ou allaitantes ainsi que pour les enfants de moins de 5 ans

– Toujours tester sa réaction allergique : une goutte mélangée à une huile végétale au creux du coude (garder une nuit sous un pansement)

– Préférer l’usage externe et, sauf exceptions, ne pas appliquer pures sur la peau 

 

Après les précautions d’usage, voyons ce qui se cache dans ma cuisine et ma salle de bain

Je pratique cette utilisation depuis une dizaine d’années, sans aucun effet secondaire. Or, elles sont adaptées aux maux dont je suis coutumière et aux pratiques ménagères qui correspondent à mon style de vie. Il convient donc d’adapter l’usage des huiles essentielles à chacun-e.

TEA TREE

* Lavage du sol et désinfection des sanitaires : quelques gouttes dans l’eau chaude d’un seau, ou bien dans une préparation désinfectante (vinaigre blanc, bicarbonate de soude)

* Assèchement d’un bouton d’acné : pure sur le bouton (faire un test avant !)

SAUGE SCLAREE

* Syndrome prémenstruel :  2 gouttes 3 fois par jour (diluées dans une cuillère de miel puis ajoutée à une tisane tiède : la tisane ajoutera un effet apaisant)

* Spasmes intestinaux : 1 goutte 3 fois par jour (diluées dans une cuillère de miel puis ajoutée à une tisane tiède : la tisane ajoutera un effet apaisant)

CITRON ZESTE 

* Blanchiment de l’émail des sanitaires : quelques gouttes dans du bicarbonate de soude à saupoudrer à utiliser en poudre à récurer

*  Blanchiment de l’émail des dents et haleine fraîche : 1 goutte sur la bosse à dent. Pas plus de trois gouttes par jour !

* Pour parfumer un dessert quand je n’ai plus de citron frais

LAVANDE VRAIE

* Douleurs intestinales et menstruelles : 1 goutte en massage avec une huile végétale sur la zone douloureuse (moi je prends simplement de l’huile d’olive, pour plus de simplicité)

* Odeur de propre dans la lessive : quelques gouttes sur un mouchoir en tissu, à mettre dans le tambour de la machine à laver

* Parfum : 1 goutte derrière chaque oreille

* Détente / sommeil : quelques gouttes à diluer dans du gel d’aloe vera qu’on diluera elle-même dans un bain. Ou quelques gouttes sur un mouchoir, à placer sous l’oreiller

* Piqûre d’insecte : pure sur la piqûre (si on a fait un test avant!)

YLANG YLANG

* Détente : quelques gouttes à diluer dans du gel d’aloe vera qu’on diluera elle-même dans un bain, ou quelques gouttes en massage avec une huile végétale

* Pousse des cheveux, brillance et bonne odeur : quelques gouttes dans le shampoing (quel qu’il soit : industriel ou non, liquide ou en pain) Particulièrement intéressante quand on se lave les cheveux avec des œufs et qu’on n’est pas habitué à cette odeur particulière

MENTHE POIVREE

* Maux de tête : quelques gouttes en massage des tempes et du front avec une huile végétale

* Bonne haleine : 1 goutte sur la brosse à dent (de façon exceptionnelle)

Où peut-on se procurer toutes ces merveilles ?

* En boutique bio

* En pharmacie

Quid des déchets et de l’éthique de ces produits ?

Le site ecoemballages.fr nous informe que les emballages d’huiles essentielles sont recyclables, du moins à Valence. (Carton s’il y a, bouchon plastique, flacon en verre)

Cependant il omet de mentionner le compte-goutte (que je jette donc dans la poubelle des déchets ultimes). Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que le recyclage coûte cher et pollue, c’est donc un procédé louable mais ce n’est pas la panacée, on doit donc chercher à limiter les déchets à leur source.

Par ailleurs, la fabrication des huiles essentielles disponibles en magasin bio ou en pharmacie, est réalisée à grande échelle selon des procédés industriels parfois lourds pour l’environnement.

Il faut ajouter à cela la provenance des végétaux distillés. En effet, c’est assez facile de trouver des huiles essentielles  distillées en France (plusieurs entreprises en Drôme provençale par exemple), mais c’est plus délicat de trouver des huiles essentielles dont les plantes sont cultivées en France. Ainsi par exemple, l’arbre à thé de provient d’Australie, l’ylang-ylang de Madagascar. Pour soutenir l’économie française et encourager les productions vivrières à Madagascar (plutôt qu’une production d’export qui ne profite pas directement à la population), on pourrait faire mieux…

Tous ces éléments, conjugués à leur possible dangerosité, plaident en faveur d’un usage

modéré

des huiles essentielles.

Mediapost pollue votre poubelle, votre planète et votre cerveau

Un tas de déchets que je n’ai pas souhaité

Selon 60 millions de consommateurs les publicités non adressées qui se retrouvent dans nos boîtes aux lettres représentent 35 kg par foyer. Soit 850 000 tonnes à traiter dans les filières de recyclage, à nos frais. Nous payons donc pour retraiter un produit que nous n’avons pas sollicité.

Depuis 2004, la recommandation habituelle de l’ADEME et du gouvernement est de coller sur sa boîte aux lettres un autocollant « STOP-PUB« . Elle précise également dans un rapport de 2009 (je n’en n’ai pas trouvé de plus récent, s’il en existe un faites-le moi savoir!) sur ce dispositif Stop Pub que la « diversité d’autocollants ne nuit pas à l’efficacité du dispositif ». Ainsi donc, j’ai fait confiance à l’autocollant déjà présent sur la porte de mon immeuble. Avec un joli « SVP », difficile de ne pas comprendre le message.

Jusqu’à présent l’injonction était respectée. Mais voilà deux fois que je trouve ma boîte aux lettres encombrée de littérature commerciale. En tant qu’adepte du Zéro Déchet, je n’ai pas eu envie de laisser passer ça et me suis posé quelques questions :

– Ai-je envie que mes efforts et ceux de ma famille en faveur du Zéro Déchet soient contredits par quelqu’un que je ne connais pas ? Non.

– Ai-je envie d’être la cible marketing de grandes enseignes (en autres ici Auchan, Géant Casino)* que je ne fréquente pas et dont je ne cautionne pas les principes sociaux et environnementaux ? Non.

– Ai-je envie de payer le tri et le recyclage de ce papier que je n’ai pas commandé, acheté ? Non.

– Ai-je envie de descendre les poubelles ? Non.

– Ai-je envie que des inconnus s’introduisent dans le hall de mon immeuble ? Non.

– Ai-je envie d’avoir les mains en contact avec des encres toxiques, des métaux lourds ? Non.

– Ai-je envie d’encourager le système de la promotion commerciale, de galvauder la valeur travail, de prendre part à la compétition des grandes enseignes, de me laisser considérer comme une part de marché ? Non.

* Les enseignes de la grande distribution représentent 55% des diffuseurs d’imprimés non adressés selon l’ADEME.

Agir pour faire changer les choses, mon premier acte militant

Dans son rapport de 2009, l’ADEME se félicite que « l’engagement des diffuseurs et les réclamations faites par les collectivités auprès des diffuseurs garantissent le respect de l’autocollant. Le respect de l’autocollant Stop Pub a beaucoup progressé depuis 2005, ce qui rend les opérations locales efficaces à l’échelle individuelle : les boîtes aux lettres équipées reçoivent moins ou plus du tout d’INA. » [Note : Imprimés Non Adressés]

Il faut croire qu’après toutes ces années, il y a encore des ratés. Mon cas n’est pas isolé et on trouve sur la toile, quantité de témoignages qui ne datent pas d’hier : en voici un exemple avec les commentaires d’un post écrit en en 2008, qui reçoit encore des témoignages en 2016.

J’ai donc décidé, pour une fois, de réaliser une action concrète pour dire mon mécontentement. Et j’ai trouvé l’inspiration dans ce tas de pub, justement. La brochure de Paru Vendu, entreprise à laquelle je n’ai jamais recours, précise le nom du distributeur : Mediapost. C’est une aubaine !

 

Je cherche un numéro de téléphone fixe sur les Pages Jaunes et j’appelle donc Mediapost. Je me présente et demande ce que je suis supposée faire de ce tas de papier. Je demande également à ce qu’on m’éclaire sur l’accès aux immeubles par des sociétés telles que Mediapost. Je reçois un accueil épouvantable, subis des transferts vains pour finalement me faire raccrocher au nez. Ce qui j’en conviens, était un peu mérité vu le ton que j’avais employé 🙂

Je décide de ne pas en rester là et le lendemain je décide de me rendre en personne dans les locaux de Mediapost. Je me rends compte à quel point j’ai l’habitude de taire mon mécontentement et à quel point je me sens illégitime. En effet, aucune loi n’interdit la distribution de ces imprimés, quand bien-même un autocollant stop-pub serait visible sur la boîte aux lettres.

A défaut de loi je fais donc appel à mes propres convictions et à ma propre définition de mes limites, de mon espace vital. Un peu stressée à l’idée d’aller me plaindre de vive voix je prends la route pour les bureaux de Mediapost.

 

Les locaux ne sont guère engageants. J’entre tout de même, sans que personne ne s’interroge sur ma présence : je suis dans un grand entrepôt où des employés ouvrent les palettes de prospectus et constituent les « tas » de publicité. Je demande à un employé de me conduire à la personne qui pourra prendre en compte ma réclamation. La chef de service qui me reçoit me réserve cette fois-ci un accueil très professionnel : elle me demande mon adresse afin de bien informer le distributeur et m’adresse ses excuses pour cette erreur de distribution.

J’en profite pour lui poser quelques questions. J’apprends alors que Mediapost est une des 250 filiales de La Poste. Et que, par conséquent elle possède les mêmes clés passe-partout que mon facteur, et s’introduit donc dans mon immeuble en toute légalité. De retour chez moi je me suis renseignée sur ces passe-partout. Et bien il en existe différentes sortes et on peut s’en procurer assez facilement sur internet ou chez un serrurier complaisant.

Donc à part se faire entendre, rien ne contraint officiellement Mediapost à épargner ma boîte aux lettres de ces déchets imprimés. Et ma visite dans leurs locaux n’a pas arrangé l’image que je me fait de cette entreprise.

Mediapost : un ami qui vous veut du bien

Comme elle l’affirme elle-même sur son site internet l’entreprise Mediapost est leader de la publicité en boîte aux lettres ! Et à priori c’est fantastique parce que le site affiche une avalanche de gens souriants, de trentenaires en forme dans des bureaux bien rangés et lumineux.

Credit photo : mediapost.fr

Moi, ce que j’ai vu ressemblait plutôt à ça :

 Credit photo : http://www.sud-distridirecte.org/spip.php?article166 Photo prise par le syndicat SUD sur une plateforme Mediapost à Orléans

Les employés qui constituaient les liasses à distribuer travaillaient debout sans chaise, sauf l’un d’entre eux souffrant visiblement de problèmes de poids. Ceux que j’ai vu étaient soit très jeunes soit clairement à l’approche de la retraite. Ce n’est qu’une supposition, mais il me semble clairement que Mediapost recrute au sein de populations n’ayant que peu de possibilités de négocier leur salaire, au vu de leur manque d’expérience pour les plus jeunes et de la difficulté de trouver un emploi pour les plus vieux.

Mediapost s’engage pour la diversité culturelle au travail. Quid de la diversité des tranches d’âge recrutées ?

Par ailleurs, une recherche très rapide sur le net montre que Mediapost s’est déjà retrouvée dans le collimateur de la justice, des syndicats, de la presse : ici, ici et .

Mediapost s’offre une bonne conscience écolo !

Sur le site de Mediapost on apprend que l’entreprise s’engage auprès de l’association Culture Papier. Pour en réduire l’utilisation ? Non, et clairement ce n’est pas à l’ordre du jour. Qu’affirme le président de l’association en tête d’un memo disponible en ligne ? « Aujourd’hui, secondé par les moyens numériques le papier n’en reste pas moins unique et irremplaçable »  Autrement dit, la filière papier ne compte pas remettre en question ses activités et ne s’interressera pas à une transition vers le tout numérique. Voilà, la messe est dite : on a du papier à vendre donc on va le vendre ! Et pour le vendre on va faire croire que c’est un matériau indispensable.

Mediapost va plus loin dans « l’engagement environnemental » en proposant : « des offres totalement neutres en carbone, puisque les émissions de CO2 liées à nos prestations sont intégralement compensées. Nous permettons à nos clients de valoriser cette démarche auprès de leurs propres interlocuteurs via l’apposition d’un marquage (logo), que vous pouvez obtenir en cliquant sur le lien ci-dessous. »

On reparlera ici de la compensation carbone : ce n’est à mon sens qu’un droit de polluer qui empêche le questionnement sur nos pratiques quotidiennes ou industrielles polluantes. Nous reparlerons aussi du décalage spatio-temporel induit par la « neutralité carbone » : les victimes d’une pollution donnée ne bénéficieront pas directement de la compensation.

Allez, on vous offre un petit logo et vous pourrez diffuser 850 000 tonnes par an de publicité-déchet, triées par des gens sous-payés , tout en paraissant écolo ! Chouette ! Ce procédé à un nom : le greenwashing et nous en sommes les cibles, nous citoyen lambda, petit écolo du dimanche, bobo de la ville. Le but : nous faire consommer !

Pour conclure, la minute politiquement incorrecte

Au risque de faire grogner les grincheux : je dis oui à la disparition du métier de distributeur et aux emplois de tri de publicités non adressées.

Et je dis oui au développement des métiers qui œuvrent vraiment pour mon bien-être et celui de ma planète : artisan boulanger.ère, artisan boucher.ère, couturier.ère, gérant.e de friperie, fabriquant.e de vêtements éthiques, comédien.ne.s, plombier.ère, menuisier.ère, restaurateur.rice, maçon.ne, libraire, fromager.ère, éleveur.euse, cultivateur.euse, médecin, infirmier.ère, vigneron.ne, vendeuse en boutique bio/éthique/locale, aide à la personne, professeur… et tous les autres.

 Crédit photo : mediapost.fr

 Allez, on fait un joli sourire, on sort la poubelle et on dit merci Mediapost de nous faire faire un peu de sport !

Jamais sans mon kit de craquage :)

Avis aux gourmand-e-s invétérés : ne sortez jamais sans votre kit de craquage ! En ce qui me concerne, j’aime bien ponctuer mes sorties en ville de petits grignotages improvisés. Ainsi, quand je fais le marché de Valence le samedi matin, je ne manque jamais d’acheter de bons samoussas réunionnais. Et quand je vais fêter la venue du week-end à la terrasse du Doff’, Alain m’autorise à savourer les succulentes feuilles de vigne et autres beuregs arméniens et libanais de chez Georges.

Et la gourmandise fait parfois place à la nécessité quand, en voyage sans possibilité de cuisiner, je suis amenée à acheter un sandwich tout fait.

Tous ces plats apéritifs ou snacks seront vite mangés, et généreront immanquablement des déchets pas toujours recyclables (même le recyclage n’est pas une solution, rappelons-nous que le recyclage coûte cher!) : barquettes plastiques, sachets papiers souillés, serviettes en papier…

Je me suis donc constitué : le kit pour craquer sans polluer.

Il contient :

1 grande pochette en tissu dont l’intérieur est imperméable, trouvée sur le site sans-bpa.com

1 petite pochette imperméable à l’intérieur aussi

1 wrap lavable trouvé sur rolleat.com

1 une petite boîte en inox achetée sur le bon coin

Le tout m’a coûté environ 30€.

J’y ajoute parfois une serviette de table.

Les grincheux me diront que ça prend de la place dans un sac. Et bien mon petit kit ne pèse que 100gr, c’est la moitié du poids du livre de Béa Johnson dans la collection J’ai lu 🙂 Et pour ceux qui manquent vraiment de place, c’est peut-être le moment d’adopter un sac à main minimaliste.

Alors, prêt-e à craquer ?

Savoir faire son sirop maison

Avant de m’engager dans la démarche Zéro Déchet j’achetais parfois des sirops pour les rafraîchissements de l’été. J’habite dans la Drôme et les étés y sont souvent caniculaires. N’étant pas satisfaite des sirops aux couleurs fluorescentes de chez Teisseire, je me suis tournée vers une marque qui me semblait plus…plus je-sais-pas-trop-quoi… Plus « artisanale » ? Plus locale ? Moins sucrée ? Moins colorée ?

J’étais un peu perdue et, comme je fréquentais encore les grandes surfaces, j’ai succombé aux sirènes du marketing : celui qui utilise les termes de « tradition », « artisanal », « moulin »…bref, de l’industriel qui se veut « comme au bon vieux temps ». J’ai donc acheté des sirops du Moulin de Valdone parce qu’il ont une usine en Rhône-Alpes et que leur petit moulin sur la bouteille apaisait ma conscience.

Mais côté sucre et couleurs improbables, c’était pareil. Ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait que la société du Moulin de Valdone appartient… à Teisseire.

En y réfléchissant, je me suis rappelé qu’une amie m’avait donné la recette du sirop; et que j’avais de la menthe fraîche dans mon tout petit jardin; et qu’il y en a régulièrement au marché quand c’est la saison. J’ai donc commencé mes tests par le sirop de menthe.

LES INGRÉDIENTS  ET LE MATÉRIEL

  • 1 bouteille a gros goulot

  • 150 feuilles de menthe fraîche

  • 150 gr de sucre

  • 1 litre d’eau

LA RECETTE

  • Hacher les feuilles, les mettre dans une casserole ou un bocal

  • Verser 1 litre d’eau bouillante dessus

  • Laisser macérer 24 heures

  • Filtrer

  • Verser l’infusion dans une casserole avec le sucre

  • Porter à ébullition en tournant, maintenir l’ébullution au moins 1 quart d’heure

  • Laisser refroidir et mettre en bouteille

LES CONSEILS

  • Ne soyez pas surpris-e, votre sirop sera moche et liquide, c’est la preuve qu’il ne contient que de bons ingrédients !

  • Pour ma dernière fournée j’ai remis les feuilles dans le sirop…je trouve ça bon, et ça cache un peu la couleur maronnasse du sirop.

  • Essayez de prendre le sucre roux en vrac chez Biocoop, il est cher mais c’est vraiment un bijou.

  • Sur la photo, vous voyez que la bouteille sors du frigo. c’est une mauvaise habitude que j’ai prise, ça n’est absolument pas nécessaire si vous nettoyez bien vos ustensiles, mettez suffisamment de sucre et fabriquez votre sirop en petites quantités.

 Vous le sentez, ce vrai goût de menthe ?

Savoir faire son yaourt sans four et sans yaourtière

Aujourd’hui je vous dis comment faire du yaourt en dépensant le moins d’énergie possible.

Pourquoi faire son propre yaourt ?

  • Parce qu’il est difficile de connaître la provenance du lait contenu dans les yaourts industriels.

  • Parce que les yaourts industriels sont moins bons au goût (c’est mon avis personnel, dans les yaourts maison je conserve la crème du lait, elle donne un super goût !)

  • Parce que les yaourts bio, « traditionnels », fermiers tous faits sont en général assez chers (là c’est surtout un ressenti hein, je n’ai aucune donnée fiable)

  • Parce que les yaourts du commerce, qu’ils soient dans des pots en plastique, en verre ou en terre génèrent des déchets pas toujours recyclables. Et que même recyclable, un déchet pollue et coûte de l’argent.

  • Parce que c’est facile et rapide de faire son yaourt

Combien ça coûte ?

  • 0,50€ pour 1 yaourt fermier au lait cru (que j’achète à une coopérative de producteurs : la Ferme Maubourg) ou 0€ si j’ai gardé un peu de mon précédent yaourt

  • 1€ pour 1 litre de lait cru que j’achète à la ferme école du Valentin mais que je pourrais aussi acheter dans un distributeur automatique, une boutique bio ou une coopérative de producteurs

  • quelques centimes pour l’énergie qui amènera le lait à ébullition. Je n’ai pas fait de calculs sérieux, on peut cependant s’amuser avec des calculateurs en ligne (attentions, ils donnent rarement la source de leurs données et leurs méthodes de calcul.Les résultats sont donc à prendre avec du recul, pour se donner un ordre de grandeur)
  • Soit moins de 2€ pour environ 8 yaourts au lait cru, faits à partir d’ingrédients locaux et de qualité

 Ça prend combien de temps ?

  • Le temps de faire bouillir le lait (5 minutes environ), de le laisser refroidir (10 à 15 minutes voire un peu plus en été) et de le mettre à fermenter (2 minutes) : soit un peu plus de 20 minutes (le temps de faire le repas du soir en somme)

  • Le yaourt est prêt à manger 6 heures après

 

LES INGRÉDIENTS ET LE MATÉRIEL

  •  1 litre de lait entier/cru 

  • 1 yaourt au lait cru ou une grosse cuillère de votre yaourt précédent

  • 1 casserole bien propre

  • 1 thermomètre à rôti

  • 1 grosse cuillère bien propre

  • 1 petit linge (vieux t-shirt découpé), ou autre tissu

  • 1 bocal le parfait bien propre avec un joint

  • 1 bonnet et une écharpe si besoin (sisi)

LA RECETTE

  • Faites votre yaourt le soir, pendant que vous préparez le dîner

  • Versez le lait dans la casserole

  • Dès l’ébullition, avant que le lait ne se sauve, coupez le feu

  • Plongez le thermomètre, calez-le sur le bord de la casserole

  • Laissez refroidir le lait

  • A 45° pile, versez le lait dans le bocal

  • Versez le yaourt dans le lait en mélangeant très légèrement à la cuillère (ou bien versez une grosse cuillère de votre yaourt précédent)

  • Placez le petit linge sur le bocal et fermez le couvercle avec le joint (pour absorber la condensation et éviter de rendre votre yaourt trop liquide)

  • Déplacez tout doucement votre yaourt à un endroit où personne n’y touchera

  • Mettez-lui le bonnet et n’y touchez plus (au moins pendant 6 heures)

  • Le lendemain matin, mettez-le au frais

LES CONSEILS

  • 45° ni plus, ni moins (au risque d’avoir un yaourt liquide)

  • N’y  touchez pas pendant la fermentation

  • Au moment de déguster, servez-vous toujours avec une cuillère bien propre

  • Sachez qu’avec du lait demi-écrémé, ça fonctionne moins bien et c’est moins bon

  • Soyez fou-lle, mangez-le avec de la confiture, de la compote, de la crème de marron, du concombre, du miel, de la ciboulette, de l’ail, de la cannelle…

  • Servez-vous le premier quand vous commencez le pot car c’est là que vient se loger toute la crème ! 😉

 

Alors prêt-e à vous lancer ? 

Conférence de Béa Johnson à Lyon, le 8 juin 2016

Après avoir lu le livre de Béa Johnson, Zéro Déchet, j’ai appris avec plaisir qu’elle donnait une conférence à Lyon. Ni une, ni deux, je réserve un aller-retour en covoiturage via le site de blablacar. Le covoiturage est un mode de déplacement que j’utilise depuis plusieurs années. Jusqu’à présent, tous mes trajets se sont très bien passés, que je sois conductrice ou passagère.

Crédits : blablacar.com

Je profite de cet article pour vous rappeler les nombreux bénéfices du covoiturage :

– Economies sur le prix de vos déplacements

– Economies de carburant et donc de ressources naturelles, de pétrole notamment

– Economies d’émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère

Mais également :

– Un trajet à papopter, qui passe donc plus vite !

– Des rencontres sympathiques, touchantes, amusantes

– Des découvertes culturelles : musiques, langues

– Un échange multi-générationnel : le covoiturage est maintenant pratiqué par des personnes de toutes les tranches d’âge

Mais revenons à la conférence 🙂

Si vous n’avez pas lu le livre de Béa Johnson, c’est un bon moyen de comprendre rapidement sa démarche et d’écarter d’éventuels préjugés.

Si vous l’avez lu, c’est un bon rappel de vos engagements en faveur du Zéro Déchet. J’ai trouvé intéressant également d’observer l’attitude de Béa Johnson, face aux sceptiques notamment.

En effet, la confrontation avec les sceptiques et la promotion de ce mode de vie auprès de mon entourage s’avère être une de mes principales préoccupations. Les déchets venant des amis ou de la famille sont souvent accompagnés de bonnes intentions ou de traditions très ancrées (les cadeaux de Noël par exemple). Ils sont donc nettement plus difficiles à faire diminuer. On se heurte ici aux convenances.

Les conférences de Béa Johnson sont gratuites, et vous trouverez toutes les dates sur son site, ICI exactement.

Et vous ? Avez-vous lu son livre ? L’avez-vous entendue en conférence ?